Ces jeunes créateurs en ont sous le pied
Objets du désir

Ces jeunes créateurs en ont sous le pied


La jeune création francophone se porte bien et l’univers des sneakers n’y échappe heureusement pas. Nous avons rencontré les talents créatifs derrière quatre jeunes marques à suivre d’urgence.

 

Le Flow, l’innovation poétique

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Lionel Le Floch (DR)

 

Lionel Le Floch, alias Le Flow, a appris les techniques et la fabrication de chaussures en tant qu’assistant de collection chez Berluti où il a passé près d’un an. Il a ensuite dirigé des collections de chaussures pour différentes maisons de prêt-à-porter pendant 9 ans, avant de lancer sa propre ligne en 2016. Lionel nous raconte être “tout d’abord un fan de sneakers depuis tout petit. J’ai grandi avec la culture basket dans les années 90. Cette passion est restée en moi, j’en ai fait mon métier.

Le développement de semelles en gomme EVA ultra light et de matières très techniques comme des cuirs élastiqués (agneau stretch) constitue la valeur ajoutée des collections Le Flow, inscrites dans un univers urbain et poétique et une fabrication hautement qualitative (cuirs italiens et français, doublure en veau, fabrication portugaise).

 

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Le modèle Wave Hi Navy – Le Flow (DR)

 

Le modèle Wave Hi Navy avec son mix de veau nubuck et flanelle incarne le mieux le style Le Flow. Il comprend une semelle avec une injection de peinture qui se propage de manière aléatoire dans la gomme. Cette technique rend de fait chaque chaussure unique.

Lionel favorise les silhouettes qui mélangent les volumes oversize, assez minimalistes. “J’apprécie la poésie de Marni. Je me sens très proche de l’univers de Rick Owens et d’Acne Studios,” conclut-il.

Plus d’infos sur leflow-paris.fr

 

Rombaut, purement vegan

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Mats Rombaut (DR)

 

Mats Rombaut a fait des études de commerce en Belgique avant de s’orienter vers le design à Barcelone. “J’ai commencé à 21 ans dans l’agence de presse Totem à Paris, en 2008,” nous explique-t-il. “Après un stage chez Lanvin en tant qu’assistant designer prêt-à-porter et accessoires, j’ai travaillé auprès du jeune designer Damir Doma de 2010 à 2012 au développement prêt-à-porter et accessoires. C’est en janvier 2013 que j’ai lancé ma propre ligne de chaussures.

Le créateur partage son temps entre son bureau principal à Gand (sa ville natale belge), son studio à Paris et les usines au Portugal. “Je ne trouvais pas de chaussures en cuir vegan qui me plaisaient, elles étaient toutes assez moches et pas cool,” nous avoue Mats. “Les dessiner et les construire, c’est une autre histoire. Mais j’aime les challenges. Et j’ai finalement toujours eu un fetish pour les chaussures…

L’intégralité des chaussures Rombaut est façonnée dans un respect de l’environnement, des animaux et des artisans, strictement européens. “Quand on regarde les documentaires comme ‘Before The Flood’ ou ‘Cowspiracy’ on comprend que la cause principale du changement climatique est l’élevage animal à l’échelle industrielle. C’est pour cela que j’ai choisi de limiter la ‘consummation’ dans mon process de fabrication, sans avoir à créer des produits directement ou indirectement dérivés des animaux.

 

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Le modèle Odyssey – Rombaut (DR)

 

Mats est très fier de L’Oddysey : son modèle phare de running, avec fermeture velcro et semelle coupée à laser. L’ensemble des collections offrent une pluralité de styles, elles complètent facilement des silhouettes très variées (slip-ons, baskets montantes, etc.). Il poursuit: “La philosophie de Rombaut est encore trop rare dans l’industrie de la mode, partagée par peu de marques parmi lesquelles Stella McCartney est la plus connue.

Le jeune designer est moins catégorique quand il s’agit de juger ce qui est de bon ou mauvais goût: “Je pense que les souliers moches comme les Crocs ou tout ce qui est considéré comme de mauvais goût peuvent maintenant se porter de façon ironique. La seule faute de goût est selon moi la monotonie ou l’absence de caractère. Alors les chausettes dans les sandales ? Pourquoi pas !”.

