Entrez dans l'intimité d'un couple gay qui devient parent,
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Entrez dans l'intimité d'un couple gay qui devient parent, "Chez Papa Papou"


« Chez Papa Papou », c’est une chaîne YouTube comme il en existe peu : Émil et Yo l’animent depuis bientôt deux ans, quand leur petit Arsène est venu au monde. Présentations.

C’est comment d’être gay et papa ? Dans la tête d’Émil, 30 ans, réalisateur free-lance, il était urgent de pallier l’absence de contenu sur l’homoparentalité : « On ne se retrouvait pas dans les vidéos de certains YouTubeurs gays qui sont souvent focalisés sur les applis de drague ou les sextoys, ni dans les blogs de mamans qui vont tout montrer de leur vie avec leur enfant », explique-t-il à TÊTU. Avec son mari, Yo, 45 ans, journaliste, il se retrouvent sur une chose importante : ils veulent être papas.

Le ton adopté sur la chaîne par le rigolo Émil, mis en scène par « le cerveau de l’équipe » Yo, est décontracté et aborde une multitude de questions comme la libido dans le couple après l’arrivée de bébé, le moment de changer la couche ou les stratégies pour survivre en donnant le bain. « On ne voulait pas qu’Arsène apparaisse à l’image, l’idée était de décrypter le quotidien de deux papasAvant d’être des homoparents, nous sommes des parents. On voulait une approche optimiste, dire que oui, il est possible de fonder une famille. » Autre objectif de Papa Papou, celui d’être vu par le plus grand nombre de personnes : « Nos vidéos s’adressent à toutes les familles ! » Émil se rendra d’ailleurs à un rassemblement de parents YouTubeurs fin mars, où l’écrasante majorité des participants est hétéro.

« Faire évoluer les mentalités sur la diversité des familles et sur l’homoparentalité », « décrisper le sujet », etc. L’intention est louable mais évidemment, les Papa Papou n’échappent pas aux questions indiscrètes sur la conception d’Arsène.

Tous deux vivent à Reims où ils se sont pacsés en 2012 (« une grande fête, comme un mariage ») avant de se marier en 2014 dans le but de monter un dossier de demande d’adoption. Ayant obtenu l’agrément (« le sésame »), mais voyant que les choses n’avancent pas (« à cause de conseils de famille à l’époque plutôt frileux sur l’homoparentalité »), Émil et Yo prennent contact avec des associations et sont mis en relation avec une agence de mères porteuses aux États-Unis. Ils racontent tout en répondant à leurs followers dans leur séquence « babyphone » :

« Quand des hétéros nous posent la question, on trouve parfois cela saugrenu. Nous, ça ne nous viendrait pas à l’idée de leur demander comment ils ont fait leur bébé ! Quand ça vient d’un couple homo c’est différent, bienveillant, et il y a une vraie curiosité ».

Émil indique ainsi que lui et Yo sont toujours en contact avec la donneuse d’ovocytes et avec la femme qui a porté Arsène : « L’enfant ne grandit pas uniquement dans le ventre, mais dans la tête et dans le cœur. On a construit notre parentalité avec une psychologue. Nous avons fait trois ou quatre voyages auparavant pour rencontrer la donneuse, la gestratrice, et c’est elle qui nous a choisis. Si une GPA éthique et altruiste était disponible en France, on ne serait pas allés jusque-là. Ça met les nerfs à rude épreuve, c’est beaucoup de stress. Mais une fois que le bébé naît, tout disparaît. » Une anecdote qui émeut encore beaucoup Émil : leurs deux mères les ont même accompagnés dans l’Oregon, à l’Ouest des États-Unis, pour la naissance de l’enfant.

Retrouvez leurs vidéos sur la chaîne YouTube « Chez Papa Papou »

Ou sur leur page Facebook

 

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