Première héroïne trans sur TF1 : Une opportunité gâchée ?
Actualité

Première héroïne trans sur TF1 : Une opportunité gâchée ?


TF1 va diffuser la première série française centrée sur une héroïne trans. Or la chaîne pourrait foncer tête baissée dans les écueils transphobes…

Déjà parce que ladite série s’intitule Louis(e). Alors que l’évocation du genre opposé au genre vécu est source de souffrance et de discrimination pour les personnes trans, la nouvelle série TF1 met les pieds dans le plat en rappelant le prénom de naissance du personnage principal. Comme si, encore une fois, les individus trans n’étaient ni vraiment femme, ni vraiment homme. En témoigne l’interview de l’actrice principale menée par la chaîne où les journalistes lui demande comment elle a « dosé sa part entre féminité et virilité » pour le rôle…

Ensuite, parce que la comédienne qui incarne le rôle de Louise est une femme cisgenre. Pourtant, qui de mieux qu’un acteur trans pour interpréter le rôle d’un personnage trans ? Et ainsi offrir à cette minorité stigmatisée les moyens de s’approprier ses représentations, et réellement jouer le jeu de la visibilité ? Aux Etats-Unis, les séries Orange is the new black et Sense8 ont ainsi casté les actrices trans Laverne Cox – en couverture du Time et mainte fois récompensée pour son interprétation de Sophia Burset, détenue à Litchfield – et Jamie Clayton pour le rôle de Nomi Marks.

L’actrice choisie pour le rôle de Louise sur TF1, Claire Nebout, semble toutefois consciente des problématiques politiques et militantes qui se jouent ici :

Dès que j’ai lu le script, j’ai eu un coup de cœur immédiat pour le sujet que j’ai trouvé à la fois moderne, atypique et audacieux. J’ai pris comme un compliment qu’on me le propose. (…) La transsexualité reste encore en France un sujet tabou qui peut effrayer. Lui apporter de la visibilité peut peut-être permettre une évolution des mentalités.

Une trame similaire à Transparent : annoncer sa transidentité à ses enfants

Dans Louis(e), le personnage éponyme décide de retrouver ses enfants nés de son union avec Agnès, son ex-femme jouée par Héléna Noguerra. Après sept ans d’absence, Louise emménage en face de la famille nouvellement réunie autour d’Adrien (interprété par Jean-Michel Tinivelli), le compagnon d’Agnès. L’occasion pour cette maman trans (que TF1 présente comme un « papa transgenre ») de faire son coming out auprès de son entourage, et de renouer avec sa famille.

Cette fiction est une comédie dramatique, poursuit l’actrice principale, on y trouve donc des éléments de comédie, mais aussi des problématiques plus dures, et les difficultés auxquelles Louise est confrontée sont toutes abordées. Elle doit faire face à l’hostilité des siens et de la société entière. Rejetée par sa femme, violentée par des inconnus, elle va se battre envers et contre tout pour se faire accepter, éviter préjugés et rumeurs, et finir par convaincre.

S’inspirant du scénario de Transparent – série américaine de 4 saisons et où l’interprétation de Jeffrey Tambor dans le rôle d’une femme trans lui a valu un Emmy Awards -, Louis(e) a l’ambition de consacrer le prime time de la première chaîne de France au sujet trans, à ses combats mais aussi à sa vie quotidienne, familiale, affective. Sur Arte, la mini-série Paris (6 épisodes) avait fait pareille introduction sur nos écrans tricolores, avec le personnage d’Alexia, chanteuse dans la capitale.

Les deux premiers épisodes pilote de Louis(e) (« Une femme à part » et « Coming out ») seront diffusés sur TF1 lundi 6 mars 2017 à partir de 20h55. Ce sera l’occasion de juger.

 

© Philippe Warrin – TF1

  • ViNcEnT©

    Le principe du métier de comédien est de donner vie à un personnage autre que soi, ça s’appelle la composition.
    Pourquoi les rôles de trans devraient-ils être forcément joués par des trans?
    Alors les personnages juifs doivent forcément être interprétés par des acteurs juifs dans leur vie réelle? Les homos par des homos, les handicapés par des handicapés et les hétéros par des hétéros?
    Aux chiottes les plaintes d’acteurs homos souffrant de n’être cantonnés qu’à des rôles d’homos? « tu ne peux jouer que ce que tu es dans la vraie vie! hey Matt Bomer, t’as pas eu le rôle de Mr Grey, normal t’es qu’une fiotte va donc jouer des rôles de fiotte »
    Claire Nebout, Felicity Huffman ou Terrence Stamp ont tout à fait le droit de jouer des trans tout comme Laverne Cox ne doit pas être cantonnée à ces rôles là mais pouvoir jouer des femmes, tout simplement, de naissance ou pas.
    (et je ne parle même pas des rôles d’hommes par des femmes ou inversement, Bob Dylan, Hairspray…)

    • MadMax 2k12

      tout ça interresse peu de gens. mais influence les masses.

      osef

      c’est un tord.

