VIH : à Paris l'épidémie serait concentrée à 52,5% sur les hommes homosexuels
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VIH : à Paris l'épidémie serait concentrée à 52,5% sur les hommes homosexuels


A Paris, l’épidémie de sida serait concentrée à 52,5% chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH). Ce chiffre inquiétant est plus élevé que dans le reste de la France. Une situation alarmante que la mairie de Paris souhaite prendre en main.

« Vers Paris sans sida »

Plusieurs villes dans le monde, dont Washington et San-Francisco, sont parvenus à faire sensiblement baisser le nombre de contaminations. C’est dans ce sens que la maire de Paris, Anne Hidalgo, s’est vu remettre, lundi 1er février, un rapport avec des propositions concrètes qui permettront « un Paris sans sida d’ici 2030 », selon France Lert, épidémiologiste et auteure du rapport.

La ville de Paris a les moyens de lutter contre l’épidémie, en effet, elle bénéficie d’une large richesse d’associations mobilisées depuis plusieurs années sur des activités préventives, sociales et préconisant l’entraide. Il y a également une communauté active, composée de médecins, de militants et de scientifiques, oeuvrant ensemble dans un but commun. De plus, le dépistage, les traitements et depuis quelques semaines la PrEP (prophylaxie pré-exposition), sont entièrement couverts par l’Assurance Maladie et permettent donc une égalité d’accès.

« Le sida se combat aussi par la politique »

Depuis 2014, la mairie de Paris, a accentué l’action de la capitale dans la lutte contre le sida. En effet, l’augmentation des subventions accordées aux acteurs spécialisés atteignent plusieurs millions d’euros, la création d’un partenariat avec ONUSIDA et le rassemblement des maires du monde à l’hôtel de ville, en novembre 2014, ont contribué à faire du combat contre le virus du sida, un acte de politique majeur. « Le sida se combat aussi par la politique. Nous avons les moyens de soutenir la recherche, de prévenir, de dépister, de soigner les patients. Mais les moyens sans l’engagement ne sont rien. » a déclaré, Anne Hidalgo, lors de la remise du rapport, aux côtés de son adjoint à la santé Bernard Jomier.

Pour parvenir à l’éradication de l’épidémie de sida dans la capitale la mairie de Paris à un triple objectif :CaHbdEIWEAASOnh.jpg-large

« Des programmes qui répondent aux besoins des hommes homosexuels et des personnes trans »

Afin de toucher la population parisienne dans sa diversité, les mesures proposées pour éradiquer l’épidémie de sida à Paris sont nombreuses. Cependant, plusieurs d’entre elles visent la communauté homosexuelle, plus précisément les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH). En effet, le rapport « Vers Paris sans sida » de l’épidémiologiste, France Lert comprend entre autres :

  • « Un large programme de mise à disposition de la PreP » La PreP (Prophylaxie pré-exposition) propose à des personnes seronégatives qui n’ont pas systématiquement des rapports sexuels protégés, un ou plusieurs médicaments actifs contre le VIH (des antiviraux), dans le but de diminuer le risque d’infection par le virus du sida. En vu de l’augmentation des conduites à risques, le rapport préconise une large diffusion de la PreP au sein de la communauté homosexuelle. Cependant, la PreP ne doit pas être la principale prévention au risque de voir reculer, davantage, l’utilisation du préservatif.
  • « La promotion du préservatif » L’efficacité de l’utilisation du préservatif comme moyen de lutte contre l’épidémie de sida n’est plus à démontrer. Cependant, le modèle standard distribué fait l’objet de plaintes par certains utilisateurs. Le rapport préconise dont de renouveler la promotion du préservatif autour d’un message adapté aux besoins de chacun « il y a toujours un préservatif qui vous va ».
  • « Le dépistage tous les 3 mois » Le virus du sida est principalement transmis par les séropositivités non diagnostiquées. En 2009, l’HAS préconisait de répéter le dépistage chaque année, cependant, cette période semble trop longue pour une population dans laquelle les multipartenaires sont fréquents. Le dépistage tous les 3 mois permettrait de dépister plus rapidement la primo-infection chez les HSH sexuellement actifs, avec une prise en charge accélérée, réduisant ainsi le nombre de nouvelles personnes contaminées.
  • « S’adresser aux jeunes gays » Les moins de 25 ans sont peu présents au sein de l’interLGBT, cependant, la contamination du virus du sida chez les jeunes a augmentée ces dernières années. Le rapport vise en particulier a sensibiliser les étudiants au sein des universités et des écoles post-bac avec des méthodes numériques à inventer sur les campus. Cette action a déjà été débutée par le CRIPS via l’application Tony Jeune Gay. www.lecrips-idf.net
  • « Une approche de réduction des risques du ChemSex » Le ChemSex est la pratique sexuelle associant la prise de produits psychoactifs et les rapports sexuels, le plus souvent en groupe. Elle entraine une baisse de la vigilance, et augmente le risque d’être contaminé par le VIH, une IST ou par l’hépatite C. Le rapport préconise d’informer les équipes de soins et les addictologues, il prévoit également l’élaboration de conseils préventifs et le renforcement de l’offre addictologie (présence d’addictologues dans certains centres et orientation vers les services d’addictologie préparés à accueillir ces situations.)

Pour plus d’informations, vous pouvez télécharger le rapport rédigé par France Lert, en cliquant sur le lien suivant : « Vers Paris sans sida »

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