Un slogan gay-friendly fait le buzz en Arabie Saoudite
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Un slogan gay-friendly fait le buzz en Arabie Saoudite


#احب_المثليين_ولست_منهم appelant à la tolérance envers les homos s’est élevé parmi les premiers hashtags utilisés en Arabie Saoudite et dans le monde entier.

Café du commerce, déversoir de haines, bulle-à-penser… Malgré les reproches qui lui sont souvent adressé, Twitter est aussi un indicateur de tendance en temps réel. Et depuis jeudi dernier, c’est un hashtag écrit en langue arabe qui s’est imposé sur le site de microblogging. #احب_المثليين_ولست_منهم signifie littéralement « J’aime les homosexuels et je ne suis pas l’un d’entre eux », mais pourrait se traduire plus simplement par « Je ne suis pas gay mais je les soutiens ».

https://twitter.com/MariahsMaid/status/827487725515214848

Une jeune fille tient un drapeau LGBT devant des religieux dans les rues de Columbus-Ohio. #احب_المثليين_ولست_منهم

Alors que l’immense majorité des pays arabophones condamnent l’homosexualité – à l’exception de l’Irak, de la Jordanie et du Bahreïn où l’homosexualité n’est pas pour autant tolérée -, le slogan est devenu un cri de soutien à la communauté LGBT poussé par les internautes du Moyen-Orient et d’ailleurs, jusqu’à atteindre la 6ème place des hashtag les plus utilisés dans le monde entier vendredi dernier.

Un hashtag pour les alliés LGBT arabophones est en train de devenir une tendance mondiale.

#احب_المثليين_ولست_منهم parce que je ne comprendrais jamais l’esprit d’haïr ou de blesser quelqu’un parce qu’il est différent de moi.

Je ne suis pas gay mais je les soutiens parce que je crois en la liberté d’aimer.

Quiconque attaque ce tag est un reptile xénophobe et homophobe.

Y compris en Arabie Saoudite où les homosexuels sont jetés en prison, torturés voire même mis à mort, #احب_المثليين_ولست_منهم était le hashtag le plus utilisé du pays à la veille du week-end :

Comme souvent, #احب_المثليين_ولست_منهم a aussi servi de prétexte à d’autres internautes pour attaquer la communauté LGBT. L’utilisateur @dontcarebut, qui se présente comme étudiante athée résidant à Dammam en Arabie Saoudite, en a traduit quelques uns en anglais, prouvant que l’engagement contre l’homophobie est loin d’être vain.

Pour ceux qui disent que nous devons accepter les gays, l’homosexualité est scientifiquement la fin de la race humaine (ce qui implique que nous allons disparaître).

Une dérive homophobe courante sur Twitter qui vient aussi rappeler les usages les plus sombres des réseaux sociaux, comme la « traque » des gays et des lesbiennes menées par la police égyptienne.

L’arabe comme vecteur du changement

Il y a peu, le Liban a toutefois rendu une décision judiciaire capitale. Alors que le code pénal libanais condamne les homosexuels à un an d’emprisonnement minimum, un juge de Metn à l’est de Beyrouth a estimé que l’homosexualité n’était pas un délit mais qu’elle relevait d’un choix (sic.). Le verdict a été acclamé comme une nouvelle fenêtre d’ouverture vers la dépénalisation de l’homosexualité.

Basé en Jordanie, My.Kali est l’un des premiers magazines LGBT du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Après neuf ans de publication digitale en langue anglaise, le fondateur a souhaité doublé son média d’une édition en langue arabe. Malgré les attaques prévisibles (atteinte à la culture jordanienne, influence occidentale…), cette bilingualité a reçu un franc succès.

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