Jenifer :
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Jenifer : "Comment ne pas être choqué par l'homophobie quand on est un petit peu humain"


Jenifer est la marraine du Refuge depuis cinq ans. Dans son dernier album, elle livre une ode à l’amour pour tous. Interviewée par Pure Charts, la chanteuse est revenue sur son engagement contre l’homophobie.

« Mon rôle pour Le Refuge, c’est d’amener un petit peu de lumière sur cette association qui me tient très à cœur » répond humblement Jenifer aux journalistes de Pure Charts qui l’interrogeaient mardi dernier pour la sortie de son septième album : Paradis Secret. Membre à part entière des Enfoirés, engagée pour l’aide des orphelins au Népal, et active dans la lutte contre le sida, la chanteuse révélée par la Star Ac’ en 2011 est également marraine du Refuge depuis 2011. Comme Nicola Sirkis – le leader du groupe Indochine – et nombre de célébrités qui soutiennent l’association, elle offre donc de la visibilité et du temps à cet organisme qui se consacre en priorité à l’hébergement de jeunes LGBT expulsés de leur foyer à cause de leur orientation sexuelle ou leur identité de genre. En 2013, 202 jeunes ont ainsi été accueillis dans toute la France. Une cause qui semble résonner d’une manière toute particulière chez cette mère de deux enfants.

Il y a plein de parrains et marraines au Refuge pour pouvoir parler de ce sujet relativement grave qu’est l’homophobie et qui moi me touche beaucoup. Qui ne devrait pas exister parce qu’on parle d’amour. Aimer quelqu’un du même sexe, je ne vois pas ce qu’il y a de mal là-dedans. Et se faire renier par sa propre famille, par les siens, parce qu’on aime quelqu’un du même sexe je ne trouve pas ça normal. Je trouve ça choquant et monstrueux de ne plus aimer son enfant et de le renier.

Des Idylles, une chanson inspirée des jeunes pensionnaires du Refuge

C’est d’ailleurs sans pouvoir retenir un large sourire que la jeune femme relate son premier repas partagé avec Nicolas Noguier, le président du Refuge, en compagnie d’un réfugié du centre qui l' »avait beaucoup touchée », et à l’occasion duquel elle avait découvert les chiffres de l’homophobie en France.

J’ai été outrée et choquée. Comment ne pas l’être quand on est un petit peu humain et qu’on a un cœur. Et du coup j’ai voulu le soutenir et soutenir la cause et devenir marraine du Refuge.

Celle qui s’est prononcée pour le mariage et l’adoption pour tous plusieurs années avant l’adoption de la loi Taubira explique aussi la genèse de son nouveau titre Des Idylles. Pour cette ode à toutes les formes d’amour, Jenifer s’est inspirée des rencontres qu’elle a faites au Refuge, et de son entourage homo.

[L’amour pour tous] c’est pas un sujet difficile à aborder. Moi j’ai plein de mes amis… donc du coup j’arrive à tenter de comprendre certaines choses. Après, j’ai croisé des gens avec des témoignages poignants qui m’ont marquée et qui n’étaient pas du tout anodins. Je me suis servie un petit peu du Refuge et des rencontres que j’ai pu faire dans cette association-là. Quand je leur rends visite parfois et (avec) ceux qui acceptent aussi de se livrer parce que… voilà, une certaine forme de pudeur et de traumatisme parfois chez certains. Donc c’est difficile d’en extraire les sentiments.

« On vit dans un monde de brutes. Je voulais un petit peu de légèreté »

Avant Des Idylles, Jenifer songeait même à aller plus loin. Elle avait co-écrit une chanson avec l’artiste Da Silva où elle abordait le vécu de l’intérieur. Mais c’est avec une honnêteté et une sensibilité toute particulière qu’elle avoue avoir renoncé à ce projet, car ç’aurait été mentir que de prétendre comprendre ce que ressentent les victimes de l’homophobie :

Au départ j’avais écrit une chanson avec Emmanuel da Silva qui était plus grave. Où je me mettais à la place d’eux. Et ne l’ayant pas vécu, je ne peux pas… Il manquait un quelque chose d’encore plus sincère. Moi je tiens à être honnête. Pour pouvoir revendiquer ma musique et mes mots, il faut que je puisse les ressentir à 200%. Là je les ressentais, mais c’était trop grave. Je ne voulais pas aborder ce sujet-là d’une manière trop grave.

Non, je voulais que ces jeunes-là puissent éventuellement s’évader avec un petit peu de légèreté. Parce qu’on vit un petit peu dans un monde de brutes et je me suis dit qu’un petit peu de légèreté ça faisait du bien à tout le monde. Donc effectivement, j’évoque la parité pour tous, l’égalité pour tous, et l’homosexualité d’une manière un petit peu plus légère.

Ou comme elle le chante dans sa nouvelle chanson :

Y a pas de il, y a pas de elle

Que des idylles et des gens qui s’aiment.

  • elily0o

    merci à vous Jenifer

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