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"Nous avons été applaudis" : la première Pride de la capitale namibienne a eu lieu ce week-end


Près de 200 personnes ont défilé ce week-end dans les rues de Windhoek, la capitale de Namibie, pour une meilleure reconnaissance des LGBT dans la société Namibienne.


Si ça n’était pas la première Marche des fiertés de Namibie, c’était la première fois que la communauté LGBT investissait les rues de la capitale. Les 200 participants de la Marche sont plus que ravis; escortés par la police, ils n’ont pas connu de menaces du gouvernement ni des passants. Pour Fridel Dausab, l’un des organisateurs de la marche et l’un des fondateurs de l’association OutRight Namibia qui se bat depuis 2010 pour les droits des LGBT dans le pays, cette Pride est une réussite. « Nous avons été applaudis sur le trajet, et les gens se sont montrées curieux. Seuls quelques personnes nous ont lancé des insultes, mais il n’y a eu aucun incident, aucune attaque. »

Une société plus ouverte

Si la Namibie interdit encore la sodomie dans son Code civil, la loi n’a jamais été appliquée depuis l’indépendance du pays en 1990. Surtout, l’actuel président, Hage Geingob, a promis de protéger les droits des minorités sexuelles, rapporte le journal LGBT sud-africain MambaOnline. Une élection Mr Gay Namibia a d’ailleurs eu lieu en 2011 et en 2013. Selon l’institut de recherche AfroBaromètre, la Namibie compte ainsi parmi les quatre pays du continent africain les plus tolérants vis-à-vis de l’homosexualité  : 55% des Namibiens ne seraient pas dérangés d’apprendre que leurs nouveaux voisins sont homosexuels. Ils sont 56% au Mozambique, 69% en Afrique du Sud, et 74% au Cap-Vert.

« Nous sommes toujours des citoyens de seconde classe »

Il reste cependant beaucoup de chemin à parcourir. Fridel Dausab déplore qu’un nombre important de personnes n’osent toujours pas faire leur coming-out. « C’est plus facile pour les jeunes et les nouvelles générations. Mais pour les plus âgés, c’est quasiment impossible : ils ont peur de perdre leur travail, leur famille, leurs amis… La société change lentement. »

En janvier dernier, un membre connu de la communauté trans a été attaqué au beau milieu d’un restaurant et les assaillants n’ont toujours pas été retrouvés. « Dans les villes, les choses se passent mieux. Mais même ici, les LGBT sont souvent diabolisés, déshumanisés, et traités de malades… Le gouvernement et les leaders religieux en profitent aussi pour nous traiter comme des boucs émissaires, et ne sont pas encore prêt à changer les lois homophobes. Nous nous sentons toujours comme des citoyens de seconde classe. »

Grâce à cette première Pride, l’association OutRight Namibia a réussi à lever des fonds. Ils seront utilisés pour la construction d’une « safe house » dans la capitale, laquelle permettra d’accueillir les personnes LGBT en danger et de leur offrir des soins.

 

Photographies : Courtesy of OutRight Namibia

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