Culture

Qui se cache derrière "In a heartbeat", le court-métrage gay phénomène ?


In a Heartbeat, le court-métrage qui a fait chavirer les cœurs du monde entier, compte 24 millions de vues à l’heure où nous écrivons cet article. Ses créateurs sont revenus sur l’histoire du projet.

C’est une première pour leur école : 24 heures à peine après la mise en ligne de In a Heartbeat, le compteur YouTube affichait déjà 10 millions de vues. Une popularité telle que de nombreux magazines américains lui ont consacré un article, de même que la presse internationale et notamment française (dont TÊTU, bien évidemment).

Dans une interview au magazine LGBT américain Advocate, les créateurs du court-métrage, Beth David et Esteban Bravo, sont revenus sur l’histoire derrière l’élaboration de In a Heartbeat.

À la base, une histoire entre un garçon et une fille

Tout a commencé il y a près d’un an et demi. À l’époque, ils sont tous les deux étudiants à l’université Ringling de Floride, spécialisée dans l’animation en 3D, et ils préparent leur mémoire, sous forme de court-métrage. À l’époque, les deux font équipe avec une troisième personne, Hannah Lee, et ont déjà l’idée de faire figurer un cœur qui n’en fait qu’à sa tête… pour une histoire d’amour hétérosexuelle.

Mais leurs professeurs leur déconseillent ce scénario. Hannah Lee décide alors de travailler de son côté (vous pouvez d’ailleurs retrouver son court-métrage ici), Beth et David s’accrochent à leur idée de départ et y ajoutent un détail : l’histoire d’amour sera centrée autour de deux garçons. Cette fois, ils reçoivent le feu vert de l’équipe enseignante.

In a heartbeat film d'animation gay

Inspiré de faits réels

Ce n’est pas pour rien s’ils ont choisi ce tropisme homo : Beth est lesbienne et Esteban gay. Les deux étudiants se sont inspirés de leur propre vécu pour construire le personnage de Sherwin :  » Nous avons beaucoup parlé de ce que c’était de grandir en tant que LGBT « , raconte Esteban Bravo.  » Heureusement pour moi, je n’ai jamais eu à vivre ce que Sherwin vit avant de pleinement m’assumer en tant qu’homosexuel, mais je sais que cette possibilité m’effrayait « .

Enfants, tous les deux ont été scolarisés dans des écoles catholiques privées. Cette période les a tous deux marqué et a influencé certains aspects du film, à l’instar des uniformes d’écolier qui apparaissent dans In a heartbeat. Pour coller au plus près au réel, ils sont même allés prendre des photos du lycée où était inscrite Beth afin de le modéliser et de l’inclure dans leur film.  » L’entrée de mon lycée et celle de l’école de Sherwin et Jonathan est quasiment la même « , confirme Beth.

Le début de la gloire

En décembre 2016, alors qu’ils poursuivent leur travail sur In a Heartbeat, Beth et Esteban découvrent le travail du compositeur Arturo Cardelús, un professionnel habitué des grosses productions, mais qui aime tant le projet qu’il accepte de faire la bande son du court-métrage. Seul problème : Beth et Esteban n’ont pas l’argent nécessaire pour l’embaucher. Qu’à cela ne tienne, ils lancent un Kickstarter en espérant réunir assez d’argent pour pouvoir embaucher Arturo et un ingénieur du son. Ils ont pour objectif de récolter 5 000 $; en moins d’un mois, grâce au bouche à oreille et à un engouement incroyable de la part de la communauté LGBT, ils récoltent 14 191 $. La popularité de In a Heartbeat ne fait que commencer…

 

in a heartbeat jonathan sherwin animation

Beth et Esteban ont tous les deux reçu leur diplôme en mai dernier et In a Heartbeat a même été diffusé lors d’un best-off de toutes les créations étudiantes de leur université. Une chose est certaine : tous les deux souhaitent à nouveau unir leur talent.  » Nous avons vraiment adoré travailler sur ce projet et nous envie de continuer dessus « . Pour un long métrage que les fan espèrent tant ? Beth et David n’ont encore rien précisé.

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