      • Lila

        ta gueule … ouch ça fait du bien de le dire surtout quand c’est vrai! ^^ aha

    • Christine Rougemont Réalisatri

      Tout à fait d’accord.Bien sur il y a une demande de la communauté trans de voir des comédiens et comédiennes trans interpréter des personnes trans. Mais cela tiens aussi au fait que l’on cantonne trop souvent les personnes trans dans des rôles de caricatures trans. Cela évoluera dans la communauté trans quand au donnera aux personnes trans des rôles de cisgenres… pour rappel au USA le cas de Caroline Cossey (extrait d’un article de PurePeople:

      En 1981, elle décroche une apparition dans Rien que pour vos yeux, un James Bond de la période Roger Moore (moins sportif que Daniel Craig). La même année, elle pose dans le magazine Playboy. Mais sa carrière prend un tournant dramatique quand un tabloïd anglais, le défunt News of the World, révèle son passé en achetant à prix d’or l’un de ses dossiers médicaux. « Lorsque c’est arrivé, je me suis cachée, raconte Caroline Cossey.
      J’ai même tenté de me suicider. Je me suis réveillée dans ma salle de
      bain recouverte de vomi. J’avais honte. Et à un moment j’en ai eu marre
      d’avoir honte de quelque chose sur laquelle je n’avais aucun contrôle :
      le fait d’avoir été assignée garçon à la naissance. »

      Je ne supportais plus ce cirque. J’ai mis un terme à ma carrière.

      Caroline Cossey décide d’embrasser pleinement ce qu’elle est. Elle affronte sur les plateaux de télévision l’ignorance et les a priori. Avec le sourire, elle répond aux questions et devient, comme peuvent l’être aujourd’hui Laverne Cox et Caitlyn Jenner, le porte-parole d’une communauté.
      Mais ce n’est toujours pas suffisant. En 1991, la star de radio
      américaine Howard Stern la reçoit habillé en femme et, lui racontant
      qu’il vient soi-disant de se faire opérer, lui tend une saucisse. « Je me suis dis que je n’avais pas à m’infliger ça, raconte Caroline.
      Je ne voulais pas devenir folle. J’avais quelqu’un qui m’aimait à mes
      côtés et je ne supportais plus ce cirque. J’ai alors mis un terme à ma
      carrière. »
      IL y a peut-être des acteurs ou actrices trans aujourd’hui qui jouent des cisgenres mais alors ils sont bien cachés…

      • Antoine Doutriaux

        Une belle leçon de tolerance, jai adoré! Bravo a TF1 et l equipe de Louise

        • Lila

          moi aussi j’ai trouvé ça super! 🙂 mais quelques fois un peu maladroit! ^_^ de toute façon je me dit que tout peut être amélioré dans la vie! 😉 ^^ c’est ma philosophie aha

      • Lila

        c’est vraiment affreux ce qu’lui est arrivée en 1981 à Caroline Cossey mais heureusement quant a elle qu’elle est une femme intelligente et qu’elle a assumée (pas comme une certaine célèbre française … après je dis ça je ne dis rien 😉 ) mais ce qu’il est arrivée après en 1991 est vraiment affreux et dégueulasse (quoique encore très banale à notre époque … hrumh …), ce mec qui se prénomme Howard Stern est vraiment un SACRE connard! ^^’ 😛 XD je me disais en voyant ses photos sur google qu’il doit être bien mal à l’aise avec sa propre féminité! haha drôle mais vrai! ^_^

  • David Mamm

    Vous n’avez pas vraiment attendu la diffusion pour juger… jamais content de toute façon, soit on en parle pas et on se fait critiquer, soit on en parle et c’est forcément en mal, il n’y a qu’ailleurs que c’est mieux ! Dommage de penser comme ça, moi je trouve ça bien de voir enfin un perso trans à 21h sur TF1, un perso qui selon le scénar ne sera pas dans la caricature en plus.

  • Electre

    j’ai hâte de voir les premiers épisodes, même si j’ai peur que la série n’atteigne pas vraiment son objectif de montrer une facette psychologique et de faire réfléchir, mais plutôt de faire réagir et créer de la transphobie supplémentaire…
    Il est déjà assez difficile de faire comprendre à des cisgenre l’importance du genre à coté du sexe et leur différence, alors là avec juste des épisodes de série, si le dialogue est mal amenée on risque soit du trop stéréotypé malsain soit de l’invisible et incroyable. un peu comme Thomas à secret story 10 pas mal de gens pense que c’est un secret fabriquer de toute pièce, la vérité étant trop « impossible » à croire.

  • Déjà l’actrice parle de « transsexualité », quand on parle de « transidentité » ou de « transitude »

    • Lila

      oui c’est un mot « général » (aujourd’hui « assez maladroit ») mais qui parle quand même à beaucoup de monde! 😉 c’est pour cela qu’à mon avis qu’elle utilise! espère que tu comprendras ce que je veux dire! 😉

  • Christine Rougemont Réalisatri

    C’est très bien de la part de TETU de s’intéresser à cette série et aux personnes trans. J’ai des mais chez TETU… Mais il serait intéressant que l’on demande l’avis d’une personne trans pour parler de cette communauté. Je ne vais pas relever tout ce qui me laisse des doutes dans cet article qui veut défendre une cause juste, mais il y a des choses à éclaircir. Je ne vois pas de raison de remettre en question le terme « papa » trans sans explicité le propos… En effet si l’on demande à des famille avec parents trans, on s’aperçoit qu’il y a une multitude de dénomination qui sont choisi avec ou par les enfants. Et les femmes trans ne remettent pas systématiquement en cause le terme de « papa » si leur enfant l’utilise à la maison après tout c’est un enfant et pour lui il a un « papa » qui est une femme. A moins que l’on puisse utiliser des gamettes prélevée avant chirurgie ou que tout simplement on ne fasse pas de chirurgie, auquel cas l’enfant n’aura jamais connu d’autre facette que la femme que la personne trans trans est dans ce cas et inversement si c’est un homme trans, j’allais pas oublier… sans compter avec les non-bianire pour lesquels, il y a sans doute encore d’autres possibilités.
    « maman trans » est un tout autre propos qui fait référence à une particularité de notre communauté qui est l’accompagnement par une plus âgée, d’une plus jeune. Dans ce cas, on parle souvent de « maman trans ».

ads