6 bonnes raisons d’aller voir le film
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6 bonnes raisons d’aller voir le film "Come As You Are" au cinéma !


Dans « Come as You Are », la comédienne Chloë Grace Moretz joue une jeune lesbienne envoyée par sa famille dans un camp de thérapie de conversion. Le film, adapté d’un best-seller de la littérature « jeune adulte », a gagné le Grand Prix du Jury du drame américain au festival de Sundance. TÊTU a vu le film et vous donne 6 raisons d’aller le découvrir en salles.

1 – Une belle histoire d’amitié queer

Come As You Are a beau devoir son titre à l’hymne grunge de Nirvana, ce sont des paroles d’une chanson Rihanna qui résume encore mieux le pitch du film : « We found love in a hopeless place », (« On a trouvé l’amour dans un endroit sans espoir »). Dans les années 90, Cameron (Chloë Grace Moretz), une ado orpheline, est surprise par son petit ami en train de faire l’amour une autre fille. Sa tante décide alors de l’envoyer dans un camp évangélique, baptisé « La Promesse de Dieu » (« God’s Promise ») pour qu’elle renonce à « ses tendances lesbiennes ».

Dans cette école, les adolescents apprennent l’auto-détestation. Heureusement, Cameron va se lier d’amitié avec d’autres ados, homosexuels, comme elles: Adam, un jeune garçon d’origine indienne, joué par Forrest Goodluck, et Jane Fonda (oui comme l’actrice !) campée par Sasha Lane. Ensemble, ils vont former une sorte de seconde famille queer et compréhensive.

2 – Parce que le bouquin est culte !

Come As You Are, est l’adaptation de The Miseducation of Cameron Post, le roman culte d’Emily M. Danforth. L’auteure a eu l’idée du livre en découvrant l’histoire de Zach Stark, un jeune garçon de 16 ans que ses parents avaient envoyé dans un de ces camps. L’adolescent avait posté sur sa page MySpace la liste surréaliste des vêtements qui lui étaient interdits de porter, des musiques qu’il était autorisé à écouter…  Devenu viral, le règlement a permis à des activistes de demander la fermeture du camp.

La littérature « jeune adulte » est le nouvel horizon de Hollywood. Des films comme Midnight Sun, Every Day, The Hate U Give ou Love Simon, sorti le 27 juin dernier en France, sont tous des adaptations de succès de librairie pour ados.

3 – Un sujet rarement traité au cinéma

Le sujet des thérapie de conversion a rarement été traité au cinéma. À part peut-être de manière légère dans la comédie But I’m a Cheerleader (1999) ou dans le poignant Save Me (2007) de Robert Cary. Mais  Hollywood se réveille. Le chanteur ouvertement gay Troye Sivan sera bientôt à l’affiche de Boy Erased, aux cotés de Nicole Kidman, Russell Crowe et Xavier Dolan, le deuxième film de Joel Edgerton qui traitera également de ce sujet.

3 – Parce que Chloë Grace Moretz !

Elle était l’héroïne badass de la série des « Kick-Ass ». Chloë Grace Moretz revient avec un rôle d’adolescente lesbienne dont les parents sont morts et qui se débat avec une sexualité condamnée par la tante qui l’élève. Loin des artifices du film de superhéros, on découvre une actrice au jeu naturel et sensible. En interview, la comédienne a expliqué que faire ce film était pour elle un acte militant :

« J’ai deux frères gays et j’ai grandi avec les questions LGBTQ à l’esprit, a-t-elle déclaré à Variety. En ce moment, j’avais l’impression que la chose la plus importante que je puisse faire, c’était de faire ce film, de donner une voix et de faire quelque chose d’un peu tangible pour la cause. »

4 – Une équipe queer et engagée

Come as you are est le quatrième long métrage de la réalisatrice irano-américaine Desiree Akhavan. La jeune femme, également comédienne, a notamment joué dans la cultissime série Girls de Lena Dunham. Ouvertement bisexuelle, Akhavan s’est faite remarquer en 2010, en réalisant la web-série lesbienne The Slope.

Pour le casting de Come As You Are, la cinéaste a mis un point d’honneur à s’entourer d’ acteurs et d’actrices queer dans les rôles-clés. Ainsi, la comédienne Sasha Lane (aperçue dans « American Honey »), qui joue l’une des amies de Cameron dans le camp, est elle aussi ouvertement homosexuelle.

5 – Pour comprendre les thérapies de conversions

Certains pseudo-psychologues et autres groupe religieux entretiennent l’idée que l’homosexualité est une « maladie » dont on pourrait « guérir ». Ces groupes, parfois organisés en école ou séminaire, utilisent sur des adolescents fragiles différentes techniques qui s’apparentent à du lavage de cerveau. Des procédés aversives qui associent les « idées homosexuelles » à un stimulus qui déclenchent une réponse d’anxiété chez le patient (douleur, nausée, etc.).

Aux Etats-unis, malgré la condamnation très ferme de la société américaine de psychiatrie, certains établissement pratiquent encore ces « thérapies de conversion ». La mobilisation contre ces techniques barbares s’organise mais les groupes religieux prônant ces « méthodes » bénéficient du soutien ambigu du vice-président des Etats-Unis, Mike Pence. Ces pratiques sont donc combattues au niveau des états fédérés.

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À ce jour, treize états américains ont déjà interdit les thérapies de conversion sur les mineurs. D’autres comme Iowa, le Michigan ou Puerto Rico vont bientôt se prononcer sur la légalité de ces procédures dangereuses pour la santé mentales et physiques des jeunes. 

En France, aucune loi ne condamne les « thérapies de conversion ». En Europe, l’île de Malte et quelques régions autonomes espagnoles ont explicitement interdit ces pratiques. Mais le 1er mars dernier, le Parlement européen a voté, une motion appelant les Etats membres à interdire définitivement les thérapies de conversion. Le texte non-contraignant a été voté à une très largement majorité. Pourtant, certains eurodéputés français se sont opposés au texte.

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Le film montre comment les méthodes employées dans ces camps exposent les adolescents à des dégâts psychologiques allant de la dépression, la haine de soi et parfois même au suicide. Surtout, il décrit l’inefficacité de ce bourrage de crâne ne reposant sur rien d’autres que des théories fumeuses mêlant croyances religieuses et psychanalyses en toc.

Mais Come As You Are trace aussi une ligne de fuite salvatrice : celle dessinée par ces jeunes gays et lesbiennes pris au piège dans une société qui veut les « rectifier » et qui malgré la haine, ou peut-être à cause d’elle, finiront par prendre soin les uns des autres et former une communauté. Bref, un petit film émouvant, révoltant et donc important.

Découvrez la bande annonce de « Come As You Are »: 

« Come As You Are » de Desiree Akhavan, avec Chloë Grace Moretz, Sasha Lane et John Gallagher Jr sortira en salle le 18 juillet 2018 (1h 31min)

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