Culture

"Crac crac", la nouvelle émission Canal qui défroque le sexe gay et hétéro


Diffusée à partir du 21 décembre, c’est la nouvelle émission cul de Canal+. Un genre de Journal du hard à la sauce Recettes pompettes, sans alcool mais avec plus de fluide. Et un Monsieur Poulpe façon enquêteur WTFoutre.

Au départ, quand on lit le programme de la nouvelle émission de Canal+ décalé, on a du mal à se représenter le côté LGBT. Monsieur Poulpe qui parle cul avec Bérengère Krief, sa mère à lui qui anime un club de lecture érotique, des questions sous la culotte de Marie Bonnisseau à des passants, la chanteuse GiédRé qui lit le courrier des téléspectateurs… Lorsqu’on croise l’animateur, il nous assure pourtant que ce numéro nous réserve une surprise. On doute… jusqu’au générique. Car voilà que dès le premier épisode, celui que l’on connait davantage beurré avec des stars dans une fenêtre YouTube se la joue Rendez-vous en terre inconnue du sexe gay converti au fétiche sportswear. Basket encore chaudes et sweat-shirt imbibés de sueur sont les petits cailloux blancs de ses pérégrinations nocturnes, des plateaux de tournage de films X jusqu’au nightclub de ces aficionados du 100% polyuréthane.

« Ça fait bien 15 ans que je connais cet univers, nous confie le présentateur, pour ceux qui ne s’intéressent pas trop à la culture sexe, c’est étrange. Mais sur le tournage, ces mecs ont très vite compris qu’on n’était pas là pour se foutre de leur gueule, c’est pourquoi ils ont accepté de témoigner à visage découvert et de nous donner encore plus. Malheureusement il y a plein de choses qu’on n’a pas pu montrer… » Après montage, Monsieur Poulpe nous assure qu’on est dans la ligne juridique du CSA, à qui l’émission fait un coquin clin d’œil :

Je cherchais une nouvelle façon de faire quelque chose de tabou comme « Recettes pompettes » mais à la télévision, et il fallait que ce soit validé par la case CSA. Et le truc sulfureux que tu peux montrer à la télé, ben c’est le cul. Donc j’ai réuni une partie de mon équipe, d’autres gens avec qui j’avais envie de travailler, et on a réfléchi ensemble au concept : comment parler de cul en étant chic et hyper déglingue ? On y travaille encore afin d’atteindre cet équilibre de joli et de dégueu pour parler de fesses.

Sans jugement

L’approche de Crac crac se veut « décomplexée et cool », avec l’ambition revendiquée de ne pas tomber dans l’hétéro-centrisme et une réflexion qui résonne avec un certain Howard Becker quand Monsieur Poulpe nous défend qu’au final, « on est toujours le déviant d’un autre » :

L’objectif c’est de partir de quelque chose qui pourrait paraître bizarre à première vue, et de s’y intéresser, d’essayer de le comprendre, sans aucun jugement de valeur. S’il y a des blagues, ça ne sera pas contre les gens qui pratiquent certains truc, mais avec eux.

Mais peut-on vraiment désamorcer les mauvais esprits avec un format aussi court ? Malgré les bonnes intentions de la productions, on a quelques doutes après l’intervention express des tenanciers de la Fistinière ou lorsqu’un homme adepte de forniphilie explique son désir pour l’objectivation du corps en quelques minutes plateau. On attend de voir si le programme tiendra ses promesses.

Après un gros plan sur les fétiches ce jeudi 21 décembre, le deuxième épisode sera centré sur « La quête du cul en 2018 » avec un zoom sur le cruising. Et Baptiste Lecaplain en guest star

CRAC CRAC (43 minutes), chaque deuxième jeudi du mois à 22h20 sur CANAL+Décalé, à partir du 21 décembre.

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