Ces personnalités qui ont servi de modèles aux LGBT (Témoignages)
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Ces personnalités qui ont servi de modèles aux LGBT (Témoignages)


Nous avons demandé aux internautes LGBTQI de TÊTU de se souvenir de leurs premiers « role model », des personnes qui leur ont servi de « modèles » rassurants, inspirants, célèbres ou anonymes.

Ce sont parfois des personnalités out, dans la vraie vie ou dans les séries télé, parfois des hétéros-friendly qui renvoyaient une image de fierté, de liberté et d’acceptation de leurs ambiguïtés, voire des anonymes bienveillants… Certaines réponses étonnent, et montrent le besoin de s’accrocher parfois à un exemple, parfois à ce manque criant de représentations… Voici les témoignages de nos internautes.

 

Les personnalités out sont bien sûr très inspirantes.

Guillaume L. : Ça va paraître peut-être bête mais le coming-out de Ruquier m’avait clairement fait beaucoup de bien.

Pour Arnaud C. : Je crois que sans les avoir spécialement considérés comme modèles, Bertrand Delanoë et Amélie Mauresmo ont beaucoup fait pour me faciliter la vie, vraiment. Ils ont fait leur coming-out dans les mêmes années que moi et je ne sais pas si ça aurait été aussi facile sans eux. Facile pour moi d’être out et facile pour les autres que je le sois.

Kacem : Ayant grandi dans un pays où l’homosexualité est pénalisée et étouffée (malgré ce qu’on pense), l’idée d’une figure LGBT n’existait pas vraiment avant un certain moment. On était sa propre figure car les autres que je découvrais homosexuels (souvent par accident), comme Rimbaud, Elton John ou George Michael, ne correspondaient pas forcement à la culture dans laquelle j’avais grandi. Mais vers mes 17 ans j’ai découvert Will & Grace : les personnages de Jack et Will étaient hyper inspirants car j’avais l’impression que c’était des gens de tous les jours.

Benjamin M.R : À l’époque c’est toute la clique de Good as you sur Canal Jimmy (2001). Sinon Gaultier, Galliano, Lagarfield, Pierre et Gilles, Elton John, Georges Michael. Les films de Pasolini et Cocteau.

La photographe Marie Rouge cite Peaches et Beth Ditto (« bon et aussi Indochine pour leurs chansons gay friendly mais j’assume moins »), Sylvi-e F-M se remémore Catherine Lara (qui a fait son coming-out en son temps) ou l’écrivain Yves Navarre et plus particulièrement son roman Le jardin d’acclimatation : « Il a été très décisif pour moi ». Pour Rebecca Chaillon : les films Sex crimes, Sex intention et le personnage de Willow dans Buffy contre les vampires !

Pour Noah, 21 ans, c’est plus étonnant, mais il s’agit de Cindy, candidate de la saison 3 de Secret Story : « première LGBT que j’ai dû voir à la télévision et qui m’avait montré que je n’étais pas seul à aimer le même sexe, et que ce n’était clairement pas grave ! »

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Mais les « friendly » ou les « ambigus » sont tout aussi sources de confiance en soi.

Christian A. : Des mecs am(bi)gus dont certains pas assumés d’ailleurs, voire même straight pour certains : Bowie, Brian Ferry, Phil Oakey, Pete Burns, Morrissey, Daho, Oscar Wilde, Cary Grant & tous les brushing boys des Duran Duran & co.

Pour Shania T. :

Le film Velvet Goldmine, Bowie et surtout Brian Molko de Placebo : les deux premiers albums, les paroles de « Nancy boy », « Hang on to your IQ », « Burger Queen », « My sweet prince »… Bowie et Molko sont deux chanteurs non-homosexuels qui ont pourtant eu une immense influence par leur discours, les valeurs qu’ils ont toujours défendues, les looks, sur les gays.

Stéphane T.  se souvient aussi de Claude Vega : « Ce n’était pas à franchement parler un role model mais plutôt une sorte d’OVNI dans le paysage en noir et blanc de la télé des années 70. »

 

Les films et les séries sont très bien représentés dans le panthéon de nos héros intimes.

Fabien : Ricky Vasquez dans Angela 15 ans / Le film Pourquoi pas moi ? avec Bruno Putzulu et Julie Gayet … Et je fantasmais sur Dennis Rodman à poil sur sa bécane (pour la couverture d’un livre)…

Pour Conrad, 24 ans et de Genève, c’était Chris Colfer, dans la série Glee : « c’était la première fois que je voyais quelqu’un de pas trop cliché qui me correspondait totalement ».

Matthieu, 36 ans, de Bruxelles : « La série télévisée The L Word, de manière générale. C’est en découvrant au fil des jours leurs aventures que je me suis rendu compte que ce que je ressentais pour les individus de même sexe que moi était tout à fait naturel ».

