Antoine, de l'asso Agile, veut mobiliser la jeunesse LGBT à Clermont-Ferrand
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Antoine, de l'asso Agile, veut mobiliser la jeunesse LGBT à Clermont-Ferrand


En perte de vitesse ces dernières années, l’association LGBT d’Auvergne Agile cherche à remobiliser, notamment chez les jeunes. TÊTU a rencontré l’un de ses militants, Antoine Guillec, qui nous parle de l’importance de reconquérir l’espace associatif et militant.

Agile est une association auvergnate basée à Clermont-Ferrand, qui lutte pour la visibilité et la reconnaissance des droits LGBT dans la région. Créée à la fin des années 1990, l’association a pour principales missions de tenir des permanences et des groupes de parole à destination de la communauté LGBT locale, d’animer l’espace LGBT et sa bibliothèque et d’organiser le festival annuel Homosaïques. Cependant, Agile constate une baisse importante de ses membres, passés de 400 à 30 en l’espace de dix ans. Une tendance que certains veulent inverser tel Antoine Guillec, jeune militant de 21 ans qui souhaite donner un nouveau souffle à l’association.

Comment expliquer le déclin d’Agile ces dernières années ? 

Peut-être qu’après le mariage pour tous, certains se sont dits que les droits étaient acquis alors que ce n’est qu’une goutte d’eau par rapport au travail qu’il reste à faire. Les réseaux sociaux ont également joué un rôle dans cette chute du nombre de membres. Aujourd’hui, il y a des groupes, notamment sur Facebook, qui ont une vraie expertise sur certains sujets. Les gens y trouvent une véritable écoute. Je pense aux groupes dédiés aux personnes trans par exemple.

Pourquoi décider aujourd’hui de « relancer » Agile ?

Premièrement, parce qu’il y a trop peu d’assos dans la région. On manque de militants et de bénévoles – qui font déjà un travail formidable – pour mener à bien nos différentes missions. Ensuite, parce qu’il y a un nouveau Conseil d’administration, sous la présidence de Beryl Esbrayat. On souhaite renouveler les partenariats que pouvait avoir l’association. On est en contact avec l’UNEF, Aides… L’interassociatif est très important car en s’unissant les associations ont plus de poids pour défendre leurs causes. J’ai 21 ans et je souhaite aussi voir les jeunes se saisir de toutes ces questions. C’est à eux de se mobiliser et de faire entendre leurs voix pour que les choses avancent.

Touchez-vous des aides ? 

Oui, du département et de la mairie. Cette dernière nous met à disposition, gratuitement, un espace de 200m2 en plein centre-ville. C’est dans ces locaux que nous tenons nos permanences et que nous organisons des événements, notamment culturels, car c’est une bonne manière de sensibiliser les gens aux questions LGBT. D’ailleurs, la mairie nous encourage dans ce sens. On a exposé des supers artistes comme Madeleine Froment ou Leo Adef de Barcelone.

Qu’en est-il de la région présidée par Laurent Wauquiez ? 

No comment (rires). Le Conseil régional d’Auvergne a déjà aidé notre association. Par contre, je ne sais pas si ce sera le cas avec la nouvelle région…

Quelle est la situation des personnes LGBT à Clermont-Ferrand ? En Auvergne ?

Ça ne fait pas longtemps que je vis à Clermont-Ferrand et que j’adhère à l’association donc je manque de recul. Tout ce que je peux dire, c’est qu’il y a quelques actes homophobes et transphobes, comme partout, mais pas plus qu’ailleurs je pense.

Quelles sont les actions concrètes que vous souhaitez mener ? 

On a un spectre d’interventions très large. Tout d’abord, on veut plus et mieux communiquer pour se faire connaître et ainsi attirer de nouveaux adhérents. On pense notamment à la communication sur les réseaux sociaux puisque c’est là qu’on peut toucher un large public dont les jeunes. On fait du tractage devant les lycées mais on n’intervient pas en milieu scolaire. On n’a pas les accréditations nécessaires. En revanche l’association ALHERT se charge très bien de cette mission.

Retrouvez toute l’actualité de l’association Agile sur son site internet.

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