Culture

"Dalida", le biopic en forme de stèle disco


Le biopic de Lisa Azuelos consacré à Dalida rend hommage à la chanteuse avec une somptueuse actrice italienne, Sveva Alviti.

Il est des personnalités dont l’existence romanesque pourrait inspirer les scénarios non pas de films mais de séries télévisées longues de dix saisons. On se souvient des deux biopics aux partis pris très différents sur Yves Saint Laurent, la même année, dont le très réussi de Bertrand Bonello. Dalida est de cette trempe là et la réalisatrice Lisa Azuelos vient combler un manque d’images alors qu’on commémorera le 3 mai prochain les 30 ans de sa disparition.

De sa naissance au Caire en 1933 à son premier Olympia en 1956, de son mariage avec Lucien Morisse, patron de la jeune radio Europe n°1, aux soirées disco, de ses voyages initiatiques en Inde au succès mondial de « Gigi l’Amoroso » en 1974, le film dresse le portrait intime d’une femme absolue, complexe et solaire… Une femme moderne à une époque qui l’était moins … Malgré son suicide en 1987, Dalida continue de rayonner de sa présence éternelle.

Que vous soyez un admirateur ou non de Dalida, sans doute la chanteuse la plus icône gay au monde, vous ne pouvez pas ignorer que ses 170 millions de disques vendus et ses quelques deux mille chansons au compteur font d’elle un monument de la chanson. Le film de la réalisatrice à succès Lisa Azuelos (Comme t’y es belleLOL, etc.) vous apprendra sans doute une foule de détails que vous ne connaissiez pas sur Dalida, née Iolanda Gigliotti, et vous fera (re)découvrir une bonne vingtaine de chansons en vous permettant de comprendre en quoi elles sont toutes liées aux épreuves qu’elle a traversées, à ses amours et ses drames.

« Bang bang »

Le scénario est écrit autour des amours de Dalida; en deux heures, on a le temps d’assister au suicide de trois de ses amants. Morts de chagrin. A cause d’elle, voudrait-on lui faire croire. L’immense culpabilité que traîne l’icône toute sa vie durant la conduit elle aussi à faire une tentative de suicide à l’âge de 34 ans, dont elle réchappe de peu. Les médecins n’en croient pas leurs yeux. Une résurrection presque christique.

Mais le vrai miracle du film, c’est assurément Sveva Alviti qui a été choisie à l’issue d’un « casting mondial » selon les dires de la réalisatrice; c’est naturellement une Italienne qui a convaincu Lisa Azuelos. L’actrice amateure a appris le français en sept mois, ce qui lui permet d’incarner la chanteuse sans se regarder jouer.

« Des filles aiment des filles / Et l’on voit des garçons / Epouser des garçons » (« Pour ne pas vivre seul », Dalida)

Un regret : les nombreux liens que Dalida a entretenus avec une ribambelle d’homosexuels, à commencer par son propre frère Orlando, ne sont que très peu développés; le seul moment où l’on ressent cette proximité, c’est au détour d’un dimanche après-midi à Montmartre, dans sa légendaire maison où la chanteuse se plaisait à recevoir ses amis et leurs copains, sur un air de « Gigi l’amoroso ».

ads