Le visage de la Gay Pride jamaïcaine a été poignardé à mort son domicile
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Le visage de la Gay Pride jamaïcaine a été poignardé à mort son domicile


« Il est temps de faire partie du changement, pas seulement le temps de la Pride mais de manière permanente », déclarait Dexter Pottinger l’année dernière.

Dexter Pottinger visage de la Gay Pride Jamaïque
@EqualityJa/Twitter

 

Il était mannequin, couturier, star de la télé et portait haut et fort les couleurs de l’arc-en-ciel sur l’île du reggae. Dexter Pottinger, 34 ans, a été retrouvé mort chez lui à Kingston, la semaine passée. Des voisins auraient entendu des cris dans la nuit du mercredi au jeudi 31 août et son corps poignardé fut été retrouvé chez lui le lendemain soir, rapporte le Jamaica Observer. Sa voiture, sa télévision et son smartphone auraient également été volés.

La piste d’un meurtre homophobe n’est ni écartée ni infirmée, ses amis craignant que son homosexualité ne soit la raison du crime, et un premier suspect a été incarcéré ce week-end.

Dexter Pottinger visage de la Gay Pride Jamaïque
@PRIDEJAMagazine/Twitter

Icône fashion

Ancien mannequin chez Saint International plus tard signé dans une agende londonienne, Dexter surnommé « 3D » Pottinger sortit sa toute première collection en 2001. Ses nombreuses années dans l’industrie de la mode l’avait porté haut dans la sphère culturelle jamaïcaine et les médias locaux le définissait volontiers comme un couturier et styliste international.

À ce titre, il avait participé à plusieurs show télé jamaïcains à l’instar du télé-crochet Make Me A Star ou de l’émission Glam Gazette.

Dexter Pottinger visage de la Gay Pride Jamaïque
@Smilejamtvj/Twitter

Icône gay

Selon un de ses amis cités par Gay Star News, il restait toutefois discret vis-à-vis de sa sexualité car il craignait pour sa sécurité. Cité parmi les endroits les plus homophobes de la planète par le Time Magazine en 2006, la Jamaïque punit jusqu’à 10 ans prison le sexe entre hommes. Nonobstant les persécutions, Dexter Pottinger avait accepté d’incarner le « visage de la Pride » 2016 de Jamaïque pour crier plus fort les revendications de l’association J-FLAG qui lutte pour la défense des minorités sexuelles dans le pays.

« J’espère que ma participation montrera aux membres de l’association qu’il est possible de faire son coming-out dans un environnement dénué de violence, déclarait-il alors à Jamaica Gleaner, de prendre conscience qu’il est temps de faire partie du changement – pas seulement le temps d’une semaine [qui correspond à la durée de la Pride] mais de façon permanente, en tant que communauté. » De son côté, l’association LGBT avait défendu son choix « à cause de son succès, de son sens de la fierté et de la communauté, et d’un autre gros facteur : qu’il réside en Jamaïque. »

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Lors d’un Facebook Live amateur pour cette dernière, le designer confiait avec pudeur que l’un des moments les plus forts de sa vie avait été lorsque sa mère et toute sa famille « l’avait accepté » (sic.).

Dexter Pottinger visage de la Gay Pride Jamaïque
JAPride2017 –
@EqualityJa/Twitter

« Rest in power »

Depuis l’annonce de son décès, les épitaphes sur la toile se multiplient. Le média LGBT jamaïcain Pride JA Magazine salue sur Twitter une « véritable icône de la mode [qui a] inspiré notre génération, qui a poussé les limites et qui a ouvert la voie à d’autres pour briller » tandis que la ministre de la Culture, du Genre, du Divertissement et des sports, Olivia Grange, a félicité l’« importante contribution à l’industrie de la mode jamaïcain » de cet « artiste exceptionnel ». D’anciens collaborateurs ou amis continuent de partager leurs moments passés avec cet « esprit libre ».

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Couverture : crédit photo @EqualityJa/Twitter

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