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Phénomène : "Love, Simon" : comment le film a bousculé les Etats-Unis


La comédie romantique et gay « Love, Simon » sort mercredi 27 juin en France. Au-delà de son succès au box-office, le long-métrage de Greg Berlanti  a ému des tas de célébrités et a permis des milliers d’adolescents d’assumer leur homosexualité. Comment un sympathique teen movie a-t-il ouvert une grande conversation sur le coming out aux Etats-Unis ?

Première comédie grand public centrée autour d’un adolescent gay, Love, Simon a rencontré un véritable succès aux Etats-Unis, aussi bien critique que commercial, engrangeant près de 40 millions de dollars de recette depuis sa sortie en mars 2018. Le film de Greg Berlanti, qui sort ce mercredi 27 juin sur les écrans français, a permis à de nombreux adolescents de faire leur coming-out et à des parents d’entamer une conversation avec leurs enfants.

Le film bénéficie d’une bande-son soignée, portée par le duo de Khalid et Normani (« Love Lies »), et d’un ensemble d’acteurs à la fois bankable et prometteurs. Jennifer Garner (Alias, Dallas Buyers Club) et Josh Duhamel (Transformers, Grey’s Anatomy) jouent deux parents aussi drôles que touchants. Nick Robinson (Jurassic World) campe un l’adolescent paumé dans son orientation sexuelle malgré le soutien de ses amis joués par Katherine Langford (13 Reasons Why), Alexandra Shipp (X-Men : Apocalypse) et Keiynan Lonsdale (The Flash).

Un film qui «rapproche les gens»

A la sortir de Love, Simon de nombreux témoignages ont fleuri sur les réseaux sociaux et montré l’impact de cette comédie sur les spectateurs. « Je travaille dans un cinéma et deux femme âgées ont acheté des places pour aller voir ‘Love, Simon’. Alors qu’une des deux partait, l’autre s’est tournée vers mois et m’a dit ‘c’est ma meilleure amie depuis 25 ans et je vais faire lui mon coming-out à la fin du film ‘. J’en pleure », écrit ainsi Ellie sur Twitter.

Une autre, répondant au nom de Jess, révèle avoir fait son coming-out devant Love, Simon entourée de sa famille et de ses amis. « Les gens rigolaient, chantaient, pleuraient et tapaient des mains pendant tout le film. Je n’ai jamais vu un film qui rapprochait autant les gens. Je me suis fait des amis là-bas. Les ados ont besoin de cette comédie », a-t-elle écrit sur Twitter.

https://twitter.com/gayquirk/status/975178844310261760

Nick Robinson, qui interprète Simon Spier dans le film, a également confié, lors de son passage au Ellen Show, que son petit-frère lui avait révélé être gay au moment du tournage de la comédie. « Une des meilleurs choses à propos de ce film,  ça a été de permettre (à mon frère) de nous en parler.  Je pense que la force de Love, Simon est de pouvoir démarrer des conversations. J’espère que cela peut aider les gens à discuter de choses dont ils n’auraient jamais osé auparavant. »

Des célébrités sous le charme

Cette histoire de coming out sans drame, sans violence ni rupture avec la famille, a également été plébiscité pas de nombreuses célébrités qui ont contribué à faire du film un phénomène. A l’image de l’acteur Matt Bomer (Magic Mike, American Horror Story…) qui a littéralement loué le cinéma de sa ville natale de Springs, au Texas, pour que les gens puissent découvrir le film gratuitement.

Un acte de générosité imité par la star d’How I Met Your Mother Neil Patrick Harris ou par l’ancienne vedette de Veronica Mars, Kristen Bell. « Love, Simon m’a donné une véritable claque. Il y a tant d’histoires qui ne sont pas portées à l’écran. Je suis tellement heureuse que celle-ci le soit. Je n’ai absolument rien avoir avec ce film. Je l’ai juste adoré et voudrais partager l’amour», a-t-elle écrit sur un post Instagram.

