Dernière semaine pour découvrir le nu scandaleux de Frédéric Bazille
Culture

Dernière semaine pour découvrir le nu scandaleux de Frédéric Bazille


Il est des fesses qui marquent les esprits. Celles du tableau de Frédéric Bazille, exposé au musée d’Orsay jusqu’au 5 mars, sont à ne pas rater. Ami de Monet et Renoir, le peintre montpelliérain surdoué mort à la guerre à l’âge de 28 ans est mis à l’honneur depuis novembre dernier à Paris, dans l’exposition « Frédéric Bazille, la jeunesse de l’impressionnisme« . Dernier appel !

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Majestueux, quoi que quelque peu serré, mais tellement vivant qu’on lui pardonne, ce fessier trône au centre de la salle des nus de l’exposition. S’il a si peu été montré, c’est qu’il fait partie des œuvres qui ont fait scandale à leur époque.

« Le nu masculin avant Bazille et l’impressionnisme, c’est le nu héroïque: des héros, les figures de l’Histoire. Seul le nu féminin est lié à un certain érotisme. Ici, Bazille fait un choix différent et moderne : il décide de représenter un anonyme, un simple pêcheur dans son activité quotidienne, et nu », explique Paul Perrin, conservateur des peintures d’Orsay, au HuffPost. « Ce nu de Bazille est une œuvre tout à fait originale dans l’histoire de l’art » complète-t-il.

Si les attributs sexuels ne sont pas visibles pour le spectateur de l’œuvre, ils le sont sans aucun doute pour le second personnage masculin assis dans l’herbe, occupé à retirer ses chaussettes comme s’il s’apprêtait à le rejoindre ou à se baigner…

Clairement homo-érotique, Bazille consacrera trois œuvres au nu masculin, alors que ce n’était pas légion à l’époque. Gay, Bazille ? On sait très peu de chose de sa vie personnelle : aucune maîtresse connue, les mariages arrangés par sa famille sont restés sans suite et il entretenait une forte amitié avec le dandy Edmont Maître dont il a peint plusieurs fois le portrait…

C’est un nu gratuit, naturaliste, en dehors de tout ordre moral (il n’était pas commun ni d’être nu, ni entre hommes)… ce qui provoqua la polémique !

Incompris avec son « Pêcheur », Bazille revient toutefois à cette thématique avec « Scène d’été », l’œuvre choisie pour être l’affiche de l’exposition du Musée d’Orsay. Cette fois-ci, le peintre a pris soin de vêtir ses huit personnages… Bien plus sage, même si deux jeunes garçons se chamaillent de façon étrange, la pose las du jeune homme à gauche, contre l’arbre, rappelle un Saint Sébastien sans les flèches…

« Frédéric Bazille, la jeunesse de l’impressionnisme« , jusqu’au 5 mars au Musée d’Orsay à Paris.

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