Les 5 cérémonies de mariage LGBT qui ont marqué l'histoire de la télé
Culture

Les 5 cérémonies de mariage LGBT qui ont marqué l'histoire de la télé


Certain·e·s n’ont pas attendu la loi Taubira pour (simuler de) se marier en grande pompe et surtout à grand renfort de caméras. Symboliques, humoristiques et/ou militantes, voici 5 cérémonies qui ont marqué l’histoire de la télévision française.

La semaine dernière, nous vous parlions des publicités LGBT-friendly qui ont marqué l’histoire de la télévision française. La représentation des LGBT à la télé est un miroir de la représentation des LGBT dans la société. Cette semaine, place aux cérémonies de mariage télévisées. Avant l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, plusieurs mariages symboliques, humoristiques ou militants (et souvent les deux), ont marqué les ondes hertziennes.

 

Le pastiche de Coluche et Le Luron

Le 25 septembre 1985, 28 ans avant l’adoption du mariage pour tou·te·s, Coluche et Thierry Le Luron s’unissent « pour le meilleur et pour le rire » devant les caméras. Entourés de drag queens, les deux humoristes n’ont pas l’ambition de faire de cette cérémonie un acte militant en faveur de l’égalité des droits. Leur mariage est un pastiche de celui d’Yves Mourousi et de Véronique d’Alençon, une manière de ridiculiser ce qu’ils considérent comme un mariage bidon. En effet, Yves Mourousi, alors présentateur vedette du 20 heures de TF1, est connu pour fréquenter assidûment les bars gays parisiens. Sous couvert d’une blague, Coluche et Le Luron raillent donc l’hypocrisie à se fabriquer une couverture hétérosexuelle.

Mort des suites du sida un an plus tard, Thierry Le Luron n’a quant à lui jamais évoqué publiquement son homosexualité. Plus de 25 ans après sa mort, sa sœur aînée, Martine, plubliait l’ouvrage La vie est si courte, après tout (Retrouvailles avec Thierry) où elle évoque la liaison de son frère avec le danseur brésilien Jorge Lago.

 

Bègles, un mariage symbolique militant

Le 5 juin 2004, le premier mariage civil d’un couple homo est célébré dans la mairie de Bègles, en toute illégalité. Noël Mamère, le maire écologiste de l’époque, a décidé d’enregistrer à l’état civil l’union de Stéphane Chapin et Bertrand Charpentier. Lors de la cérémonie symbolique, à l’extérieur de la mairie, des dizaines de manifestants (dont Philippe de Villiers) opposés à cette célébration scandent des slogans homophobes. Des militants d’Act Up sont également présents pour contrer ces clameurs insultantes. Dix jours plus tard, Noël Mamère est suspendu de ses fonctions pour un mois.

En 2007, cette union est finalement annulée en appel, puis en cassation. La même année, les mariés saisissent la Cour européenne des droits de l’Homme. Neuf ans plus tard, cette dernière rend une décision défavorable, arguant que « les États demeurent libres (…) de n’ouvrir le mariage qu’aux couples hétérosexuels, et qu’ils bénéficient d’une certaine marge d’appréciation pour décider de la nature exacte du statut conféré par les modes de reconnaissances juridiques. » Leur avocate, Caroline Mecary, regrettait alors que la Cour n’ait pas considéré l’impossibilité de se marier comme étant discriminatoire. Le mariage de Bègles aura permis d’ouvrir le débat et de pointer médiatiquement du doigt cette inégalité entre les hétéros et les homos.

 

Mariage lesbien à Notre-Dame de Paris

Un an après la mariage de Bègles, le 5 juin 2005, l’association Act Up organise un faux mariage lesbien. Une vingtaine de militant·e·s , dans l’allée centrale de la cathédrale Notre-Dame, célèbrent ce mariage devant le regard médusé des fidèles. « Benoit XVI homophobe, complice du sida », scandent les militant·e·s.

Dès le lendemain, le recteur archiprêtre de Notre-Dame, Mgr Patrick Jacquin, porte plainte contre X pour « violences volontaires en réunion ». Il dit avoir été blessé lors des heurts survenus entre le service d’ordre de la cathédrale et les manifestants. Côté Act Up, les militant·e·s dénoncent la violence d’une dizaine de personnes du service d’ordre.

En 2007, le recteur obtient gain de cause et l’unique euro de dommages et intérêts qu’il réclamait. Même si la procédure pénale est classée sans suite, le recteur décide de se tourner vers le civil. Le tribunal de grande instance de Paris estime que le « simulacre de mariage religieux (…) a porté atteinte » à la liberté religieuse et au libre exercice du culte.

 

Deux élues pour un mariage symbolique

Novembre 2012. François Hollande a été élu président de la République et son 31e engagement, qui promettait l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe, arrive à l’Assemblée nationale. Les deux vice-présidentes EELV du Conseil régional du Nord Pas de Calais, Sandrine Rousseau et Majdouline Sbaï, décident d’organiser une mariage symbolique dans le cadre de la marche lilloise pour l’égalité des droits. Elles sont « mariées » par Lise Daleux, une autre élue écologiste. Le happening se veut à la fois comique et politique. La présence d’autres élus permet de prouver que nombre d’entre eux, qui sont de fait officiers d’état civil, n’aura « aucun problème » à marier deux personnes du même sexe.

 

Vincent et Bruno, les premiers mariés

Le 17 mai 2013, la loi sur la mariage pour tou·te·s est promulguée au Journal officiel. Douze jours plus tard, le premier mariage est célébré à Montpellier. Vincent Autin et Bruno Boileau se disent « oui » devant les caméras du monde entier. La cérémonie est diffusée en direct sur plusieurs chaines d’information en continu. « Ce jour vous l’avez rêvé, et ce jour devient une réalité. Vincent, Bruno, nous allons, vous allez vivre un moment historique. Un moment historique pour notre pays, pour notre République », énonce Hélène Mandroux, la maire PS de la ville qui préside la cérémonie.

À l’extérieur du bâtiment, comme neuf ans plus tôt à Bègles, des militants anti-mariage pour tous lancent des feux de Bengale en signe de protestation.

 

Entre mai 2013 et décembre 2016, près de 33.000 mariages de couples de même sexe ont été célébrés, soit près de 3% de l’ensemble des mariages civils. Et la « colère de Dieu » ne s’est toujours pas abattue sur la France…

  • jay

    Que la colère de Dieu s’abatte sur où qu’ils veulent n’est rien comparé à l’immensité divine qu’ils sont persuadés qui vit en eux, leur permettant de dicter et décider le sort d’êtres faits strictement pareil qu’eux… A la différence que les gays n’ont pas de coeur (ne valent rien, quoi, et c’est mondialement reconnu) alors qu’Hitler et ses descendants d’esprit oui… N’est-il pas vrai cela ?

  • patrick raffin

    Et le mariage gay dans Plus belle la vie ?

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