Well Well Well, la revue lesbienne ambitieuse et bénévole
Culture

Well Well Well, la revue lesbienne ambitieuse et bénévole


Well Well Well, c’est bientôt Noël. Ca tombe bien, la revue lesbienne indépendante a sorti son troisième numéro avec JD Samson en couverture.

La revue lesbienne Well Well Well est une bonne nouvelle pour la presse LGBT française : un collectif de journalistes bénévoles est parvenu à sortir un troisième numéro en octobre dernier, le tout en s’auto-finançant et en proposant un contenu extrêmement riche. La réalisatrice Céline Sciamma [Naissance des pieuvres, Tomboy, Bande de filles] offrait son visage à la couverture du premier numéro et la chanteuse et actrice Soko à celle du deuxième. Aujourd’hui, place à l’icône de la musique JD Samson, DJ et figure du groupe Le Tigre, dont la journaliste Anne-Laure Pineau tire un fascinant portrait.

La rédaction de Well Well Well a publié l’édito de ce numéro 3 sur sa page Facebook. Nous vous proposons de le lire pour mieux comprendre les enjeux de la presse LGBT aujourd’hui :

De temps en temps, la revue Well Well Well reçoit des mails d’étudiantes qui nous expliquent qu’elles aimeraient effectuer un stage « dans nos locaux ». En discutant avec certaines de nos lectrices, on se rend compte que tout le monde n’a pas conscience que Well Well Well est une revue entièrement bénévole. Et c’est plutôt flatteur : elles nous expliquent que le résultat leur paraît tellement beau qu’elles pensaient que c’était notre job. En réalité, si le journalisme, la photo ou le graphisme sont bien nos professions, le travail que nous effectuons pour la revue n’est pas rémunéré. Nous n’avons pas de locaux et travaillons chez nous, les soirs et week-ends.

Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est très difficile de financer un média lesbien. Traditionnellement, la presse tire ses revenus à la fois de ses lecteurs et lectrices, qui paient un numéro ou un abonnement, et des annonceurs, qui achètent des pages de pub. Dans le cas d’un média lesbien, tout se complique : les marques ne sont pas vraiment intéressées, elles ne réussissent pas à voir les femmes homos comme des clientes potentielles qu’elles devraient courtiser. Et le nombre de lectrices auxquelles nous nous adressons est mathématiquement bien plus petit que celui d’un média mainstream…

Alors, comment faire ? À Well Well Well, nous finançons l’impression de chaque numéro avec l’argent récolté grâce aux ventes du numéro précédent. Malheureusement, une fois le chèque à plusieurs zéros posté à l’imprimeur, il ne nous reste plus grand-chose. Si nous voulons que Well Well Well existe, il faut donc passer par le bénévolat. Cela a deux conséquences. Une première, pour nous : nous sacrifions pas mal de week-ends en amoureuses ou de sorties avec les potes. Et une seconde, pour vous : comme nous ne pouvons pas travailler à temps plein, la revue sort beaucoup moins régulièrement que ce que l’on voudrait.

À l’origine, nous avions de grandes ambitions : un numéro tous les six mois. Force est de constater que produire une belle revue, sans négocier sur la qualité, nous demande un peu plus de temps. C’est pourquoi nous espérons que vous saurez être patientes. Et peut-être, même, que vous aurez une pensée émue pour les proches des différentes membres de l’équipe qui, après avoir longuement patienté pendant la préparation de ce numéro, vont enfin pouvoir récupérer leur compagne / amie / pote de soirée / plan cul. Enfin… jusqu’à la prochaine conférence de rédaction.

Mieux qu’une revue, Well Well Well est un véritable mook [croisement entre livre et magazine, ndlr] qui permet de se faire une vision précise et pointue de la culture lesbienne en presque 2017. Et qui dit mook dit bel objet : grâce à un graphisme minimal et aux photos de Marie Rouge, on a très envie de le garder sur la table du salon.

 

Well Well Well n°3, 15€.

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