#Spotted : Adam Rippon, out et engagé, futur champion olympique américain ?
Beaux Mecs (archives)

#Spotted : Adam Rippon, out et engagé, futur champion olympique américain ?


Patineur artistique hors du placard depuis 2015, Adam Rippon n’en finit pas de surprendre et de nous plaire. Sur la glace quand il invente un saut, ou lorsqu’il s’attaque aux homophobes.

Mis à jour le 8 février 2018 : Alors que s’ouvrent les Jeux olympiques d’hiver à Pyeongchang, une fausse information a circulé indiquant que le vice-président des Etats-Unis, Mike Pence, avait proposé au patineur Adam Rippon de le rencontrer pour apaiser les tensions, et que ce-dernier avait décliné. Il n’en est rien. En revanche, le chef de la délégation américaine aux JO semble prendre très au sérieux le militantisme du jeune patineur ouvertement gay. Il lui a adressé un message depuis son compte Twitter :

Traduction : Adam Rippon, je veux que tu saches que nous sommes POUR TOI. Ne laisse pas les fausses nouvelles te distraire. Je suis fier de toi et de tous nos bons athlètes et mon seul espoir pour toi et toute l’équipe USA est de ramener des médailles d’or à la maison.

 

Sacré meilleur patineur américain en 2016, Adam Rippon, 28 ans, représentera son pays aux Jeux olympiques d’hiver en Corée, à partir du 9 février 2018, avec ses compatriotes Nathan Chen et Vincent Zhou. Né en Pennsylvanie, il patine depuis l’âge de l’âge de 10 ans, et a gravi les échelons jusqu’au firmament du patinage artistique américain. Il a même inventé un saut, le « Rippon Lutz», qui l’a déjà fait entrer dans l’histoire de ce sport. Rien ne semble le freiner dans son ascension, même le double axel que peut représenter un coming-out, ce qu’il fit en 2015 dans le magazine Skating. Il déclarait alors :

Il y a tellement d’athlètes qui veulent être out, et cela fait maintenant partie de la culture d’être plus ouverts sur qui vous êtes et sur l’intérêt de faire son coming-out. Bien sûr, les gens s’intéressent à votre orientation sexuelle. Les gens aiment les rumeurs. Quand les athlètes sortent du placard et disent qu’ils sont homosexuels, cela les rend un peu plus « normaux » et ce n’est plus un événement. Être gay n’est pas quelque chose qui me définit. Ce qui me définit, c’est ce que ma mère m’a toujours appris : traiter tout le monde avec respect, être toujours un travailleur acharné et être gentil. Ça, ce sont les choses qui me définissent.

Début janvier, Rippon disait aux journalistes de la radio NPR :

Il y a quelques semaines, on m’a demandé (…) comment c’était d’être un athlète gay dans le sport. J’ai répondu : c’est exactement comme être un athlète hétéro, mais avec de plus beaux sourcils. En grandissant, je n’avais vraiment pas beaucoup de modèles. Et j’ai dit : si jamais on me donnait ma chance et la plate-forme qui va avec, je partagerais mon histoire… Parce que je ne me soucie pas vraiment de ce que les autres pensent de moi. Je suis capable de le faire et je suis vraiment capable d’être moi-même. Et je veux qu’un jeune, qui se bat, qui n’est pas sûr que ce soit ok, sache que c’est ok d’être soi-même.

Depuis son coming-out, il s’est fait l’avocat des droits LGBT. À l’occasion de sa qualification pour les JO d’hiver 2018, il a expliqué à Newsweek quelles seraient ses limites, et son action pour faire parler des droits des personnes LGBT :

Oui, il y aura des pays représentés qui ne donnent pas de droits à leurs citoyens homosexuels. Mais c’est pourquoi il est important que quelqu’un comme moi puisse aller aux Jeux olympiques et montrer aux gens que oui, je suis un athlète gay, et qu’être gay n’a rien à voir avec qui je suis en tant qu’athlète.

Le patineur artistique a également vivement critiqué le choix de promouvoir le vice-président des États-Unis, Mike Pence, comme chef de la délégation américaine aux JO. Traditionnellement, les membres de la délégation américaine rencontrent leur chef de délégation avant la cérémonie d’ouverture des JO. Mais Rippon ne l’entend pas de cette oreille : « On parle bien du Mike Pence qui a proposé de financer des thérapies de conversion pour les homosexuels ? », a t-il demandé dans un entretien au quotidien USA Today. « Je ne ferai rien de mon côté pour rencontrer quelqu’un dont je pense qu’il a tout fait pour montrer qu’il n’était pas aux côtés des homosexuels et même qui pense que les homosexuels sont des malades ». Il ajoutait :

Je ne pense pas que l’administration actuelle représente les valeurs que l’on m’a enseignées quand j’ai grandi. Ce qui rend l’Amérique grande, c’est que nous sommes tous différents. Nous sommes en 2018, être gay et sportif de haut niveau, c’est aussi faire partie de l’Amérique d’aujourd’hui.

 

Même si les clichés précédent ce sport, les athlètes ouvertement gays y sont assez rares. Avant lui, seuls Brian Boitano, Rudy Galindo et le flamboyant Johnny Weir aux États-Unis, Eric Radford, Emmanuel Sandhu, Jeff Buttle au Canada ou Javier Raya en Espagne ont été les porte-drapeaux de la visibilité gay, autant que de leurs pays. Sans oublier John Curry, baptisé le « Noureev de la glace », médaille d’or aux Jeux de 1976 à Innsbruck, qui fit son coming-out avant tout le monde (il est décédé des conséquences du sida en 1994). Car en général, les sorties du placard se font une fois que les sportifs concernés sont à la retraite. Un « placard glacé » selon le magazine The Irish Examiner, que Rippon n’hésite pas à faire fondre sur son Instagram, comme ces quelques images le prouvent…

 

😈 On to the long program tomorrow! #uschamps18

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Ready for practice ⛸

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#tbt @beautyisboring_ 🎨🎭

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I’m hiking 👢

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Very stable genius 2018

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Snatching crowns 👑 #WinterOlympics

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California is for lovers ❤

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