Sondage : Peut-on être gay, out et fier dans le monde de l’entreprise ?
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Sondage : Peut-on être gay, out et fier dans le monde de l’entreprise ?


Cela pourrait paraître anecdotique, mais c’est dans les corps de métiers les plus inattendus – qui sont parfois les plus influents -, que la lutte contre les discriminations est utile. Le métier de conseil en management par exemple !

Le cabinet Boston Consulting Group, leader mondial du conseil en stratégie d’entreprise, a créé en 2014 un réseau LGBT international qui rassemble aujourd’hui plus de 150 collaborateurs du BCG en France (300 dans le monde), une première dans le secteur du conseil souvent très masculin et formé dans les mêmes milieux pas toujours ouverts à la diversité.

Le cabinet a signé la Charte d’engagement LGBT de l’Autre Cercle, une association qui lutte pour faire reculer les discriminations des LGBT dans l’entreprise (elle s’assure que les pratiques ne sont pas discriminantes, que les avantages et droits accordés dans le cadre de l’articulation des temps de vie, de la conjugalité, de la parentalité et de la santé sont bien adaptés et connus de tous les collaborateurs F/H…). Une avancée certaine pour les 14 000 collaborateurs que compte le cabinet dans le monde.

Pour Gontran Bagard, directeur de projet au BCG, responsable du réseau LGBT en France :

Notre objectif, c’est que les LGBT ne ressentent pas de barrières à faire leur coming-out s’ils le souhaitent. L’idée, c’est qu’il ne doit pas y avoir de mauvaises raisons de rester dans le placard, que les gens qui veulent être out puissent le faire. Le fait d’avoir un réseau LGBT (dont la taille a quadruplé sur les cinq dernières années et qui compte aujourd’hui 350 personnes dans le monde dont 150 personnes en Europe) avec des figures importantes (LGBT ou pas) est une chose importante pour moi. Le fait d’être dans un environnement de travail LGBT-friendly permet d’être soi-même, de pouvoir parler de sa vie personnelle et inviter son partenaire à des événements professionnels sans se poser de questions.

Une enquête sur les jeunes LGBT et l’entreprise

Les étudiants, futurs managers, doivent se sentir libres d’être out vis-à-vis des clients ou d’indiquer sur leur CV qu’ils ont participé à l’organisation d’un événement LGBT…

Afin de mieux « conseiller » les cadres d’aujourd’hui et de demain sur l’inclusion des personnes LGBT dans le monde de l’entreprise, le cabinet lance cette année encore une consultation auprès des jeunes LGBT et leur relation avec le monde de l’entreprise.

Voici le lien vers le sondage 2017  : https://www.113.vovici.net/se.ashx?s=13B2588B28F5D871

 

En 2016, l’enquête avait déjà été menée auprès d’étudiants diplômés :

– 4 répondants sur 5 assument leur orientation sexuelle;

– 1 sur 2 ne se sent pas serein à l’idée de répondre à une question de son manager sur son couple;

Si 63% des répondants déclarent avoir effectué leur coming-out auprès de l’ensemble de leurs cercles, famille et amis, 34% des répondants éviteraient de dévoiler le sexe de leur partenaire en milieu professionnel. Ils sont même 11% à préférer mentir, en se faisant passer pour célibataire ou en mentant sur le sexe de leur partenaire;

Ils sont encore 52% à juger les entreprises françaises en retard par rapport à leurs cousines européennes (47% à les juger au même niveau) en 2016 contre 67% en 2015.

 

Si des progrès sont enregistrés, d’importantes disparités sont à noter. Tout d’abord, les répondants parisiens semblent plus optimistes que les répondants en régions : ils sont ainsi 42% à penser que les entreprises françaises sont en retard par rapport au reste de l’Europe contre 56% en régions. De plus, les scores des lesbiennes sont légèrement en retrait par rapport à la moyenne des répondants : elles sont ainsi 64% à considérer qu’être out au bureau est potentiellement un inconvénient contre 58% en moyenne pour l’ensemble du panel.

Si 57% des interviewés considèrent qu’être out est potentiellement un inconvénient dans l’industrie, de même que dans la finance (59%), ils ne sont que 43% des répondants à partager cette opinion dans la communication et les médias, 49% dans le secteur du conseil et 50% dans le secteur des biens de consommation.

L’étude s’est également intéressée aux actions attendues par les étudiants et jeunes diplômés de la communauté LGBT :

– Inscription de la non-discrimination dans les valeurs de l’entreprise;

– Adhésion à une charte nationale ou internationale de défense des droits LGBT;

– Mise en place de session de formations sur la diversité.

 

L’avantage aux entreprises LGBT-friendly plutôt qu’à l’argent

À choisir entre deux propositions, le salaire et le prestige de l’entreprise semblent moins importants pour les jeunes LGBT que pour les jeunes hétéros. Entre deux offres d’emploi proches, les candidats gays vont privilégier l’entreprise ayant la plus forte culture gay-friendly.

En 2016, BNP Paribas était reconnu comme le deuxième groupe le plus gay-friendly dans le monde (malgré une condamnation pour homophobie en France en septembre 2016), derrière l’américain IBM, selon le classement 2015 de la fondation Workplace Pride, publié en octobre dernier. Autre surprise : les services du renseignement intérieur de Sa Majesté, le MI5, viennent d’être sacrés employeur britannique le plus gay-friendly par Stonewall, une association LGBT.

Le Monde avait calculé début 2016 la différence de salaire entre un gay qui révèle son orientation sexuelle à son employeur par rapport à celui qui la cache : cette différence salariale s’élèverait à 1.200 euros par an (en terme d’avantages et de promotion sur la totalité d’une carrière). Une différence qui pourrait s’expliquer, selon le journal, par des stratégies actives de dissimulation (Lire la suite ici).

Être vraiment soi-même dans le monde du travail n’est donc plus une utopie, mais un objectif grâce à toutes les initiatives associatives et entrepreneuriales.

 

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  • Denis

    Je vis en Suède à Stockholm depuis 9 ans, je travaille dans une boîte suédoise et tous mes collègues savent que je suis gay et que je suis marié avec un homme, et je n’ai aucun problème au sein de mon entreprise, bien au contraire… Mais, en France cela doit être très différent qu’en Suède. Voilà pour mon expérience.

  • Axel

    Je travail en France au sein du cub méd où tout le monde sais que je suis gay et ce n’est pas facile tous es jours. Je me suis déjà fait insulté de « sale pédale » en publique lors d’une soirée de fin de saison sans qu’aucune sanction soit prise envers la personne malgré le fait que mes supérieur dont le chef de village en soit informé.

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