Une marche des fiertés 2018 festive et revendicative !
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Une marche des fiertés 2018 festive et revendicative !


Des centaines de milliers de personnes ont défilé samedi après-midi à Paris pour la Marche des fiertés LGBTQI… mais pas toutes sous le même mot d’ordre.

Une marche des fiertés LGBTQI 2018 festive et revendicative ! Cette année encore, la manifestation aura rassemblé près de 500 000 participants. Et c’est sous un soleil de plomb que le cortège s’est élancé, depuis la place de la Concorde, aux alentours de 14:30, pour rejoindre la place de la République.

Les manifestants, répartis entre les 87 chars des différentes organisations participantes (associations, entreprises, syndicats et pour la première fois la Ville de Paris), brandissaient des pancartes sur lesquelles étaient écrit :« L’homophobie est un machisme », « Vous n’avez pas le monopole de la famille », « Fermez le Vatican, Guantanamo mental », « Ni la Terre ni les femmes ne sont des conquêtes » ou encore « PMA, l’égalité n’attend pas ! »

« PMA, l’égalité n’attend pas ! » pouvait-on lire sur le char de SOS Homophobie.

Un mot d’ordre loin de faire l’unanimité

Anne Hildago, l’avocate Caroline Mécary et d’autres personnalités ont ouvert le cortège des fiertés, arborant une banderole sur laquelle on pouvait lire le mot d’ordre choisi cette année par l’Inter-LGBT: « Les discriminations au tapis dans le sport comme dans nos vies ». Un mot d’ordre qui était loin de faire l’unanimité dans le monde militant LGBTQI.

Quelques membres du gouvernement avaient également fait le déplacement: le secrétaire d’État auprès du Premier ministre et porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, le secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement, Christophe Castaner, ainsi que le secrétaire d’Etat chargé du numérique ouvertement gay, Mounir Mahjoubi.

La musique et les éclats de rires ont été interrompus par 3 minutes de silence en mémoire des victimes du VIH. Un moment toujours très émouvant. Sur le coté de la rue de Rivoli, quatre hommes, la cinquantaine, pleurent à chaudes larmes en se tenant dans les bras. La scène est bouleversante. Puis le cortège redémarre. La musique aussi.

Une marche étrange

Mais cette marche des fiertés 2018 restera une édition étrange. D’abord, parce que le cortège officiel était précédé d’une autre manifestation venue dénoncer une « opération de pinkwashing » sur la marche et fustigeant la présence d’entreprises privées, de membres du gouvernement et d’un char de la police ( l’association Flag !). Sur leur banderole on pouvait ainsi lire « Queers et Trans Racisé.e.s contre l’homonationalisme. »

Etrange également de voir les deux associations de lutte contre le sida, Aides et Act-Up Paris, reléguées en queue de cortège, parce qu’elles ont refusé de souscrire au slogan de l’Inter-LGBT. Un signal maladroit, alors que le nombre de contaminations restent très élevés chez les hommes ayant des relation sexuelles avec des hommes. Ainsi, à 17:30, les militants des deux associations attendaient encore stationnés rue Royale, tandis que la début du cortège arrivait déjà place de la République…

A lire aussi: Marche des fiertés : la porte-parole de l’Inter-LGBT répond aux polémiques

De fait, le mot d’ordre choisi cette année par l’Inter-LGBT était très peu repris sur les pancartes et les chars. Les manifestants lui préférant des slogans plus clairement engagés pour l’ouverture de la PMA pour tous les femmes ou dénonçant la loi Asile et Immigration, l’homophobie ou la transphobie.

Selon une étude de l’Ifop présentée mercredi, plus de la moitié (53%) des personnes se définissant comme homosexuelle, bisexuelle ou transgenre ont déjà été victimes d’une agression homophobe. Parmi les faits répertoriés : insultes (28%), attouchements ou gestes à caractère sexuel (24%), menaces de révéler l’orientation sexuelle à des proches, collègues ou voisins (18%), ou viol (11%).

Les drapeaux LGBT de l’Assemblée nationale dégradés

À l’occasion de la Marche des fiertés, l’Assemblée nationale était pour la première fois « pavoisée » aux couleurs arc-en-ciel. Mais un individu se présentant comme un « militant d’extrême droite et anti-LGBT » a déchiré à mi-hauteur l’un des deux drapeaux posés sur le palais Bourbon dans la nuit de vendredi. L’auteur de ces méfaits a rapidement été interpelé par la garde républicaine selon la présidence de l’Assemblée nationale.

Le président de l’Assemblée François de Rugy (LaREM), qui était à l’origine de cette initiative, a indiqué qu’une plainte allait être déposée. Le drapeau arc-en-ciel « est le symbole en général de la lutte contre l’homophobie, de l’égalité des droits », avait-il déclaré jeudi, ajoutant que « c’est un combat qui est souvent passé par l’Assemblée nationale, qui [y] a parfois été d’ailleurs assez agité (…), mais aujourd’hui on voit que ce sont plutôt des sujets qui rassemblent ».

Si la marche est terminée, la fête, elle, se poursuivra jusqu’à 22h, sur le grand podium de fin de marche, place de la république, où se produiront de nombreux artistes, comme Rebeka Warrior, Arnaud Rebotini ou encore Kiddy Smile.

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