Culture

"House of JBG" croque bears, drag queens et pornstars


Ses dessins publiés sur Instagram fascinent, nous transpercent d’un coup de crayon et évoquent tous les plaisirs… Coup de cœur pour notre nouveau collaborateur.

Vous l’avez peut-être découvert dans le nouveau numéro de TÊTU en ce mois de février 2017, dans lequel il illustre le courrier du cœur de Môôôôôsieur Jérémy, et surtout via son compte Instagram ou son Tumblr. Ses portraits de drag queens, de bears ou de pornstars fascinent par leurs précisions, ses scènes prennent vie en évoquant tous les plaisirs, JBG – de son nom d’artiste – nous transperce d’un coup de crayon à chaque fois. Petite sélection de nos œuvres préférées :

https://www.instagram.com/p/BRLahF8AFLa/

Je dessine depuis aussi longtemps que je m’en souvienne ! Déjà tout petit, dès que j’ai pu tenir un crayon, je passais des heures à dessiner à l’école aussi bien qu’en dehors. Ça a toujours été une passion voire une obsession. À partir de la fin de l’école primaire, j’ai commencé les cours de dessin le mercredi après-midi et ça a été une révélation. Après le lycée, je me suis donc lancé dans des études supérieures en école d’art.

Au cours de ma formation artistique je me suis spécialisé dans l’illustration, mais j’ai ensuite entamé une carrière professionnelle dans un domaine assez différent du design. J’y suis resté presque 10 ans.

La « House of JBG » est alors née en 2015 de mon envie de revenir à l’illustration que j’avais laissée de côté pendant toutes ces années et de développer une production artistique personnelle qui soit différente de mon travail, de me réapproprier quelque chose qui m’est très cher mais que j’avais un peu abandonné.

https://www.instagram.com/p/BQqoKHfFfd-/

Les portraits m’ont toujours fasciné, et dans ma pratique personnelle comme dans mes goûts artistiques, j’ai toujours eu moins d’intérêt pour l’abstraction, les paysages ou les espaces qui n’incluaient pas de l’humain. C’est ce qui m’intéresse le plus car j’aime les gens et raconter leurs histoires. Pour moi, un portrait est réussi si j’ai réussi à retranscrire ce que j’ai deviné, imaginé ou compris de la personne illustrée dans un moment saisi sur le vif, un bref éclair où l’ont comprend tout de quelqu’un.

https://www.instagram.com/p/BOIENJnhnUH/

Les drag queens représentent pour moi quelque chose d’incroyablement libre, joyeux et transgressif. J’aime l’alliance de la beauté de ce qu’elles créent et du message qu’elles peuvent délivrer, c’est une forme d’art vivant vraiment complet et tellement fascinant : le temps, l’attention, le dévouement qu’elles allouent à cela, la réflexion, la construction du personnage et des tenues…

Beaucoup de gens peuvent s’arrêter sur l’aspect extérieur « paillettes » et « comique » que peut communiquer l’idée d’un homme habillé en femme, mais je trouve ce geste incroyablement punk, transgressif, et du coup purement queer. Les implications historiques et politiques de ce geste sont assez incroyables, et j’ajouterai vraiment nécessaire dans une communauté gay qui fait face de nos jours (et se doit de questionner) des notions telle la quête d’über masculinité à outrance, l’homogénéisation et l’hétéro-normalisation.

Les drag queens sont par essence disruptives, elles font sourire les gens en les divertissant tout en les faisant s’interroger sur les notions de genre et d’identité, elles sont souvent le point de départ d’un échange et d’une conversation.

https://www.instagram.com/p/BQDow4PBOGf/

https://www.instagram.com/p/BPqOQKyhm3I/

https://www.instagram.com/p/BPSs5eHBz_z/

https://www.instagram.com/p/BPBE-hWh5Ud/

https://www.instagram.com/p/BOxXOV8BLle/

La pornographie elle m’a toujours intéressée visuellement, cette représentation d’une sexualité exacerbée et presque primale, parfois en gros plans, qui devient presque abstraite, parfois trash, parfois comique… J’aime beaucoup celle des années 70/80, très recherchée esthétiquement, avec ses dialogues, scénarios et costumes….

Pour ce qui est des pornstars, elles m’intéressent pour des raisons similaires aux drag-queens, car ce sont aussi des « outsiders » un peu en marge de la communauté gay. Les queens représentent le paroxysme de l’aspect festif et féminin, et les pornstars celui de la sexualité et de la masculinité, les deux extrêmes du spectre si l’on peut dire. Même si elles sont adulées par certains et si une grande majorité de gens consomment de la pornographie, elle sont jugées et ostracisées par beaucoup à cause de leur activité de travailleurs du sexe. Cette dualité révèle un mal-être certain et profond par rapport à la sexualité, car ces gens contribuent à un produit que les gens consomment largement (et avec plaisir!) mais sont pourtant jugés et « slut-shamés » pour cela. Je trouve cela assez injuste et ridicule.

https://www.instagram.com/p/BNPTzlFhfP5/

J’ai déjà montré les dessins de drag queens de « Drag Race » et je voudrais vraiment dédier bientôt une exposition aux dessins érotiques pour avoir la chance de présenter aussi ce côté de mon travail. En plus, l’exposition créée toujours un rapport différent et tellement agréable quand les gens peuvent enfin apprécier un dessin de visu, s’en approcher au plus près, en observer les moindres détails.

https://www.instagram.com/p/BOI4-I_BURK/

https://www.instagram.com/p/BMzi0Zjhqr4/

https://www.instagram.com/p/BMR7f0RBHW4/

Depuis que je me suis lancé en tant qu’illustrateur sur les réseaux sociaux comme Instagram, j’ai eu la chance de me faire des amis, de collaborer et d’être en contact avec d’autres illustrateurs incroyablement talentueux ou des fans, et d’échanger et de dialoguer avec eux. Cette technologie permet une proximité qui peut faire naître de très belles histoires humaines, ainsi que des carrières !

 

Retrouvez JBG dans le numéro de TÊTU actuellement en kiosques ! Voir ici le sommaire.

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