Les États-Unis requièrent la peine de mort contre le meurtrier homophobe d'un garçon de 8 ans
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Les États-Unis requièrent la peine de mort contre le meurtrier homophobe d'un garçon de 8 ans


Lors d’un procès éprouvant, le jury a retenu la peine de mort contre Isauro Aguirre, 37 ans, pour avoir torturé à mort le fils de sa compagne.

Les membres du jury ont rendu leur verdict le 13 décembre, après sept heures de délibération et huit semaines d’un procès interminable qui a entraîné la refonte du système de protection de l’enfance dans le comté de Los Angeles. Huit semaines pendant lesquels services de police, services sociaux, famille et accusés se sont exprimés à la barre du tribunal de Los Angeles pour tenter de retracer les mois d’horreur vécus par Gabriel, un petit garçon de 8 ans.

Lorsque les secours sont arrivés à son domicile de Palmdale, au nord de la métropole, le 22 mai 2013, Gabriel Fernandez gisait inconscient sur le sol de sa maison. Sur place, les infirmiers remarquent son crâne fracturé, mais aussi ses côtes cassées, sa peau brûlée, des dents en moins, des billes de fusil à plomb logées dans l’aine. Transporté d’urgence à l’hôpital, il ne survit pas deux jours. Le compagnon de sa mère – installé avec eux depuis 2012 – et cette dernière sont très vite inculpés. Le procès s’est ouvert quatre années plus tard.

Tortures et humiliations

Il ressort des plaidoiries que le jeune garçon subissait des sévices réguliers. Son beau père le frappait à coups de ceinture, de cintre en métal, de batte de baseball, lui tirait dessus à la carabine jusqu’à son évanouissement. Il le forçait à avaler la litière et les excréments du chat ou de la nourriture gâtée, et à ravaler son vomi lorsque l’enfant devenait malade. Selon le procureur adjoint au district, Jonathan Hatami, interrogé dans le cadre de l’affaire, Isaura Aguirre torturait Gabriel car il était persuadé que le garçon était gay, le punissait lorsqu’il le surprenait à jouer avec des poupées et l’obligeait, avec la complicité de sa compagne, à se rendre en classe dans des habits destinés aux filles. Mais la plupart du temps, Gabriel était dans « la boite » : son beau père lui menottait les chevilles, lui attachait les poignets puis lui enfonçait une chaussette dans la gorge, avant de l’enfermer dans une armoire; Gabriel dormait là, sans eau ni accès aux toilettes. D’après son frère aîné, il pouvait y passer plusieurs mois ligoté. Il était enfermé de la sorte lorsque les services sociaux ont un jour frappé à la porte des Fernandez.

Alertés par les appels des professeurs et une lettre de suicide rédigée par Gabriel, plusieurs agents de protection de l’enfance et adjoints au shérif de Los Angeles ont interrogé la famille. Mais les enquêtes successives furent bâclées et les autorités décidèrent de classer l’affaire peu avant la mort de Gabriel.

Procès en trois temps

Alors que l’avocat d’Isauro Aguirre plaidait l’accès de rage et l’homicide involontaire, le jury l’a reconnu coupable de meurtre au premier degré aggravé par la torture. L’homme devra de nouveau se présenter devant le tribunal de Los Angeles le 8 mars prochain, pour entendre la sentence définitive. La cour examinera probablement la reconduction de la peine maximale à la perpétuité, précise la NBC.

Pearl Fernandez, la mère de Gabriel, et les quatre travailleurs sociaux accusés de maltraitance et de falsification de documents seront jugés ultérieurement. Aucun des neufs adjoints au shérif pointés du doigt pour négligence n’a été poursuivi.

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Couverture : photo Gabriel’s Justice/Facebook

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