Plus d’infos sur rombaut.com

 

Piola, une création responsable

La collection Piola (DR)
La collection Piola (DR)

 

Derrière la marque Piola se cachent de grands voyageurs, tombés amoureux du Pérou et passionnés de sneakers. La marque fondée par Augustin, Josh, Quentin et Antoine revendique une création française et modern, dont l’univers s’articule logiquement autour du voyage urbain.

“Nous apprécions la mode minimaliste et intemporelle portant des valeurs et convictions fortes,” expliquent les quatre amis. “Le choix des baskets s’est naturellement dessiné car elles ont un caractère très structurant pour finir une silhouette et représentent surtout un support de création important.”

Les modèles Piola sont façonnés dans des matières d’excellence telles que le caoutchouc sauvage du Pérou (premier producteur historique de latex) pour concentrer toutes leurs semelles avec plus de 50% de ce matériau issu de la forêt amazonienne.

Nous avions le rêve de créer une marque de sneakers élégantes qui puisent dans les meilleurs savoir-faire du monde,” poursuivent-ils, “afin d’habiller les gens comme nous, voyageurs insatiables à la recherche d’expériences riches de sens mais surtout des sneakers qui participent au développement de ceux qui les produisent.

La combinaison de ce projet créatif Français et du projet de développement au Pérou reflète l’ambition de la marque de faire bénéficier toutes les parties prenantes de notre production.

Le modèle Callao de la marque Piola (DR)
Le modèle Callao – Piola (DR)

 

Leur modèle phare est la Callao qui vient d’être lancée pour l’automne-hiver 2016. Les collections Piola complètent volontiers une silhouette minimaliste, à qui elles apportent une touche de couleur. “Nous sommes très proches de marques comme Theory, APC ou des marques plus confidentielles comme Craft Atlantic basée à New York, Greenwich avenue,” nous confient les créateurs.
En termes de philosophie, au-delà des conditions d’achat très avantageuses pour les ‘shiringueros’ (producteurs de caoutchouc, ndlr.), nous sommes fiers d’avoir mis en place avec eux une plateforme sur notre site permettant de financer des besoins personnels et des capacités de production. Nous sommes donc très sensibles aux projets des marques de designers qui vont dans ce sens. »

Enfin, quand on leur demande quelle est selon eux l’ultime faute de gout, en matière de souliers, ils nous répondent d’un seul homme “les souliers pointus”.

Plus d’infos sur piola.fr

 

EZ/Lab, une énergie communicative

Katerina et Magali forment un couple de passionnées, de collectionneuses et surtout d’utilisatrices de sneakers. Leur parcours est atypique puisque c’est à travers le milieu de la restauration qu’elles côtoient de grands noms de la mode et du design. “Nos discussions et nos échanges ont alimentés notre passion,” précise Magali en charge de la création, “ils ont finis par nous convaincre de nous jeter a l’eau.” Les deux jeunes femmes installées à Barcelone ont jeté leur dévolu sur l’univers des chaussures car “c’est la premiere ou la dernière chose que l’on regarde chez une personne, c’est ce qui équilibre une silhouette.

“Nos créations s’inscrivent dans un style avant-gardiste, mêlant radicalité et sobriété. L’idée est d’accompagner et non de contraindre, de casser le code des genres avec nos collections unisexes”. EZ/Lab ambitionne ainsi d’offrir une liberté sans compromis entre style, confort et fonction.

Le modèle Label 15 (à gauche) de la marque EZ/Lab
Le modèle Label 15, à gauche – EZ/Lab (DR)

 

La Label 15 s’impose d’ores-et-déjà comme leur pièce phare. Avec ses formes pures, ses deux grands scratch qui enveloppent la cheville et sa légèreté, il incarne parfaitement la philosophie des jeunes businesswomen, qui évoquent “tout le charme d’un luxe silencieux”. La notion de stature n’est jamais négligée et ces baskets agissent telles “un isolant aux agressions urbaines”.

Magali et Katerina résument ainsi leur recherche de liberté par l’accessoire: “Nous ne sommes pas dans le jugement, l’important est d’assumer et de ne pas se sentir déguisé-e-s. Être (et rester) dans ‘ses petits souliers’, c’est peut-être ça le secret!

Plus d’infos sur ezlabsneakers.com

  • Avetrani

    c’est clair que quand on va dans un hammam on met des baskets!

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