Photographie : Fedya Ili déshabille les hommes et les villes
Culture

Photographie : Fedya Ili déshabille les hommes et les villes


De Saint-Pétersbourg à Paris en passant par Berlin, Fedya Ili, originaire de Russie, tire le portrait et raconte des hommes du quotidien.

Fedya Ili
©Fedya Ili

 

Mon approche créative ? Moins de vêtements, plus de personnalité. L’histoire et les expériences de chacun font le reste. C’est pourquoi j’aime photographier mes modèles dans leur espace de vie, où dans des lieux avec lesquels ils ont une connexion particulière. Tout le monde est une histoire, je suis toujours désireux d’en « lire » une bonne.

Fedya Ili
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Fedya Ili
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Fedya Ili
©Fedya Ili

 

Fedya Ili est né en Russie en 1980, quand le territoire aujourd’hui gouverné par Vladimir Poutine était encore soudé aux autres « républiques socialistes soviétiques » sous le chapeau de l’URSS. Pendant près de 15 ans, il a été directeur artistique pour de grands médias de mode, de décoration, et de design. Puis en 2012 il a rendu son tablier. Il a tout plaqué pour se consacrer à une passion lointaine : la photographie. Le souvenir de son père et de sa chambre noire où gamin il s’amusait à développer les photos qu’il avait lui-même prises, « vraiment mauvaises » à son goût. L’impression de retrouver un amour oublié.

Fedya Ili
©Fedya Ili

 

Fedya Ili
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Fedya Ili
©Fedya Ili

 

J’aime à penser la fumée de cigarette comme un esprit, surlignant quelque chose qui se cache dans l’air mais qui ne peut être vu.

Fedya Ili
©Fedya Ili

 

La peinture, c’est créer une réalité imaginaire avec ses mains. Littéralement. Je ne connais jamais le résultat avant d’avoir terminer. C’est comme regarder un film de détective.

Fedya Ili
©Fedya Ili

 

J’ai cette photographie qui s’appelle « Golden Piece », c’est un énorme pénis à la forme idéale, entièrement recouvert d’or. C’est une icône dans un cadre d’or. Chacun peut adresser ses prières à ce Dieu de la sexualité gay. Pour moi, l’érotisme est dans les yeux, pas dans les queues.

Fedya Ili
©Fedya Ili

 

Après avoir vécu à Moscou, Paris, Munich, Buenos Aires, Kiev, Lisbonne, Saint-Pétersbourg, Fedya Ili a finalement posé ses valises à Berlin, mais il vient re-explorer les villes de son passé à travers le projet sur le long-terme : « Naked Cities ».

J’ai visité la Russie après quelques années d’absence, et j’ai essayé de découvrir le changement social qui avait été à l’œuvre et l’influence des nouvelles loi-anti LGBT à travers le projet Naked Petersburg. Pendant une semaine, j’ai enchaîné shooting et interview. Les gars me racontaient leurs rêves, leur avenir, les questions sociales modernes, et la vie dans la ville. C’était comme déshabiller la ville pour en découvrir l’âme. Et la nudité des rues était révolutionnaire dans ma recherche de liberté.

Fedya Ili
©Fedya Ili

 

J’ai habité Paris en 2013 et j’ai une très forte connexion avec cette ville qui a été mon chez moi pendant un temps. Je me souviens d’avoir fait cette photo à côté d’une des Statues de la Liberté que compte la capitale. C’est à la fois le symbole et le slogan de la France : une nudité frontale, de jour, avec le dos de la Statue en arrière-plan, faisant référence à la Liberté qui en France tourne souvent le dos aux questions LGBT.

Fedya Ili
« J’ai fait mon coming-out à 19 ans. À cette époque-là, en France, ce n’était pas facile mais c’était possible. C’est plus facile aujourd’hui. En général, les gens s’en fichent, mais sur le plan professionnel c’est toujours un gros problème. Au boulot, quand ils ont découvert que j’étais gay, ils ont trouvé une excuse légale pour me virer. Ma boss était une lesbienne de la vieille école et elle haïssait les gays. » Témoignage de Ben traduit à partir de Naked Paris (© 2016 Fedya Ili).

 

 

 

Fedya Ili
« J’ai visité Paris pour la première fois en 2011, et je suis immédiatement tombé amoureux de cette ville. (…) J’ai travaillé dur, j’ai obtenu mon bac, et j’ai été pris dans l’une des meilleures écoles d’architecture françaises. Aujourd’hui je vis à Paris et je ne pourrais être plus heureux. C’est bien plus simple pour moi qui suis gay. Les Français sont ouverts à la diversité et à la différence. Je m’y sens plus libre d’être qui je suis plutôt que dans le pays où je suis né. » Témoignage de Ramy originaire de Tunisie, traduit à partir de Naked Paris (© 2016 Fedya Ili)

 

Retrouvez les œuvres de Fedya Ili sur son compte Instagram ou sur son site officiel.

  • Bertrand Castagné

    sympa le mec fan de Mylène :p

    • Camille Rapin

      merci 😉 tu peux me suivre sur @morningcamille sur tumblr et instagram

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