Djamel Mazi, l’élégant du « hard news » se confie à TÊTU
Beaux Mecs

Djamel Mazi, l’élégant du « hard news » se confie à TÊTU


Chez TÊTU nous aimons toutes les diversités. Et tous les beaux garçons. Deux raisons déjà suffisantes pour papoter avec Djamel Mazi, visage connu des chaines d’info depuis quelques années, qui a élégamment présenté les éditions nationales des journaux télévisés de France 3 au mois d’août dernier.

Djamel Mazi est l’animateur de la tranche 11-13h sur franceinfo, canal 27. Et également parrain de la promotion 2017/2018 de la Prépa égalité des chances de l’École supérieure de journalisme de Lille / Bondy Blog. Nous l’avons rencontré au cœur du « chaudron » de franceinfo télé, encore chaud de l’actualité du jour (vendredi 29 septembre) : on attend d’une minute à l’autre qu’Emmanuel Macron signe les ordonnances de la loi Travail…

 

Comment êtes-vous arrivé au « hard news » des chaînes infos ?

J’ai commencé des études de droit à Cergy-Pontoise, puis deux ans à l’école de journalisme de Paris au CFPJ, en alternance je travaillais aux magazines d’information de M6. J’étais l’assistant de Bernard de la Villardière, au début d’Enquête Exclusive, et au « 6 minutes », avant la création du 19:45. J’étais correspondant dans le Nord, la Belgique et les Pays-bas, je tournais, montais les sujets…

 

Comment êtes-vous arrivé à la présentation ? Être pas trop moche, grand et élégant, ça a aidé ?

Ça, je laisse les autres le dire… Je suis arrivé par le travail de l’image… Déjà petit je bricolais avec un caméscope…  J’ai quitté M6 pour revenir à Paris, je suis arrivé chez iTélé, sur le terrain puis en remplacement de certaines éditions spéciales. À la création de franceinfo (la télé), on m’a appelé pour la présentation…

 

 

Vous avez toujours, et depuis assez jeune, été engagé sur les sujets de société.

J’étais conseiller municipal des jeunes d’Argenteuil pendant deux ans, à 15-16 ans, puis conseiller régional des jeunes d’Île-de-France. L’engagement est fort déjà, à cet âge-là. En 2005, à Argenteuil, je rejoins l’association BBR (Bleu, Blanc, Rouge), nous interpellons Nicolas Sarkozy alors ministre de l’Intérieur sur la dalle, venu nous traiter de racailles… Il y a eu des échanges, constructifs. On a créé cette association pour apporter des solutions à notre quartier. Mais dès que ça a pris un tournant trop politique, j’ai arrêté pour éviter la récupération. Je voulais juste être efficace, concret, pas servir la soupe à quiconque… Il ne faut pas se fier à un site lié à l’extrême droite qui diffuse des éléments de parcours d’un homonyme.

En 2012, j’ai crée Citoyens visibles (produit par Fremantle), une série de courts-métrages qui retraçent l’histoire de personnes issues de la diversité et ayant marqué l’histoire de France : Joséphine Baker, Alexandre Dumas, André Citroën, Gaston Monnerville, le chevalier de Saint-George… entre autres. Des personnalités parfois oubliées qui sont d’origine immigrées, et qui ont grandement contribué à la France…

Sur France Télévisions, il y a une volonté, avec une vraie politique assumée de montrer la diversité, toutes les diversités. Comment se traduit-elle dans les faits ?

C’est le service public, donc il faut rendre des comptes aux actionnaires qui sont les Français, qui paient la redevance. Il faut aussi que la télévision soit le miroir de la société, c’est mon combat de toujours. Quand on voit les parcours, les visages, à franceinfo, ça se sent. Et aussi le fait que l’on soit implanté dans les Outre-mers, ce qui n’était pas le cas des autres chaînes pour lesquelles j’ai travaillé. Il y a une place nette qui est faite aux personnes handicapées, même à l’antenne.

NDLR : L’actualité reprend ses droits et le journaliste sa veste d’homme-tronc, pour commenter l’arrivée d’Emmanuel Macron à la table de signature des ordonnances. La petite équipe de 6 personnes organise la tranche d’info de la mi-journée (le 11-13h). Il ne faut pas rater les événements, les décrypter, ensuite, le tout en direct, sans filet, parfois sans invité et sans trop de moyens, les chaînes France 2 et France 3, dites « premium », restant prioritaires… On est dans le contrôle de l’image, avant tout. 40 minutes plus tard, il revient…

 

On en était où ?

