La Pride de Marseille sérieusement menacée
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La Pride de Marseille sérieusement menacée


La municipalité a coupé les subventions, faute de budget. Les organisateurs dénoncent des « contraintes prohibitives ».

[Edit, vendredi 7 juillet : Après une réunion jeudi avec les services impactés (Préfecture de police, municipalité, etc.), les organisateurs ont bon espoir de parvenir à un compromis avec la Préfecture et réclament toujours « un engagement politique fort de la Ville de Marseille ».]

Après un simple rassemblement statique contraint l’année dernière, la Pride de Marseille est-elle en voie d’extinction ? La perspective d’une Marche fière et heureuse cette année devient de plus en plus incertaine compte tenu du fait que la Ville de Marseille a annoncé son intention de ne pas subventionner la Pride comme elle l’avait pourtant fait en 2015 et 2016. Faute de budget, la municipalité exige des organisateurs qu’ils prennent en charge la sécurisation des lieux. Montant de la facture ? 10.000 à 12.000 euros. Un refus appuyé par le fait que, selon la mairie de la cité phocéenne, la Marche n’est autre qu’un « événement festif » et non une « marche revendicative« .

Dans un communiqué, les organisateurs de la Pride Marseille ont dénoncé l’attitude de la mairie et ses exigences pour sécuriser le cortège :

Les contraintes que l’on nous impose sont prohibitives, en particulier l’exigence de 12 camions que nous devons trouver pour bloquer les rues.

Dans un contexte d’état d’urgence permanent et d’une menace terroriste élevée, les organisateurs avaient pourtant bien anticipé les questions de sécurité. Mais ils se heurtent à la rigidité de la municipalité qui, à leurs yeux, « semble peu soucieuse de l’organisation » de la Pride :

Nous attendons de notre Maire qu’il s’érige en premier rempart contre les discriminations. Soutenir les personnes LGBT témoignera de sa bonne volonté dans la lutte contre les ostracismes et les intolérances. Il est inimaginable que Marseille soit la seule ville de France qui ne permette pas et ne favorise pas l’organisation d’une Pride, d’une Marche des visibilités conforme à l’esprit et à l’héritage de Stonewall.

Les organisateurs exigent de la municipalité qu’elle apporte au moins son aide pour trouver d’autres moyens de financements, à moins d’un mois d’une Marche qui ne peut pas mourir dans l’indifférence générale :

Marseille est l’une des plus grandes métropoles de ce pays. Elle est un pôle majeur du sud de la France. Elle est observée de tous les coins de la Méditerranée. Marseille doit être à la hauteur de son rêve et de son avenir. N’en doutons pas, les personnes LGBT sont au cœur de cet avenir inclusif.

Réponse aujourd’hui lors d’une réunion du comité de pilotage avec la mairie…

 

Couverture : Lee Bob Black / Wikimedia

 

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« Promenons-nous… » : Au sommaire du numéro de l’été 2017 de TÊTU !

  • Jean Marcel Michel

    Depuis plus de 20 ans, ceux qui exercent le pouvoir à Marseille rêvent de se débarrasser une fois pour toute de la visibilité LGBT.
    Avec les risques d’attentats et les nouvelles exigences de sécurité, ils ont trouvé un prétexte idéal pour empêcher ce qui reste de la Gay Pride.
    Mais d’un autre côté, ceux qui ont vidé la Marche de son contenu revendicatif sont maintenant présentés comme organisateur d’un banal « événement festif ».
    J’espère encore que le pire sera évité, mais j’ai du mal à y croire…

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