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Inde : Demande en mariage d'un couple gay dans une pub eBay


En Inde, dans une pub intitulée « Les objets ne jugent pas », eBay met en scène la demande en mariage d’un couple gay pour lutter contre les préjugés.

C’est une pub sous forme de plaidoyer pour la tolérance qu’a dévoilé en Inde le célèbre site web de ventes aux enchères eBay. La campagne – intitulée « Things don’t judge » (« Les objets ne jugent pas ») – vise à déconstruire les nombreux préjugés qui sévissent encore dans la société indienne en montrant que les objets (achetés sur eBay) remplissent la même fonction, que l’on soit riche ou pauvre, homo ou hétéro, branché ou « ringard »… Durant 1 minute et 10 secondes, le clip enchaîne différentes situations avec différents protagonistes donnant à voir que d’autres mdèles sont possibles, que chacun peut emprunter une voie différente.

Transgenres et non-binaires

Plusieurs scènes cherchent également à déconstruire les clichés autour de l’identité de genre. En introduction, on découvre un jeune homme dansant sous la pluie avec des bracelets de grelots aux chevilles. « Peu importe ce que disent les gens, mes chevilles ne m’ont jamais dit que seules les femmes pouvaient les porter », peut on lire en légende. En effet, l’Inde est encore loin de s’extirper des représentations binaires de genre, dans lesquelles sont attribués aux hommes et aux femmes des comportements et des accoutrements bien définis. Néanmoins, et malgré les difficultés rencontrées par les personnes transgenres et non-binaires, la décision de la Cour suprême indienne en 2014 de reconnaître l’existence d’un « troisième genre » prouve que les mentalités évoluent.

Dépénaliser l’homosexualité en Inde

Dans une autre scène, on assiste à la demande en mariage d’un couple gay dans un parc : « La seule chose que voit cette bague est l’amour dans mes yeux », indique la légende. En Inde, l’homosexualité est toujours pénalisée sur la base de la section 377 du Code pénal. Cet article de loi avait pourtant été abrogé en 2009 par la Cour de justice de Delhi, mais la Cour suprême d’Inde avait par la suite casser cette décision jugeant que c’était au pouvoir législatif de statuer sur la question et non au pouvoir judiciaire. Si cette législation homophobe héritée de l’empire britannique est rarement appliquée, elle n’en est pas moins dénoncée par les associations LGBT – notamment lors des Prides organisées dans le pays – car elle est souvent prétexte d’intimidations voire de discriminations policières.

En 2016, un prince indien avait ouvertement parlé dans la presse de son coming-out effectué quelques années auparavant auprès de sa famille. Un témoignage fort et rare dans une société où l’homosexualité est encore largement taboue.

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