Sexo/Psycho

"Grandir gay" : le film qui explique que les LGBT sont plus vulnérables en santé mentale


Dans un documentaire (en anglais) très sensible, la jeune pop star Olly Alexander explore pour la BBC la vulnérabilité des personnes LGBT, et se confie sur sa longue histoire personnelle avec la dépression.

On le connait comme chanteur phare du groupe anglais Years And Years – grâce auquel il a célébré les identités queer et parlé ouvertement de son homosexualité. Olly Alexander est aussi à l’origine du documentaire Growing up gay, dans lequel il donne la parole à d’autres jeunes qui connaissent comme lui, des problèmes d’anxiété ou des troubles de l’alimentation.

Je veux comprendre ce que le fait d’avoir « grandi gay » a eu comme impact sur moi.

En partant de son journal intime, il se replonge dans les moments les plus sombres de ses dernières années. Difficultés à vivre ses émotions, sentiment d’exclusion, destruction par la privation de nourriture : Olly confesse sa lente descente dans la dépression. Il va à la rencontre de son passé, retrouve son amie d’enfance et découvre des jeunes LGBT ayant des problèmes de drogue ou d’alcool, en lien avec leur sexualité ou leur identité de genre, mais surtout en lien avec les LGBTphobies.

La honte qui s’abat sur nous en tant que jeune a des conséquences majeures sur les individus que nous sommes.

Youth Chances (« Les chances de la jeunesse »), une étude de 2015 effectuée à la demande du groupe Metro par l’université de Greenwich en Grande-Bretagne, montre que les jeunes LGBT de 16 à 25 sont 42 % à avoir fait appel à une aide médicale en raison de problèmes psychologiques comme l’anxiété ou la dépression, contre 29% pour les jeunes hétéros cisgenres. 44 % de ces jeunes LGBT ont des pensées suicidaires (contre 26 % chez les hétéros)  et 52 % se sont déjà automutilés (35 % chez les hétérosexuels). Ceux qui ont une tendance a l’homosexualité ont cinq fois plus de risque de se suicider.

C’est plus globalement les effets du « stress du minoritaire » que met en lumière ce documentaire, un concept qui commence à gagner du terrain dans l’approche du traitement des maladies psychologiques. Les effets collatéraux du bullying (harcèlement) dont sont victimes les minorités comme les LGBT, peuvent conduire à des situations de dépression, d’addiction et de prise de risque, comme dans la sexualité… Olly insiste dans son docu sur l’importance du regard d’une société, et d’une micro-société comme l’école par exemple, sur le développement personnel des individus et surtout sur l’opprobre très tenace qui pèse encore aujourd’hui sur les personnes trans (tant par la loi que par la psychiatrisation des parcours).

Bien que légalement, nous pouvons nous sentir bien dans la mesure où nous sommes sortis du placard, il reste encore beaucoup à faire, en particulier lorsqu’il s’agit de protéger les personnes trans. Elles et ils ne sont pas protégés dans de nombreux endroits, comme sur le lieu de travail, et nous devrions tous lutter pour cela. Mais aussi pour changer les attitudes des gens, ce qui est une bataille encore plus difficile.

Inclus dans le vaste programme « Gay Britannia », ce projet marque le 50e anniversaire de la décriminalisation de l’homosexualité en Grande-Bretagne (Angleterre et Pays de Galles uniquement). Le documentaire est disponible en replay sur les site de la BBC et sur Youtube (en anglais).

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Interview : Years & Years : « Ça devient politique par le fait qu’Olly est un jeune gay qui écrit sur ce sujet »

  • Marcel Chaussee

    j’ai 73 ans je suis gay depuis toujour et suis toujour rejete parceque je suis marie et mon anxiete de plus en plus dur

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