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Après s'être "tapé l'Amérique", Colby Keller veut voter Trump


Alors qu’il termine son projet artistique « Colby does America » (Colby se tape l’Amérique), l’acteur de porno gay a poussé un coup de gueule contestataire auprès d’Office Magazine.

Le système politique des Etats-Unis, l’industrie du X, la jeunesse LGBT… Tous en prennent pour leur grade sous l’œil de Colby Keller. A 35 ans, ce diplômé d’anthropologie a le capitalisme dans le viseur. Pourtant, du modèle soviétique, Colby Keller n’a conservé que la barbe, et passe le plus clair de son temps dans des films pour grands garçons, quand il ne pose pas pour des photographes de renom. Car derrière sa plastique de rêve habituée aux positions osées, se cache aussi un militant anti-système qui voit en Donald Trump l’occasion de renverser un monde.

« Je vais voter Trump ! » assure-t-il ainsi dès le début de l’interview « American History XXX ». Non pas qu’il adhère aux positions du milliardaire. Bien au contraire. Il est d’ailleurs « sceptique quant à ce qui se cache derrière Trump » et « ne soutient ni ne cautionne aucune de ses politiques » – si ce n’est les « ouvertures en direction de la Russie et de la Chine » que la star du X trouve « encourageantes ». En revanche, il mise sur la « force déstabilisatrice » que le candidat jouera au sein d’un Parti républicain en implosion. Rêvant de l’autodestruction d’un système qu’il exècre, il compte sur « l’escalade du problème », et espère même que le magnat de l’immobilier « transformera au moins la Maison-Blanche en une émission de télé-réalité. L’Amérique sera à l’écoute non ? »

« Nous abandonnons des dimensions libératrices et émancipatrices attachées au fait d’être gay »

Un american way of life qu’il reproche aussi aux homos qui, en devenant de « bons travailleurs capitalistes », se seraient « enfermés » comme « les hétéros du monde entier » :

Nous abandonnons des dimensions libératrices et émancipatrices attachées au fait d’être gay. Moi j’aime le sexe, j’aime les corps, j’aime partager mon corps avec d’autres personnes. Nous avons un modèle émancipateur à offrir. Nous avons renoncé à cette vision et à ce que nous pouvons accomplir en tant que culture. Je vois plein de gamins conservateurs qui veulent un petit ami, un beau mariage, une maison entourée d’une clôture blanche et des enfants, et ils tombent dans le piège. Parfois, ce piège est beau, et on y trouve du bonheur. Mais le plus souvent, on y trouve la misère.

Aux côtés de la normalisation de l’homosexualité, c’est aussi l’industrie du X qui se retrouve sur le banc des accusés. Bien qu’il y fasse son beurre, Colby Keller critique « une culture raciste, toxique et misogyne » née du capitalisme pour entretenir un système qui « repose sur l’exploitation du corps » :

J’ai essayé, dans ma vie privée, de penser à une manière différente de présenter la sexualité, qui soit excitante pour les autres et qui fasse appel à différentes valeurs. Mais je ne peux faire cela tout seul, il faut que d’autres me viennent en aide.

Colby fait le tour (sexuel) des Etats-Unis

C’est dans cette dynamique qu’il a débuté son projet « Colby does America ». Pendant deux ans, il a sillonné le pays dans le but de proposer une vidéo engageant le sexe ou la pornographie dans chaque Etat d’Amérique. Une oeuvre d’art… porno ? En quelque sorte :

Je pense que ces deux choses-là [l’art et la pornographie] sont socialement définies. Ce sont des concepts ambigus auxquels nous attachons une valeur. Pour l’un bien-sûr, c’est la culture d’élite, et pour l’autre, la sous-culture. Très rares sont les espaces où ces deux idées peuvent se rencontrer. Et je pense que c’est là une enquête qui peut être convaincante. Pour moi, l’art est précieux quand il relève d’un processus d’interrogation. Il s’agit de délivrer une réponse à une audience, d’engager un processus.

Malgré sa carrière montante et ses entreprises artistiques, Colby Keller ne parle pas de ses activités à tout le monde. Sa propre mère, pentecôtiste, ignore encore à quoi il occupe ses journées pour une raison assez simple : « Je ne veux juste rien faire qui puisse lui donner une crise cardiaque ».

 

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Crédit photo Sean Gomez

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