Attentat du Pulse à Orlando : le club gay va se réinventer pour ne pas oublier
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Attentat du Pulse à Orlando : le club gay va se réinventer pour ne pas oublier


Aujourd’hui cerclé d’une grille couverte d’hommages, le Pulse sera transformé en un lieu de mémoire permanent pour les victimes de l’attentat homophobe qui s’y déroula le 12 juin 2016.

Barbara Poma, propriétaire du Pulse, avait soufflé cette éventualité trois jours après l’attentat du 12 juin 2016. Lors sa première prise de parole publique suivant la tragédie, elle expliquait aux journalistes de NBC son souhait de « garder en vie l’esprit » des victimes ayant péri cette nuit-là lorsque sa boîte de nuit gay, qui accueillait comme chaque samedi une soirée latino, fut attaquée par Omar Mateen. Le terroriste tuait alors quarante-neuf personnes et en blessait une cinquantaine d’autres avant d’être abattu par les forces de l’ordre. Cette fusillade, la plus meurtrière de toute l’histoire des États-Unis, était revendiquée par Daesh quelques heures plus tard.

Transformer les hommages spontanés en un site permanent

En fin d’année 2016, Barbara Poma avait refusé une offre d’achat portée par la ville d’Orlando pour transformer le lieu en mémorial, mais assurait vouloir faire de cet espace « un sanctuaire de l’espoir ».

Jeudi 4 mai 2017, lors d’une conférence de presse rapportée par CBS, cette dernière a confirmé l’avenir du club gay : plutôt qu’un souvenir tragique fermé au public où sont déposés chaque jour des gerbes de fleur, des bougies et des messages de condoléances, le Pulse deviendra un mémorial permanent, et peut-être même un musée, afin que « personne de cette génération, ni de générations à venir n’oublie ce qu’il s’est passé ici ». « Je sais que mon rôle est de garantir que le Pulse devienne un lieu de guérison », a déclaré Barbara Poma, « Souvenez-vous que nous ne laisserons pas la haine triompher, nous guérirons ensemble. »

« Ce qui a commencé comme un endroit de bonheur et de joie est désormais une terre sacrée, (…) ce qui était autrefois notre endroit à nous, (…) nous le partageons désormais avec le reste du monde », a enfin ajouté la propriétaire du lieu devant le parterre de journalistes, sans donner plus de détails sur ce projet.

Le mémorial sera construit grâce aux dons récoltés par la fondation OnePulse, elle aussi créée par Barbara Poma pour venir en aide aux victimes et à leurs proches. Son allure et son contenu sera quant à lui décidé avec les survivants, leurs familles et les équipes médicales qui les ont secourus.

D’un souvenir à l’autre

En une deuxième occasion, le Pulse servira donc la mémoire de ceux qui ont péri. En 2004, lorsque Barbara Poma cofondait le Pulse avec Ron Legler, une figure du théâtre à Orlando, elle rendait déjà un hommage à son frère John, homosexuel et mort du sida en février 1991.

« Dans une famille italienne traditionnelle, être gay n’était pas accepté », pouvait-on auparavant lire sur le site internet du club gay, « Mais quand John a fait son coming-out auprès de sa famille et de ses amis, la dynamique familiale est passée d’une culture de tradition stricte à une culture d’acceptation et d’amour ». Le nom du club fait écho aux battements de cœur du défunt, de sorte à ce qu’ils continuent de résonner dans ces murs.

 

Couverture : crédit photo @mpscan/Instagram

 

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