Courrier du cœur : je veux rester célibataire, mais je n’y arrive pas !
Sexo/Psycho

Courrier du cœur : je veux rester célibataire, mais je n’y arrive pas !


Môôôôôsieur Jérémy, notre chroniqueuse de l’amour, répond à votre courrier du cœur et du cul. Cette semaine, elle s’improvise conseillère en célibat…

VOUS AVEZ UN MESSAGE DE Môôôôôsieur :

Chers érecteurs !

Oui c’est encore moi, Môôôsieur Jérémy ! Comment ça vous ne me connaissez pas ? Vous n’avez pas lu mes premières réponses à vos courrier du cœur ici ? TETU m’a ouvert une HÔÔÔTLINE pour répondre à vos questions existentielles autour de l’amour et de ses déboires (ou de ses bonheurs). Aujourd’hui je réponds à Lionel, qui m’a questionné sur cette injonction à faire couple dans notre société. Pour lui, être célibataire est un objectif !

 

LIONEL : Bonjour Môôôôôôôôôôôôôôôôôôsieur, je suis une victime de la société de consommation sexuelle : dès que je rencontre quelqu’un, j’en tombe amoureux ! Et ça ne m’apporte que des complications… J’sais qu’suis pas une bombe latine, ni même une bombe platine, Mr J, mais ils tombent comme des mouches. Alors que je suis très heureux quand je suis célibataire… Comment le rester ?

Môôôôôsieur Jérémy : Ah oui, des problèmes de riches en somme. Personnellement je n’aime plus le caviar, je boycotte la Russie depuis les lois homophobes (et qu’ils ont légalisé la violence conjugale). Le pâté de soja vegan me convient bien mieux que le foie gras depuis que j’ai une conscience écolo, je suis allergique au Chanel N°5 et je ne m’habille que Chez Emmaüs (ça se voit) parce que le faubourg Saint-Honoré est trop loin de chez moi… On a les excuses qu’on peut !

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Donc tu donnes des petites feuilles de ton petit cœur d’artichaut à qui a faim de toi. Si je n’étais pas jalouse comme une tigresse, je te dirais qu’en effet tu devrais te préserver de ces amours énergivores. Bon, et bien je te le dis en fait, car la jalousie est mauvaise conseillère (tout le contraire de moi !).

On recopie des modèles imposés de bonheur, souvent inspirés par les bluettes hétéro-normées, on obéit à des injonctions sociales de « devoir trouver quelqu’un » mais : combien de couples malheureux qu’il serait plus utile de remplacer par des branlettes efficaces ? Beaucoup d’études prouvent que les célibataires ont tendance à être moins heureux que les personnes en couple. Mais cela n’est pas nécessairement vrai pour tout le monde. De toute façon, on n’est pas fait pour vivre en couple : là c’est même la science qui le dit !

D’après une étude de l’Université d’Auckland, la vie à deux ne rend pas tout le monde heureux. Les personnes qui craignent les conflits seraient plus épanouies en restant célibataires. Les bénéfices tirés par les individus célibataires sont justement de n’avoir à négocier qu’avec soi-même sans avoir à gérer une autre personne avec laquelle on s’est engagé émotionnellement. Sans cette co-dépendance, on peut choisir plus facilement les activités qui nous conviennent, il peut y avoir une amélioration émotionnelle pour certains…

D’ailleurs, la notion de « couple » dans l’histoire est assez récente : pas de vrais duos chez les mammifères, puis un phénomène d’appropriation des femmes par les hommes pour s’assurer de la paternité des petits et de la préservation de l’héritage, et enfin l’invention du mariage – sans notion d’amour ni forcément de sexualité – pour sceller tout ça. Il y a d’ailleurs toujours eu des personnes extérieures au mariage dévouées à la sexualité. Dès qu’on enlève la contrainte, c’est-à-dire l’obligation de rester marié, on se rend compte que les gens se séparent MASSIVEMENT. Il y a beaucoup plus de forces qui sont là pour séparer que pour unir. Le sentiment amoureux dure un temps, puis vient le sentiment d’estime, mais c’est beaucoup plus compliqué quand il n’y a pas un mariage qui y oblige. En revanche, en ayant en tête que le couple n’est pas naturel, en étant plus vigilant, on peut y arriver.

L’amour est «bioculturel» : le désir, ou l’amour, est provoqué par le cerveau. C’est chimique. Mais ce qui fait naître ce désir est lié à la culture. Nous tombons amoureux de telle ou telle personne en fonction de notre histoire, de notre imaginaire, de nos constructions mentales.

Comme dirait ma copine DALI…(DA, pas Salvador) :

Pour ne pas vivre seul
On vit avec un chien
On vit avec des roses
Ou avec une croix
Pour ne pas vivre seul
On s’fait du cinéma
On aime un souvenir
Une ombre, n’importe quoi
Pour ne pas vivre seul
On vit pour le printemps
Et quand le printemps meurt
Pour le prochain printemps
Pour ne pas vivre seul
Je t’aime et je t’attends pour avoir l’illusion
De ne pas vivre seule, de ne pas vivre seule

Pour ne pas vivre seules
Des filles aiment des filles
Et l’on voit des garçons
Épouser des garçons
Pour ne pas vivre seuls
D’autres font des enfants
Des enfants
Qui sont seuls
Comme tous les enfants

Alors, même si la majorité des personnes rêve du contraire : vas, vis et redeviens seul et libre de tout engagement sentimental si tel est ton choix.

Faire la vaisselle QUAND ON VEUT, laisser ses chaussettes traîner PARTOUT et manger des CHIPS en guise de dîner, c’est aussi PARFOIS, un petit goût de paradis. A chacun le sien.

Allez, je vous laisse, j’ai un plan avec un mammifère qui aime un peu trop que je garde mes talons… mais pourquoi pas après tout !

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Tous les « courrier du cœur » sont ici !

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