Le réalisateur canadien Xavier Dolan a, quant à lui, posté un long message sur Instagram pour déclarer son amour pour le film :

«Plus sérieusement, ne parlons pas du film en lui-même, mais concentrons-nous plutôt sur son existence et le fait qu’un grand studio a réalisé un film sur le coming-out d’un adolescent. Une porte, déjà ouverte auparavant, a été ouverte mais cette fois je peux voir la lumière en sortir. J’ai vu tant de films LGBT étant enfant, cherchant désespérément des réponses, enfermé dans ma chambre. La plupart d’entre eux étaient brillants et revigorants pour le jeune artiste que je voulais être, mais laissaient le jeune homme que j’étais avec très peu d’espoir. Suicides, coeurs brisés, harcèlement, homophobie… Love, Simon, dans tout son sérieux, dans toute sa normalité montre la difficulté de faire son coming-out mais avec une fin inspirante pour les adolescents qui le regarderont sans se sentir ‘normaux’. Peut-être que cela leur apprendra que même si leur vie n’est pas aussi privilégiée que celle de Simon ils peuvent essayer de réagir».

After seeing Love, Simon, I felt like coming out to my mom Jennifer Garner (the 13 Going on 30 Jen), and walking in the corridor of my high school with a lost, yet sexual gaze. Congrats to my friend @therealnickrobinson who is so generous and genuine in this that I filed a proper adoption form. I’ve stored my passport in the freezer once or twice Nick but I can be a good parent to you. More seriously, let’s not discuss the movie itself, but rather focus on its existence, and the fact a major studio has released a film on a teen coming out. A door has opened, which has opened before, but this time, I can see the light pouring in. I’ve watched so many LGBTQ films as a kid, desperately looking for answers, locked up in my room, where I’d download movies on LimeWire for lack of a decent video store. Most of them were brilliant and invigorating for the young artist I wanted to be, but left the young man I was with little to hope for. Suicides, heartbreaks, bullying, gay-bashing… Love, Simon, in all its earnestness, in all its normalcy, shows the struggle of coming out, but with an inspiring conclusion for teenagers who will see “Love, Simon” because they don't feel "normal". Perhaps this will teach them that, even if their life isn't as privileged as Simon’s, they can make a move. And perhaps this can teach us, as an industry, that it’s time to stop relinquishing LGBTQ protagonists to insubstantial, typically comical supporting roles, but rather offer them narratives designed around them, and around the opposite of what is commonly referred to as ”normal people”. Normal is a changeful notion. Had a movie like that existed when I was 15, I maybe wouldn’t have lied to my father about that Ashton Kutcher poster I pretended to give my cousin Stefanie in front of him while it was actually mine. Had I seen it then, things would’ve been different. And I’m happy with how things went, and despite the loneliness you feel as a teen coming out, I felt supported. I was lucky. But most kids aren't. Love Simon is a huge step for them, and for us. Thank you to all the artists and people involved.

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La fiction s’en mêle

L’engouement pour Love, Simon est tel que le film a déjà fait son entrée dans le panthéon de la pop culture. La comédie a, en effet, été reprise dans le monde de la fiction et permis à un personnage d’une des séries les plus populaires du moment, Riverdale, de faire son coming-out. La flamboyante, mais toujours un peu bitchy, Cheryl a ainsi révélé aimer les filles dans l’épisode 14 de la saison 2 du show après avoir vu le film.

«Quand la mère de Simon lui a dit qu’il était un garçon si insouciant et qu’en grandissant il a arrêté d’être ce gamin heureux parce qu’il cachait un secret… Tout le monde pense que je suis un monstre incapable d’aimer. Mais ce n’est pas vrai. J’ai aimé quelqu’un, qui m’aimait en retour. Mais ma mère a détruit notre relation. […] Elle s’appelait Heather. C’était ma meilleure amie au collège. Elle dormait tout le temps à la maison jusqu’à un soir où ma mère nous a vues dans le même lit. Elle a dit que je n’étais pas normale», raconte avec émotion Cheryl.

La scène, joliment interprétée par l’actrice Madelaine Petsch, marque le début de la relation entre l’héritière des Blossom et Toni Topaz, bisexuelle affirmée jouée par Vanessa Morgan. Le couple est rapidement devenu extrêmement populaire parmi la communauté des fans de Riverdale qui lui a trouvé le surnom de «Choni», soit la contraction des prénoms des deux personnages. Merci Simon Spier !

Crédit photo : capture d’écran Youtube

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