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"L'Amour est dans le pré" : Thomas, l'ostréiculteur gay qui a émoustillé la France entière


C’est le candidat qui a fait le plus parler de lui hier soir sur les réseaux sociaux : Thomas, 30 ans, suscite l’émotion des internautes. Mais Karine Le Marchand n’a pas reculé devant les clichés pour le présenter.

Ceux qui avaient suivi la promotion de l’émission attendaient l’épisode de L’Amour est dans le pré diffusé lundi 22 janvier, qui présentait la deuxième grappe de candidat.e.s et sa perle rare : le premier candidat gay depuis 2014, l’ostréiculteur Thomas.

La confirmation intervient lorsque ce dernier évoque son « compagnon de l’époque » tandis qu’il déroule son curriculum vitae. Karine Le Marchand joue la surprise pour l’émission, bien qu’il est évident que l’orientation sexuelle du candidat est déjà connue de la production. Devant le téléviseur, on apprend, entre deux cours sur l’ouverture des huîtres, que Thomas a pas mal « bourlingué » avant de reprendre l’exploitation paternelle il y a trois ans. Et que s’il a vécu 10 ans avec son ex, il habite désormais en colocation avec deux amies.

Fidèle à son habitude et à son humour potache, Karine Le Marchand a enchaîné les vannes coquines pour dérider le candidat, quitte à tomber dans le potache lorsqu’elle lance : « je ne dis pas ça parce que tu es homo, mais on peut dire que tu n’aimes pas les moules. » Le défilé se poursuit quand Thomas explique participer à L’Amour est dans le pré parce qu’il « n’attire que les femmes », au point d’avoir le sentiment d’être le seul homo du secteur. « C’est un formidable haut parleur », continue-t-il au sujet de l’émission, « et j’en ai besoin parce que j’ai personne ici ». En face de ses confessions sur la difficulté de se découvrir homo, lorsque « tu ne comprend pas pourquoi tu aimes tes potes (…) mais tu sors avec des filles… et après tu t’aperçois que tu n’es pas toi-même et ça commence à être dur », sur l’affrontement de la norme et le coming out à sa famille « qui a imaginé une autre voix pour toi », Karine Le Marchand se confond en maladresses.

Préjugés éculés

Justifiant le succès de Thomas auprès de la gente féminine parce qu’« on ne voit pas que t’es homo », elle enchaîne : « t’es sûr que t’es homo ? Parce qu’il y a quand même des filles qui voudraient t’écrire là », et insiste : « t’as déjà essayé les filles ? ». Avant de théoriser sur les gays qui ne correspondent pas aux stéréotypes que leur collent les hétéros :

Tu fais viril toi (…), tu sais qu’il y a un nom pour ça ? Les « yag », c’est des gays à l’envers. C’est des gays qui ne se reconnaissent pas dans la culture gay : Mylène Farmer, Madonna, Dalida… Ils n’ont pas de mèches, pas de décoloration massive.

Bourrée de clichés, l’expression fait aussi la part belle à la misogynie qui refuse aux homos toute féminité et dresse une frange « normalisée » contre une frange encore marginalisée. « C’est un florilège de toutes les questions que tolèrent gentiment les jeunes homos qui sortent du placard, et dont ils s’espèrent débarrassés à l’âge adulte », nous écrit un lecteur particulièrement choqué par la séquence qu’il qualifie d’« interrogatoire humiliant ». Sur Twitter, en parallèle des messages d’encouragements à l’adresse de Thomas, plusieurs internautes tiquent également :

En 2015, Guillaume, le précédent candidat gay de l’émission, avait arrêté le tournage après l’étape des speed dating pendant laquelle il avait rencontré ses prétendants. Devant les caméras, il explique qu’il a rencontré quelqu’un en dehors de l’émission. En off, il dira plus tard qu’il a été déçu par le comportement de Karine Le Marchand et par celui de ses prétendants. La présentatrice, devant Thomas, anticipe et prévient : « C’est super important que t’ailles jusqu’au bout de l’aventure, pour pas que tu prennes la place de quelqu’un d’autre qui était sincère et qui avait vraiment besoin de nous. »

« Je n’ai aucune cause à défendre »

Selon un sondage Ifop de 2007, 47 % des agriculteur.ice.s jugeraient l’homosexualité « inacceptable », ce qui est deux fois supérieur aux autres catégories socioprofessionnelles. Cette homophobie des milieux agricoles tiendrait d’une certaine idée de la masculinité, de la famille, et aussi de l’importance de la transmission patrimoniale, que d’aucun.e.s verraient compromise dans un schéma de couple homo.

Dans cette treizième saison de L’Amour est dans le pré, s’il voit les caméras comme un porte-voix pour trouver l’amour, Thomas ne les utilisera toutefois pas pour revendiquer des droits. Dans une interview donnée au Parisien, le candidat prévient qu’il ne se sent « représentatif d’aucune minorité. Je ne suis pas militant et je n’ai aucune cause à défendre. » Juste l’amour. D’ailleurs, pour ceux qui se verraient bien pêcher l’huître en Nouvelle Aquitaine et suivre Thomas sur les routes huit mois de l’année, ce dernier recherche un trentenaire calme « avec un grain de folie » et qui sache sortir du lit le matin ! À bon entendeur.

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