Courrier du coeur : « Mon mec veut aller voir ailleurs... Que faire ? »
Sexo/Psycho

Courrier du coeur : « Mon mec veut aller voir ailleurs... Que faire ? »


TÊTU ouvre la hotline de Môsieur Jérémy pour répandre sa science de l’amour. Aujourd’hui, elle se penche sur le cas de Julien et de son mec qui a envie de voir du pays…

Vous avez un message de Môsieur Jérémy : Mes bébés !!! Oui c’est bien moi, Môôôsieur Jérémy ! Mère nourricière de la scène queer parisienne, fabriquée à Dunkerque. Comment ça, vous ne me connaissez pas ? Lâchez The Voice Kids et sortez un peu le samedi ! Depuis de longues années, j’arpente le pavé avec mon sac à main plein de gloss et de bienveillance. J’en ai vu des histoires d’amour (d’un soir) se nouer, j’en ai essuyé des nez de chouineuses ! Dis-moi tout : encore plus d’anonymat que sur Grindr, et au moins ici, tu es sûr d’avoir une réponse ! Si tu as une fissure dans le cœur ou un bobo au cul (ou l’inverse) : cet espace safe est pour toi ! Alors envoie ta question en bas de cette page.

Julien : Bonjour Môôôsieur, après avoir vu la série Looking, mon mec m’a dit qu’il trouvait ça cool les couples ouverts… Jusqu’à ce que je comprenne qu’il me l’avait fait regarder uniquement pour en parler clairement : il veut aller voir ailleurs… Je suis tout perdu… :-/

Môôôsieur Jérémy : Mon chat ! Je sens bien ton gros désarroi. On dirait que tu n’es pas d’accord, et ça, personne ne peut te le reprocher. Contrairement aux idées reçues, tous les gays ne sont pas forcément en couple dit « ouvert » (comme si les autres couples étaient coincés !). Certes, nombreux sont ceux qui, grâce à la remise en cause d’un modèle dit « hétéro-normé » (papa-maman-deux enfants et un drapeau MANIF POUR TOUS dans chaque main), cherchent leur équilibre en dehors du couple à deux. Trouple, polyamour… et célibat aussi : les gays ne sont pas forcément plus infidèles, mais plus libres d’inventer les limites de leurs relations… Es-tu sûr de ne pas en être capable ?

Julien : Mais j’aurais trop peur qu’il me quitte !

Môôôsieur Jérémy : Ah oui je vois. Forcément. Je suis déjà passée par là tu sais. Quand on aime, on veut posséder l’autre (qu’on soit actif ou passif). Et a priori ne pas le partager. Parce qu’on a l’impression de perdre quelque chose. Et donc potentiellement de le perdre petit à petit. Certains y trouvent un plus au contraire, une liberté qui renforce la sincérité et la discussion dans le couple, une expérimentation sensuelle et intellectuelle qui peut donner un nouveau départ. Tu deviens le point d’ancrage central, la bitte d’amarrage. Et passent les marins d’un soir… Est-ce que vous avez réussi à en parler tous les deux ?

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Julien : Ah non, je me suis mis à pleurer et depuis il ne veut plus en parler, il dit que c’était juste un fantasme !

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Môôôsieur Jérémy : Peut-être. Mais, et toi, mesquina ? Pourquoi ne pas trouver une formule qui vous corresponde ? Fantasmer ensemble, introduire un troisième larron, ou même, choisir un mec pour lui sur Hornet… Et puis, cela ne t’as jamais intéressé, toi ? Allez, avoue !

Julien : Si bien sûr… mais je ne comprends pas d’où ça vient ? Ça se passe bien nous deux, ça fait déjà deux semaines.

Môôôsieur Jérémy : Ah oui. 15 jours. BON. SOIT. Il te teste peut-être ? Ou il a besoin de perpétuer une habitude ancienne. Arnaud Lerch, un de mes amis sociologues (oui, j’ai le bras long), dit que l’infidélité sexuelle des gays aurait des explications historiques. On s’est souvent construits dans le secret et même la honte, l’homosexualité n’a été dépénalisée qu’en 1982… Nos relations ont donc été plus souvent cachées et éphémères. Parallèles quoi. Et donc plus souvent sexuelles aussi.

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Mais avec l’acceptation et la reconnaissance de nos couples, certains gays renouent avec des velléités de monogamie. Moi je dis chiche ! Demande toi ce qui te bloque, ce que tu veux vraiment et où se situent tes limites, exprime-les lui et trouvez un compromis. Au pire, essayez (envoyez moi les dick-pics) et reparlez-en. Sois têtu, mais pas trop !

Et qui sait, on pourra peut-être dire de vous un jour, « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’amants… » 😉

Allez, bisous mon petit chat à la sauce sucrée. Je te laisse, je vais faire des pirouettes dans l’espace !

The .GIFYS beyonce space bye spinning

Posez votre question à Môôôsieur Jérémy :






  • momom

    Coup de gueule ! C’est pas possible de lire tout le temps la même connerie, non, l’homosexualité n’a pas été dépénalisée en 1982, tout simplement parce qu’elle a été dépénalisée à la révolution Française en 1791 !
    Faites votre job correctement !!!!!

