Le compagnon de l'adjoint de Juppé victime d'une agression homophobe
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Le compagnon de l'adjoint de Juppé victime d'une agression homophobe


Marik Fetouh, adjoint au maire de Bordeaux, a dénoncé dans une publication Facebook – photo à l’appui – la violente agression dont a été victime son compagnon, dimanche 30 avril. Le caractère homophobe ne fait, selon lui, aucun doute.

« L’homophobie est malheureusement encore présente ». C’est le constat dressé par Marik Fetouh, l’adjoint d’Alain Juppé à la mairie de Bordeaux chargé de l’égalité et de la citoyenneté, en réaction à la violente agression dont a été victime son compagnon, dimanche 30 avril.

Il ne fait aucun doute, selon Marik Fetouh, que son compagnon a été agressé parce qu’il est gay, précisant, dans un post Facebook, que l’agresseur « a eu des propos homophobes pour justifier son acte ». Les faits se sont produits à l’aube aux abords d’une discothèque. Le compagnon de Marik Fetouh lui avait organisé un anniversaire surprise et la soirée s’est poursuivie dans cette boîte bordelaise. Le conseiller municipal a raconté cette soirée qui a tourné au cauchemar à nos confrères de BuzzFeed News :

Nous avons fini la soirée dans une discothèque. Vers 5 heures du matin, un de nos amis a voulu sortir de l’établissement, car il avait trop bu et ne se sentait pas très bien. Pour éviter qu’il se retrouve tout seul dehors, mon compagnon l’a accompagné. Ils se sont assis pas très loin d’un vendeur de sandwichs qui était installé dans la rue, sous une tente. Mais ce dernier est venu voir mon compagnon pour leur demander de partir. Mon compagnon n’a pas compris pourquoi on lui demandait ça, puisqu’ils ne gênaient absolument pas la vente. Et là il a été tabassé.

« Il m’a dit ‘Oui c’est normal, je l’ai tabassé, c’était un gros pédé' »

Marik Fetouh l’assure, son compagnon n’a pas reçu d’insultes homophobes au moment de l’agression. Mais il n’en demeure pas moins qu’il a lui-même pu faire face à l’agresseur qui n’a pas manqué de souligner pourquoi il avait agit ainsi. C’est par un coup de téléphone de son compagnon que l’adjoint au maire de Bordeaux a appris ce qu’il s’était passé et qu’il a pu sortir de la boîte et faire face à l’agresseur. « Il m’a dit ‘Oui c’est normal, je l’ai tabassé, c’était un gros pédé’. Il répétait ça en boucle. Il n’avait pas compris que j’étais son compagnon et que j’étais moi-même homo. Non seulement il a reconnu l’agression, mais en plus il la justifiait parce que c’était ‘un pédé’. Les bras m’en sont tombés », a confié Marik Fetouh.

Face à cette situation, Marik Fetouh a immédiatement contacté la police qui se serait rendue sur les lieux assez rapidement, vers 5h30 du matin. Seulement, l’agresseur avait déjà eu le temps de se volatiliser, laissant derrière lui une victime blessée et traumatisée. « Mon compagnon a été frappé au visage, mais il ne se rappelle pas exactement ce qu’il s’est passé après, parce que ça a été très rapide et traumatique », a souligné l’adjoint bordelais.

Trois jours d’incapacité totale de travail (ITT)

Le couple a appelé SOS Médecin dans la journée qui a suivi l’agression. BuzzFeed News a pu consulter le « certificat de coups et blessures » qui fait mention de douleurs dans le visage et « les membres inférieurs et supérieurs », de « multiples hématomes et ecchymoses », ainsi que des « plaies multiples superficielles ». Des lésions qui ont entraîné une incapacité totale de travail (ITT) de trois jours. « Je crois qu’on voit clairement des traces de chaussures sur son dos », a écrit le jeune homme dans la publication Facebook dénonçant l’acte ignoble dont a été victime son compagnon. « Soyez rassurés, rien de grave si ce n’est 3 jours d’ITT (incapacité totale de travail, ndlr) », a-t-il poursuivi. 

Hier soir, mon compagnon a été agressé par un individu qui a eu des propos homophobes pour justifier son acte. Je crois…

Publié par Marik Fetouh sur dimanche 30 avril 2017

Si le compagnon de Marik Fetouh se porte bien malgré les blessures, c’est le caractère homophobe de cette agression qui a poussé l’élu municipal à la dénoncer via les réseaux sociaux. « L’homophobie est malheureusement encore présente (…) Il est plus qu’urgent de se mobiliser pour éradiquer ce fléau », a-t-il écrit dans ce statut Facebook qui a généré près de 1.000 partages. Il a également témoigné auprès de nos confrères combien il était nécessaire de dénoncer de tels actes et les raisons qui l’ont poussé à agir ainsi :

L’homophobie, ce n’est pas qu’un concept, ce sont aussi des actes, légitimés par un discours ambiant. Quand on dit que l’homosexualité est une abomination, que le mariage pour tous est un problème, il y a des gens qui vont se sentir légitimés par ce discours de haine. Il est fondamental de pouvoir témoigner du fait que l’homophobie n’est pas qu’un concept et que ça peut toucher tout le monde y compris le compagnon d’un adjoint au maire.

Cette sombre histoire va désormais se poursuivre devant la justice. L’avocat de Marik Fetouh, Maître Picotin, a assuré au site d’actualité qu’il comptait déposer plainte dans la semaine. Une plainte pour « violence physique ayant entraîné moins de huit jours d’ITT, avec la circonstance aggravante pour la mention de l’orientation sexuelle ».

Couverture : Marik Fetouh/Facebook

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  • adele diop

    juste des animaux arreter de juger les gens lgbt esseyer de les comprendre d’abord

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