Les folles anecdotes de l'histoire de la sexualité, en BD (partie 2)
Culture

Les folles anecdotes de l'histoire de la sexualité, en BD (partie 2)


De la nuit des temps à aujourd’hui (et demain), le sexe est dans toutes les têtes (et sur le bout de presque toutes les langues !). Même dans les lois, il a fait l’Histoire et accompagne notre évolution…

« Une histoire du sexe« , c’est un peu « Secrets d’histoire » version Pornhub. Et en BD. Si on y apprend par exemple que c’est Cléopâtre qui inventa le premier vibromasseur (avec des abeilles pour le faire vibrer), ou que c’est l’invention du microscope par les Hollandais qui entraîna la diabolisation de la masturbation… on en apprend de plus belles encore : mythes, fêtes, légendes, découvertes, évolution, lois. Avec des crayons et surtout des anecdotes savoureuses, l’anthropologue-psychiatre Philippe Brenot et la dessinatrice Laetitia Coryn nous croquent l’histoire de la sexualité à travers les âges. Savoureux !

LIRE LA PREMIERE PARTIE ICI :

Les folles anecdotes d’« Une histoire du sexe », la BD qui dépote (partie 1)

LA RENAISSANCE

Vers 1560, Michel de Montaigne, inspiré par son amitié fusionnelle avec Etienne de la Boétie, sera l’un des premiers à dire ouvertement que l’amour homosexuel est un amour comme un autre… « Parce que c’était lui, parce que c’était moi », disait-il de son ami. L’amitié entre hommes découle de la domination masculine, de la misogynie qui éloigne des femmes, du compagnonnage qui fait des amitiés amoureuses un modèle de relation vertueuse, ainsi que de l’inconcevable amour dans le cadre du mariage hétérosexuel. Mais l’habitude des hommes qui vivent entre eux, sans leurs épouses, disparaîtra peu à peu… poussés entre autres par l’Église à faire famille, à aimer et à désirer son épouse. Pour éviter les amours homosexuelles ? ENTRE AUTRE !

Lors de fêtes populaires de l’époque, le mari cocu ou battu subissait parfois « la promenade sur l’âne » : nu à l’envers sur l’animal, le tenant par la queue, il est promené en cortège dans les rues de la ville, parfois par sa propre femme pour renforcer l’humiliation… L’adultère est également puni, par exemple par « la course » : les deux condamnés doivent courir nus à travers le village, la femme tirant parfois son partenaire par une corde accrochée aux parties génitales…

Léonard de Vinci, grand esprit de la Renaissance (et peintre de la Joconde, entre autres) est le premier à faire l’anatomie du fœtus et de la femme enceinte, mais également du mécanisme de l’érection (le pénis se gonfle de sang, alors que jusque-là on pensait qu’il était gonflé par l’air des poumons). À 24 ans, il sera arrêté pour sodomie active et emprisonné. Il sera ensuite l’amant de jeunes éphèbes, Salaï puis Francesco Melzi…

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Importée par Christophe Colomb de retour des « Amériques » en 1493, la syphilis se répand comme une tâche d’huile en Europe, à la faveur des guerres d’Italie. Les Italiens l’appellent « le mal français », les Français « le mal de Naples », alors que c’est le mal d’Amérique du Sud… L’anatomiste italien Gabriel Fallope invente alors le préservatif moderne, un fourreau de toile imbibé de mercure… qui sera interdit par l’Église pour « entrave à la providence. » En boyaux de moutons ornés de dessins au XVIIIe siècle, c’est ensuite GOODYEAR (la marque de pneus !) qui fabriquera ledit préservatif au XIXe siècle…

Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, les tribunaux de l’impuissance (!!!) furent très efficaces pour libérer des femmes de leurs unions : imaginez devoir bander devant un parterre de cinq matrones, cinq médecins et cinq chirurgiens ! Si l’homme n’arrivait pas à satisfaire son épouse, il était déclaré impuissant et le mariage annulé (puisque le but de celui-ci n’était que la reproduction). Certains hommes arguèrent de l’impuissance féminine et inventèrent l’existence d’une membrane empêchant la pénétration, chez toutes les femmes, surnommée velamen ou « voile de pudeur ».

