Grindr nous rend très malheureux, selon cette enquête
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Grindr nous rend très malheureux, selon cette enquête


C’est la plus célèbre appli de rencontre gay, et pourtant, à cause d’elle, nous serions au bout du rouleau. Telle est la conclusion d’une enquête réalisée par un mouvement techno-sceptique.

Ils travaillaient chez Google, Facebook, Mozilla Firefox ou NVIDIA. Ils sont maintenant intervenants de conférences TEDx mettant l’opinion en garde contre les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Depuis 2014, le label Time Well Spent réuni autour de Tristan Harris, ancien « ingénieur philosophe », démontre comment les GAFAs transforment nos aptitudes cognitives – par exemple, comment le séquençage de l’information façon Snapchat perturbe la mesure de l’amitié chez les enfants –, endommagent la démocratie et fragilisent notre santé. Selon eux, « notre société est détournée par la techonologie » depuis que les cadors des télécoms s’acharnent à aspirer et commercialiser notre temps d’attention, invitant notre cerveau à se gaver de récompenses mutées en notifications bulles, à scroller et refresh frénétiquement, à se complaire dans le sensationnalisme.

Pour se détourner des scénarios façon Black Mirror, le think thank réfléchit donc à des téléphones plus respectueux de notre temps libre et distille quelques conseils pour le bien-être : supprimer les notifications parasites, passer son écran en nuances de gris, etc.

Musique et outils vs. réseau sociaux et applis de rencontre

Dernièrement, Time Well Spent s’est également associé à l’application Moment qui permet de chronométrer le temps passé sur chaque appli et de renseigner si celles-ci nous ont rendus heureux.se ou malheureux.se. En analysant les comportements de 200 000 utilisateur.rice.s d’iPhone en possession de Moment, il apparaît que nos compagnons de poche nous procurent inégalement du plaisir : les podcasts et les applis d’écoute musicale (Audible, Amazon Music, Spotify) ainsi que les applis relatives à l’organisation de sa vie quotidienne, comme son agenda ou la météo, rendraient heureux la quasi-totalité des personnes qui les consultent. Le GPS gratuit Waze ou l’appli de lecture Kindle figurent encore dans le Top 15 des applis qui donnent du baume au cœur. Mais avec Grindr et son million d’hommes géolocalisés en temps réel, la bonne humeur fonderait comme neige au soleil. 77 % des personnes qui l’utilisent l’appli masquée (on ignore leur pourcentage sur les 200 000 personnes de l’échantillon) déclarent sortir tristes de l’application. Plus malheureux qu’après une partie de Candy Crush Saga, qu’une tournée sur Facebook ou Instagram. Même son concurrent Tinder, populaire chez les hétéros, n’impacte le moral « que » d’une moitié de ses utilisateurs.

Grindr

Trop de temps, trop d’abus

Selon les instigateurs de l’enquête, ce score désastreux pourrait tenir de la durée qu’on passe les yeux vissés sur l’écran. Ainsi, passer 20 minutes sur Facebook regonfle le moral, mais y passer une heure nous enverrait au fond du trou. Or sur Grindr, on atteindrait une moyenne d’une heure de connexion par jour – plutôt deux heures même, selon The Advocate.

Grindr

Sur le célèbre forum Reddit, plusieurs internautes abondent dans le sens de l’enquête, détaillant comment l’appli de rencontre les a déprimés et comment ils s’en sont finalement débarrassés.

Le diktat des muscles, le racisme décomplexé derrière des « préférences sexuelles », les salutations agressives, le slut-shaming, la sérophohbie, la misogynie voire l’homophobie glissée derrière les « no fem », et autres dérives bien connues des applis gays pourraient former une autre explication.

 

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Couverture : oisinmckenna.com
Corps d’article : crédit Time Well Spent

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