    • le vicomte

      Selon l’express, « Il y a 25 ans, le 4 août 1982, sur une proposition de ministre de la Justice, Robert Badinter, l’Assemblée Nationale vote la dépénalisation de l’homosexualité. » Donc, toujours selon l’express, Jeremy a raison. Mais aussi, « L’homosexualité sera retirée de la liste des maladies mentales de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) en 1991. », Elle était donc « soignée » jusqu’en 1991.

      Un autre texte qui explique la complexité du problème :

      Dépénalisation : 1791 ou 1982 ?

      Entre 1791 et 1982, il y a deux siècles : ce n’est pas rien ! Et pourtant quand il s’agit de dater la dépénalisation de l’homosexualité en France, on trouve tantôt la première date, tantôt la seconde … Avant la révolution française, l’homosexualité était passible de la peine capitale, qui était plus ou moins appliquée selon les époques. La dernière exécution à Paris  » pour crime de sodomie  » eut lieu en 1750. Mais sous les rois de France, la loi n’est pas la même pour tous. Philippe d’Orléans, frère de Louis XIV, pouvait afficher son homosexualité en toute impunité. Selon que vous soyez puissant ou misérable …
      En 1791, le nouveau code pénal abandonne le crime de sodomie entre adultes consentants. La révolution française dépénalise ainsi les rapports homosexuels. Mais progressivement, un certain nombre de dispositions légales discriminatoires vont limiter les libertés des lesbiennes et des gays : l’âge autorisé pour les relations homosexuelles sera fixé à 18 puis 21 ans (15 ans pour les relations hétérosexuelles), interdiction dans les lieux publics des comportements pouvant évoquer l’homosexualité (danse entre hommes, baisers …), circonstance aggravante d’homosexualité en matière d’outrage à la pudeur, inscription de l’homosexualité dans la liste des fléaux sociaux à combattre…
      Avec la victoire de la gauche en 1981, toutes ces dispositions discriminantes sont abrogées. Il n’en reste pas moins que les rapports sexuels dans un lieu privé entre deux personnes de même sexe consentantes et ayant l’âge légal sont légitimes en France depuis 1791.
      Par comparaison avec quelques pays voisins, l’homosexualité est dépénalisée en 1890 en Italie, 1967 en Angleterre, 1969 en Allemagne, 1979 en Espagne. Et dans près de la moitié des pays du monde, la question reste : à quelle date l’homosexualité sera-t-elle dépénalisée ?

      ¤ Bernard Moreau
      janvier 2010

      • momom

        Non mon cher vicomte la loi de août 1982 abrogeait un texte discriminatoire voté par vichy, ce n’est pas du tout compliqué à comprendre, et malheureusement tout le monde fait l’erreur. Ce n’est pas parce que l’express titre une ânerie et que comme c’est l’express, faut croire à cette ânerie !

        Le 4 août 1982, sur une proposition de ministre de la Justice, Robert Badinter, l’Assemblée Nationale vote la fin du texte discriminatoire de Vichy. La majorité sexuelle était fixée à 18 ans pour les homos, contre 15 ans pour les hétérosexuels. Avec l’abrogation de l’article 332-1 du code pénal, elle passe à 15 ans pour tous.

        Pas vraiment difficile à comprendre !

        • le vicomte

          Le problème est un problème de terme, est-ce que l’homosexualité a été dépénalisé concrètement en 1791, comme le dit la loi, en 1982, ce qui revient à la fin des discriminations légales, en 1981, où l’homosexualité est retiré de la liste des maladies mentales en France, ou encore en 1993 où l’homosexualité est retirée de la liste des maladies mentales de l’OMS (l’Organisation Mondiale de la Santé). Donc oui, si on se réfère à la loi comme base pour la dépénalisation de l’homosexualité, le problème est extrêmement simple et se résume à une date, mais si on considère l’arrêt des discriminations comme un processus long et complexe, on peut prendre une de ces dates, ou dire que le processus a duré de 1791 à 1993, ce qui rend le problème de datation infiniment plus complexe. Merci d’avoir soulevé cette question momom.

          • momom

            Cher Vicomte. Quand on parle de dépénalisation, on se réfère à la loi, en effet et à rien d’autre. Le fait que l’homosexualité est retirée de la liste des maladies mentales par divers organismes internationaux ou nationaux ne dépénalise en rien l’homosexualité, voir ce qui se passe encore dans beaucoup de pays. Débat qui fut intéressant, il serait agréable que les débats entre les commentateurs soient toujours aussi courtois…
            Et pour finir, cher Vicomte, quand un vicomte rencontre un autre vicomte, qu’est-ce qu’ils se racontent ? Des histoires de vicomte, dans la vie chacun se fout, se fout des p’tites misères du voisin du d’sous. Très vielle chanson !

          • le vicomte

            Bien d’accord avec vous concernant la courtoisie, ce qui prouve que l’on peut débattre et argumenter de manière polie et respectueuse. Vous m’avez convaincu, merci pour le petit cours d’histoire 😉 .

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