En 1710 à Londres, le docteur Bekkers, un charlatan se disant médecin, publie une petite brochure intitulée Onania et condamnant la masturbation, centre des craintes au début du XVIIIe siècle dans l’Europe du Nord. Son livre connaît un succès considérable grâce au petit flacon de « poudre anti auto-pollution », à seulement 12 shillings ! L’onanisme vient de la légende biblique d’Onan, obligé de faire des enfants à sa belle-sœur lorsque meurt son frère. Mais apprenant que les enfants nés de cette union seront ceux de son frère et non les siens, il se retire avant d’éjaculer et perd sa semence. Le coït interrompu est donc le vrai onanisme, et par extension le gâchis de semence donc la masturbation. Potions au camphre, nénuphar dont on garnit le lit, sangsue pour apaiser les ardeurs, corset, enfermement du sexe dans un coffre accroché au corps du jeune fifrelin, ou encore cloison de bois entre le haut et le bas du corps : les remèdes pour l’envie de se toucher (et donc le fantasme) sont multiples. Dans la seconde moitié du XXe siècle, la sexologie moderne montrera à l’inverse toutes les vertus  de l’exercice : élément central de la construction érotique, qui permet la maturation sexuelle et l’entretien du désir tout au long de la vie… MERCI !!!!

 

XIXe siècle

Le piercing génital appelé « Prince Albert » est un anneau posé à travers l’urètre dans le gland du pénis. La légende veut que ce soit le Prince Albert (en Angleterre, au XIXe siècle, rien à voir avec Albert de Monaco) qui est à l’origine de cette coquetterie, car il était connu pour ses érections soudaines et inopportunes qui créaient une protubérance assez gênante sur les pantalons moulants exigés par le protocole. C’est un dandy britannique, Sir George Brummel, qui lui aurait insufflé l’idée de ce piercing, qui retient le pénis le long de la cuisse grâce à une petite corde…

Le langage devient pudibond, un dictionnaire de bienséance paraît et conseille de supprimer les syllabes trop évocatrices du sexe : il ne faut plus dire « confiture », mais simplement « fiture » conseille son auteur… Dans l’Angleterre Victorienne, les mots d’animaux comme « bitch » (chienne) sont trop équivoques et marqués au fer rouge du tabou…

Le Kama-Sutra ne sera publié légalement qu’en 1963 en Angleterre ! Pourtant, dès 1883, il fut traduit par le diplomate Richard Burton, qui fut obligé de créer la société du Kamashatra pour pouvoir le diffuser exclusivement à ses membres…

Dans la loi, l’adultère n’est que féminin jusqu’en 1975. Même si le commandement biblique est valable pour tout le monde, en réalité, depuis l’Antiquité et partout dans le monde, les femmes adultères ont toujours été beaucoup plus sévèrement punies que les hommes, et cela pour des raisons de filiation. Les hommes ne voulant pas avoir à élever des bâtards. Dès 1804, le Code Napoléon prévoit une peine de prison pour les femmes infidèles. Les hommes, eux, n’ont simplement pas le droit d’entretenir leurs maîtresses au domicile conjugal sous peine d’amende. En 1975, la réforme du divorce instaure une égalité de traitement entre hommes et femmes.

En 1825, Stendhal devient le théoricien des sentiments amoureux. Il invente le principe de la cristallisation, qui explique comment on tombe amoureux. Dans De L’amour, il distingue également l’amour passion (le seul qui trouve grâce à ses yeux), l’amour goût, l’amour physique et l’amour de vanité.

 

 

AU XXe siècle

En 1920, le baiser sur la bouche, encore qualifié en France de crime pour « attentat à la pudeur » devient, au cinéma à Hollywood et dans les livres, le symbole de la passion amoureuse… Déjà dans The Kiss, le premier baiser hétéro, fait scandale en 1896.

Le tout premier récipiendaire d’un Academy Award (ce qu’on nommera ensuite les Oscars) du meilleur film, Les Ailes, en 1929, comportait le premier baiser entre deux hommes

En 1950, même si devenue majeure à 21 ans, toute jeune Française redevient légalement mineure (sous la tutelle de son mari) à son mariage… La misogynie, est, encore plus que l’homophobie, une constante de l’histoire, et des relations intimes encore plus…

 

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Les folles anecdotes d’« Une histoire du sexe », la BD qui dépote (partie 1)

À LIRE : Une histoire du sexe, Editions Les Arènes

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