Un casting en or pour le biopic sur Oscar Wilde par Rupert Everett
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Un casting en or pour le biopic sur Oscar Wilde par Rupert Everett


Plus d’un siècle après sa mort, le dandy fascine toujours. Un nouveau biopic – actuellement en préparation – s’intéressera à ses dernières années grâce à un casting ambitieux.

L’acteur britannique Rupert Everett, qui avait critiqué le Hollywood « dominé et dirigé par des hétéros » et qui déconseillait aux acteurs et actrices de faire leur coming-out pour préserver leur carrière, consacrera son tout premier film en tant que réalisateur à l’une des figures du Panthéon LGBT : l’écrivain Oscar Wilde.

Lui qui fut poète, dramaturge, critique d’art et romancier – Le portrait de Dorian Gray est son seul véritable roman – se targuait d’avoir mis tout son génie dans sa vie, et son talent dans ses œuvres. En 1895, il affrontait un série de trois procès pour « actes obscènes » conduit par un Lord, père d’un de ses amants; épisode qui entâche sa flamboyante carrière. Il sera condamné pour « grave immoralité » et emprisonné das la Gêole de Reading qui lui inspirera son dernier texte.

« Le film sera une sorte de road movie du XIXème siècle, racontant l’exil d’Oscar Wilde en France et en Italie, et son voyage de la prison jusqu’à la tombe « , tease Rupert Everett qui a tourné des scènes en Allemagne, en Italie, en Belgique, et bien-sûr en France – puisqu’il repose au cimetière du Père Lachaise à Paris.

Oscar Wilde, « figure christique pour la communauté gay du monde entier »

« Wilde est en quelque sorte une figure christique pour toute personnes LGBT. L’homosexualité n’était pas réellement débattue avant le scandale puis sa mort en 1900 – à l’orée du nouveau siècle où on discutera de modernisme, de féminisme, de communisme », poursuit Rupert Everett pour The Hollywood Reporter, « Oscar a vraiment été crucifié par la société qui l’avait d’abord adoré. Il est comme un saint patron pour moi. »

Le biopic dirigé et produit par Rupert Evertt s’intitulera The Happy Prince en référence au Prince heureux, un conte d’Oscar Wilde relatant l’histoire d’une statue d’or et de joyaux, se délaissant de sa parure pour sauver son peuple de la misère.

Rupert Everett, dans le rôle d’Oscar Wilde, a décidé de s’entourer de Colin Firth (aka Mark Darcy dans la saga Bridget Jones) dont il avait impressionné par la prestation dans A Single Man et qui interprétera Reggie Turner, fidèle ami d’Oscar Wilde. Le comédien britannique Tom Wilkinson sera également à l’affiche, de même qu’Emily Watson, Miranda Richardson et Anna Chancellor. L’actrice française Béatrice Dalle – amante de Emmanuelle Béart dans Bye Bye Blondie, adapté du roman éponyme de Virginie Despentes – fait aussi partie du casting.

Des retrouvailles inattendues

Rupert Everett et l’actrice avaient eu une liaison durant les années 1980, alors qu’elle était mariée avec le boxeur et artiste-peintre Jean-François Dalle. Everett fera son coming-out en 1989.

« Elle avait une beauté plus profonde que les pièces ‘à emporter’ d’aujourd’hui. C’est une jolie laide, mignonne et affreuse » racontait Rupert Everett dans son autobiographie Tapis rouges et autres peaux de bananes parue en 2008.

The Happy Prince est actuellement en post-production mais Rupert Everett promet sa sortie au début de l’été 2017, soit 20 ans après le premier biopic consacré à l’artiste.

 

Couverture : Ruper Everett dans une publicité pour Kenco.

 

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  • brethmas

    .
    Cette histoire d’Oscar Wilde n’est pas tout à fait vraie.
    Lui, célèbre et adulé, mais roturier, a été insulté en public et exclu des salons branchés de Londres dont il était la mascotte par le père de son amant, Lord Douglas, qui était un aristocrate de niveau considérable, et qui lui avait interdit de fréquenter son fils. (en vain…)
    C’est Oscar Wilde qui, le premier, a porté plainte pour injure.
    Et ses procès se sont retournés contre lui. Comme on l’imagine aisément dans l’Angleterre victorienne.
    Après le bagne , il a fui vers Paris où il a vécu tristement quelques années jusqu’à sa mort.
    Il était connu comme « l’homme en vert » fréquentant assidûment les vespasiennes des grands boulevards.

    • brethmas

      J’ajoute:
      Comme il est le premier à s’être rebellé contre l’injure et l’exclusion et à avoir porté plainte, on peut le regarder comme le premier militant homosexuel.
      Haut fait dont il est trop rarement crédité.

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