5 raisons de découvrir d'urgence
Culture

5 raisons de découvrir d'urgence "Pose", la nouvelle série de Ryan Murphy


Le créateur de « Glee » et d’« American Horror Story », Ryan Murphy, nous transporte dans le New York des années 80 et la scène voguing avec « Pose ».  Au programme : destins queer, personnages transgenres et une mise en scène bluffante. La série diffusée sur la chaine américaine FX est retransmise tous les mercredi sur Canal + Séries. Et si « Pose » était la meilleure série de Ryan Murphy ?

New York, 1987. Une boule à facette scintille. Sur le parquet d’une salle de bal, des femmes puissantes et sublimes défilent au rythme du tube Heartbeat de Taana Gardner. Devant l’écran, une irrépressible envie de danser vous agrippe les hanches. Pas de doute. Vous regardez « Pose », la nouvelle création de Ryan Murphy.  Dès le premier plan du pilote, la série vous propulse dans le New York underground des années 1980, épicentre du mouvement voguing. La promesse de la série ? Nous faire partager le quotidien d’une communauté transgenre et homosexuelle complètement marginalisée, certes. Mais fabuleuse !

Une famille queer !

Personnages transgenres, gays issu de la communauté noire et latino, disco et paillettes, voilà le cocktail que nous offre Ryan Murphy. « Pose » suit la vie de Damon Richards, jeune danseur homosexuel afro-américain, chassé de chez lui par sa famille lorsqu’elle découvre son homosexualité. À la rue, Damon va croiser la route de Blanco Rodriguez, « mère » adoptive de jeunes gays et trans rejetés par leur famille. Puisque tout le monde les rejettent, ces « parias » vont prendre soin les uns les autres et se recréer une famille queer.

Blanca (MJ Rodriguez) et Damon (Ryan Jamaal Swain): une famille de coeur (Photo: FX)

Pour la visibilité trans ! 

« Pose » ne se contente pas de se saisir des vies et des histoires de femmes transgenres ou de jeunes gays. La série met dans la lumière leur existence. Au total pas moins de 50 acteurs et actrices LGBT composent le casting de cette première saison. Un record dans l’histoire des séries diffusées sur le petit écran. Parmi eux, cinq actrices transgenres jouent des rôles réguliers. Contrairement à la série Transparent qui elle était portée par un acteur cisgenre (Jeffrey Tambor) incarnant un rôle de femme trans.

Une visibilité que l’on retrouve à tous les étages de la création de la série, puisque la majorité des scénaristes de Pose est transgenre. Ainsi, parmi les auteurs de la série, on retrouve l’écrivaine et animatrice Janet Mock ou encore Our Lady J, la scénariste de Transparent. De quoi injecter à la série cette dose cruciale d’authenticité qui manque parfois aux histoires mettant en scène des personnages trans’.

Indya Moore alias « Angel »: royauté ! (Photos: FX)

Pour tout savoir sur la naissance du « Voguing »

Si vous pensiez que le Voguing est né sur le perron de l’Elysée le 21 juin 2018, vous avez tout faux ! Pose permet de pénétrer avec justesse un univers jusque ici trop inconnu du grand public : celui de la ball culture. Ces compétitions mêlant danse, défilé et de concours de charisme. Véritables lieux d’acceptation pour les queers noirs et latinos, toujours confrontés à une double discrimination : le racisme et l’homophobie notamment au sein même de la communauté gay.

Le principe est simple, les participants, regroupés par maisons (« houses », un terme qui fait référence aux maisons de couture), s’affrontent lors de concours où ils défilent en parodiant l’élite souvent hétéro et blanche. Leur arme ? La danse. On la nommera Voguing en référence au poses des mannequins dans le magazine Vogue. Dans la série, cela donne lieu à de magnifiques scènes de battles où le cast rivalise de techniques pour impressionner le jury dans des costumes extravagants !

Dominique Jackson est Elektra ! (Photo: FX)

Pour le retour des années 1980 !

Laque à cheveux, survet’ fluo, smurf, chorégraphies disco à la Fame… Ryan Murphy réussit le tour de force de nous propulser dans les années 80. Fidèle à sa méthode de travail, l’ex-journaliste devenu « homme le plus puissant de la télé américaine » (comme l’a récemment baptisé le New Yorker) a basé l’histoire de « Pose » sur un énorme travail de documentation. Ses personnages sont d’ailleurs largement inspirés des danseurs du documentaire de Jennie Livingston « Paris Is Burning ». Mention spéciale à la bande originale de la série qui exhume quelques perles disco et HI-NRG de Got to be real de Cheryl Lynn à Deep in Vogue, le tube de Malcolm McLaren (qui aurait, parait-il, inspiré le célébrissime Vogue de Madonna) !

Depuis Stranger Things et Glow (dont la saison 2 est déjà disponible sur Netflix), ont sait que les années 80 ont la côte dans les séries télé. Mais « Pose » ne fait pas l’impasse sur le part sombre de cette décennie: les yuppies, la cocaïne… et surtout les ravages du sida. 

Mais malgré la maladie, les personnages restent animé d’une incroyable pulsion de vie. Une des scènes les plus bouleversantes du pilote a lieu lorsque Blanca apprenant sa séropositivité se réfugie chez Pray Tell, son ami organisateur de balls. Celui-ci lui demande si elle a déjà des symptômes de la maladie. Lorsqu’elle lui répond que non, il lui lance : « Alors tu sais ce qui te reste à faire ! Continue à vivre ! Mets tes plus hauts talons et retourne dans le monde ! Il n’y a rien de plus tragique qu’une reine triste. » « Je ne suis pas triste, répond Blanca. Ce sont des larmes de joies. Je suis soulagée. Je n’ai jamais été sure de rien. J’ai vécu au jour le jour. Jusqu’à maintenant. Je ne veux pas mourir. Je veux vivre ! »

Le retour de Ryan Murphy

Avec les affreuses moumoutes de « The Assassination of Gianni Versace » et une série poussive sur les pompiers (« 911 »), Ryan Murphy frisait la surchauffe et nous l’ennui profond. Mais pour sa dernière série pour la chaine américaine FX avant le début de son règne chez Netflix, Ryan Murphy a tout donné. « Pose » est une réussite totale. Surtout, le producteur, qui injecte souvent à ses séries une dose massive d’hystérie, renoue ici avec la chaleur humaine. La série est bouleversante. Les personnages sont profonds et attachants. Jamais caricaturaux.

Pose, saison 1, chaque mercredi à 22h sur Canal+ Séries.

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