Un an après Trump, les États-Unis élisent 7 représentant·e·s trans
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Un an après Trump, les États-Unis élisent 7 représentant·e·s trans


Dans la nuit du 8 au 9 novembre, Danica Roem a renversé le mandat d’un Républicain transphobe au poste de législatrice d’État. Elle est la première personne ouvertement trans à décrocher ce titre. Six autres élu·e·s trans ont donné à cette nuit d’élection sa qualité historique.

La bataille qui opposait Danica Roem, 33 ans, à Robert G. Marshall, 73 ans, pour représenter une circonscription à l’Assemblée générale de Virginie qui vote les lois locales à l’échelle de l’État, a été suivie de près. D’un côté, une journaliste trans défendant une politique de justice sociale et soutenue par l’ancien vice-président, Joe Biden, de l’autre un politicien conservateur en poste depuis 26 ans qui avait tenté de faire passer une loi (House Bill 1612) empêchant les étudiant·e·s trans de se rendre dans les toilettes publiques correspondant à leur genre vécu (en somme, envoyer les femmes trans chez les hommes et inversement). Pendant la campagne, ce-dernier s’était d’ailleurs obstiné à mégenrer son adversaire (la désigner par des pronoms masculins). Position haineuse et autoproclamation de “chef homophobe” qui a peut-être sanctionné sa défaite : Danica Roem a remporté 55% des voix, raflant le siège en assemblée locale de même que le titre, pour un mandat de deux ans, de législatrice d’Etat.

Un crépuscule bleu, blanc, rose

“Let’s celebrate !”, s’écrie aujourd’hui Clémence Zamora Cruz sur Facebook. La sentence lancée par la porte-parole de l’Inter-LGBT vibre à juste titre. “À cet instant on a sept (oui sept!!) personnes trans élues !” Car à mesure que les États-Unis dépouillaient les bulletins de vote des élections locales, d’autres sont venu·e·s s’ajouter à cet instant historique : Andrea Jenkins, qui a gagné un siège au Conseil municipal de Minneapolis à 73% des voix, dans le Minnesota, devient la première femme noire trans à gagner une élection; historienne et poète de 56 ans, elle a été rejointe, dans la même juridiction, par Phillipe Cunnigham, jeune homme noir et trans de 29 ans qui a fait ses armes à la mairie. Ni l’un ni l’autre n’a axé sa campagne sur son identité de genre, mais Andrea Jenkins a convenu que leur victoire “encourageait les jeunes personnes trans à se battre.”

Tyler Titus, conseiller scolaire de 33 ans et papa de deux enfants, est devenu le premier élu trans de Pennsylvanie, en raflant un siège au Conseil scolaire d’Erie, tandis que Gerri Canon, 64 ans, a obtenu le même poste à Somersworth, dans le New Hampshire. Mère de deux filles et maintenant grand-mère, cette dernière a travaillé pendant une trentaine d’année dans une grande entreprise de technologie avant d’être licenciée peu après sa transition; elle a avancé sa volonté de dénoncer le manque de protection pour les personnes trans.

Lisa Middleton, ancienne cadre publique qui a œuvré pour la cité californienne de Palm Springs, a gagné une place au Conseil municipal et Stephe Koontz, cheffe d’entreprise active dans sa paroisse catholique, à celui de Doraville en Géorgie.

Sept élu·e·s trans, probablement encouragé·e·s par la grogne anti-Trump, qui remplissent les couloirs pavés par Althea Garrison, législatrice d’État pour le Massachusetts entre 1993 et 1995, mais qui n’avait pas rendu publique sa transidentité au moment de la campagne; elle avait été outée dans la presse quelques temps après l’élection.

Althea Garrison a été élue en 1992, pour un mandat. Elle est toujours en vie et brigue cette année le conseil municipal de Boston.

Vague anti-trump

Dans la presse, cette election night a pris la forme d’un référendum anti-Trump, avec l’élévation de profils à contre-courant de la politique du Donald : la ville de Saint-Paul, encore dans le Minnesota, a élu son premier maire Afro-américain; celle de Seattle, sa première maire lesbienne en la personne de Jenny Durkan, ancienne procureure qui devient la deuxième femme ouvertement homo à la tête d’une ville majeure des États-Unis.

7 élu·e·s trans États-Unis élections locales
Jenny Durkan – crédit photo Joe Mabel via Wikipedia

 

Dans le New Jersey, la ville de Hoboken a élu comme maire un homme Sikh, minorité religieuse hindoue. Un avocat du mouvement Black Lives Matter a été désigné procureur à Philadelphie, en Pennsylvanie, et la ville de Helena, dans le Montana, a élu une réfugiée du Liberia pour diriger la ville.

Le vent se lève…

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Couverture : De gauche à droite; en première ligne, Stephe Koontz, Andrea Jenkins (photo de campagne) et Tyler Titus (photo Facebook); en deuxième ligne, Gerri Canon (courtesy/New Hampshire Sunday News), Lisa Middleton (photo de campagne), Phillipe Cunningh (photo de campagne) et Danica Roem (photo Twitter).

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