 

Des militants, aussi, pour certains. Florian, de Nantes, raconte : « À 18 ans, dans ma chambre, chez mes parents, à la campagne, je venais d’acheter mon 1er TETU, je lisais les articles un par un et découvrait Didier Lestrade ». Madjid Ben Chikh se souvient de Guy Hocquenghem et Jean-Louis Bory, « pour la nécessité d’être out. Résultat j’étais out à 14 ans, au collège dans le 93, à Bondy ».

Ou des Youtubeurs : A. de Metz cite Mark E, Tneut cite PL Cloutier. Johnny.H de Metz confie que c’est Jeremstar : « Je l’ai connu sur Snapchat et grâce à lui, je me suis libéré d’un poids lourds qui m’a permit de m’affirmer enfin ».

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Et il y a aussi les anonymes…

Nicolas M. se souvient d’un prof à l’école d’archi en 1992, responsable des « première année », qui le premier jour de cours en amphi a dit : « oui je suis pédé, on peu passer a autre chose ? » :

Il était fabuleux : crâne rasé, piercing aux oreilles et chaîne pour le portefeuille sur le jean ultra-serré ! Il m’a appris que l’on peut être pédé et out, et que cela ne pose pas de problème dans la vie professionnelle.

Pour A., 17 ans, ce fut : « Mika, une fille en vacances m’as dit qu’il était ‘pd jusqu’à la moelle’ et c’est devenu une idole pour moi ». Pour Thomas, 27 ans, de Montreal : « Ma meilleur amie qui était en couple avec une autre fille lors de notre rencontre ».

Jules, 22 ans, de banlieue parisienne : « Mon premier role model fut mon oncle. Même si nous sommes totalement différents, je sais que son coming-out a facilité ma vie et je sais qu’il m’a énormément aidé à m’assumer. Je rêvais un peu de sa vie de gay parisien, moi qui vivais en Normandie ».

Pour François S., cette question fut l’occasion d’un introspection :

Un jour, dans mes pensées, j’ai utilisé le mot « piaf » pour signifier « oiseaux ». Je me suis immédiatement dit que mon père avait cette habitude et que j’avais imité sa façon d’utiliser certains mots, certaines expressions. Or, depuis plusieurs semaines, je suis convaincu que mon père avait aimé un homme, un certain François dont il voulait absolument que je porte le prénom. Mon père était certainement « dans le placard » comme je l’ai été durant une cinquantaine d’années.

Pour bien enfoncer le clou, j’ai effectué mon coming-out auprès de mes enfants puis en public et en devenant membre du CA de Bi’Cause en 2013, l’année où j’ai dépassé l’âge que mon père avait atteint. Le hasard a voulu également que mon élection au CA de Bi’Cause ait lieu le jour de son anniversaire de naissance…

J’ai repensé à la question que posait TÊTU quelques jours auparavant. On nous demandait si nous, HSH (hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes), avions eu une idole où un modèle durant nos jeunes années. J’avais été incapable d’y répondre autrement qu’en citant Louise Michel. Car s’il existe bien une personne que j’aurais aimé être, c’est elle…

Mais ce matin j’ai la réponse à ta question Jeremy : C’était mon père.

 

Beaucoup ne citent « aucun » modèle, ce qui en creux nous renseigne sur l’insuffisance de représentations pour les LGBTQ.

Pour A. 29 ans, qui vit à la Réunion : « Je n’ai pas ce genre de souvenir. Je me suis senti pleinement gay depuis le plus jeune âge, et je n’ai pas le souvenir d’avoir dû me « rassurer ». Je lisais Gai Pied, qui m’a fait prendre conscience de ce que j’étais ».

Pour Hadrien, de Chinon :

Je ne me souviens d’aucune personnalité connue ou non qui soit LGBTQI dans mon enfance, je crois que je ne savais pas que c’était possible d’être autre que hétéro ». Idem pour Mathieu de Lyon : « Je ne me souviens malheureusement pas de personne LGBT qui m’ait servi de modèle. Il y a beaucoup plus de célébrités ‘out’ maintenant, je pense que c’est rassurant pour les jeunes.

Alain, de Paris : Aucun, même en fouillant je n’en trouve pas. Je n’ai jamais considéré mon premier ami gay (ami depuis nos 16 ans) comme rassurant, mais peut-être qu’au fond ça me rassurait de connaitre un autre homo a l’époque.

Artyon, 21 ans, de Toulouse : Je ne connais pas d’autre femme cisgenre en couple avec une femme transgenre (surtout en cours de relation), alors je n’ai pas vraiment de modèle qui me corresponde entièrement.

 

C’est Mika Circle qui pose la question de fin, qui permet de s’interroger sur nos besoins (sans y apposer de réponse valable pour tous et toutes) :

Être LGBTQ, n’est-ce pas un peu se construire sans modèle ? Vous avez 2h…

 

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