Je pense qu’il faut que la diversité s’entende au sens très très large : parité, origine, handicap, et même orientations sexuelles, même si cela regarde les gens. Mais je m’aperçois, en connaissant les gens, que rien n’est un frein.

 

Mais quand on a une volonté de faire avancer les choses, la diversité est surtout utile quand elle est visible. Une personne en chaise roulante, quelqu’un qui dit qu’il est gay, ou quelqu’un qui est gros, que ça ne les freine pas dans leur travail…

Il y a des gens qui n’aiment pas mettre ça en avant, qui considèrent que c’est de l’ordre de l’intime. Tout comme la politique ou la religion. Et c’est louable en soi… Notre métier, surtout à la présentation des JT, c’est d’être réservé sur ce qu’on est.

Djamel Mazi à l’antenne de 11h – 13h00 (Nouvelle Tranche de la rentrée 2017)

 

Sauf quand on est plus « éditorialiste », ou plus engagé dans le débat… Est-ce que ça vous titille, au vu de votre envie de faire bouger les choses, de parler davantage en votre nom ?

Je ne sais pas encore de quoi la vie sera faite, ça dépendra de mon parcours personnel. Moi je veux avoir cette liberté de traiter l’actu au sens large, de toucher à tout sans être mis dans une case, ce qui est assez enfermant.

 

Mais il y a toujours une façon de présenter les choses… Même quand on présente un lancement, non ?

J’essaie d’avoir un style direct, sans tics. J’essaie juste de bien amener les gens vers l’info, puis vers la soirée. On est plus dans l’interprétation sur France 3, on est autant accompagnant, intermédiaire, pédagogue que journaliste dans cet exercice.

Je donne de l’importance à la mise en perspective de l’info, n’être que passe-plat c’est pas très intéressant. Alors je mets un peu de couleur, un peu d’info.

 

Quand on voit les plateaux (à la télé en général) sur les sujets tels que la PMA en ce moment, il y a souvent plus de contre que de pour (et souvent davantage d’hommes qui donnent leurs avis sur les couples de femmes). Comment faire pour ne pas s’engager lors de ce genre de débat, et pour respecter les équilibres dans les prises de paroles ?

C’est très important, il ne faut pas orienter par le nombre et le temps de parole. S’il m’était donné de le faire, je laisserai entendre les deux camps. À France télévisions, on nous demande de faire attention à cela, on nous suggère des noms pour diversifier les experts. Il y a eu des études qui ont montré que ce sont en grande majorité des hommes qui prennent la parole, et c’est vrai que parfois, dans l’urgence, on n’arrive pas à avoir la parité absolue. Peut-être que certaines femmes n’arrivent pas à se libérer, en raison des enfants… Mais c’est vraiment très présent à notre esprit.

Le garde-fou, pour nous, c’est le CSA, qui fait un rapport sur la diversité et la parité à l’antenne. Et il faut bien sûr continuer.

 

Le site « Expertes.fr » recense les professionnelles selon leurs champs de compétences. L’association des journalistes LGBT (AJL) regroupe des journalistes LGBT qui peuvent aussi prendre la parole sur les sujets qui les concernent. Ils ont d’ailleurs produit un guide pour les journalistes, des conseils pour bien traiter ces sujets…

Je ne connaissais pas ces sites, j’irais voir. La question se pose souvent, en rédaction, pour savoir comment bien traiter, par exemple, dire il ou elle en parlant d’une personne trans. En demandant directement à la personne, on règle le problème, plutôt que d’utiliser un prénom démonstratif, « cette personne », les gens ne sont pas des objets. C’est beaucoup plus humanisant…

Adrien Rohard (qui faisait son coming-out public dans TÊTU en 2015, ndlr), présente l’instant module sur franceinfo TV, qui aborde souvent les thématiques LGBT. Je me souviens d’avoir lancé un module sur l’évolution de l’homosexualité à la télé : l’idée ce n’est pas d’influencer les opinions mais de montrer comment on pensait il y a 50 ans et comment on a évolué… et d’imaginer comment on pensera dans 50 ans !

 

À VOIR ICI :

60 ans en vidéos : Quand la télé caricaturait (un peu trop) les homosexuels

 

Est-ce que vous lisez TÊTU ?  Un mot pour les lecteurs ?

Malheureusement, je n’ai pas le temps, je dois déjà lire beaucoup de presse tous les jours, pour le travail… Mais parfois je vois des articles intéressants passer sur Facebook et je les lis ! Mais il faut soutenir la presse écrite, le pluralisme, c’est essentiel. Promis, je l’achèterais !

 

 

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