Une lesbienne britannique autorisée à vivre avec sa conjointe à Hong Kong
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Une lesbienne britannique autorisée à vivre avec sa conjointe à Hong Kong


La plus haute juridiction hongkongaise a accordé à une lesbienne britannique, mercredi 4 juillet, le droit de vivre et de travailler dans la mégapole avec sa compagne. Une décision qui devrait faire date et clôt une longue bataille judiciaire.

Un pas en avant pour les couples de même sexe. La Cour d’appel final de Hong Kong a autorisé, mercredi 4 juillet, une lesbienne britannique à pouvoir vivre et travailler avec sa compagne au sein de la mégalopole. La requérante, identifiée sous les lettres « QT », était privée d’un visa marital parce qu’elle est en couple avec une femme, nommée « SS » dans le dossier.

QT est arrivée dans l’ex-colonie britannique en 2011 après avoir conclu en Grande-Bretagne un partenariat civil avec SS. Cette dernière s’était rendue à Hong Kong pour y occuper un nouvel emploi. Mais Hong Kong ne reconnaît pas les unions entre personnes du même sexe. QT n’avait donc pu obtenir qu’un visa touristique, et non un visa dépendant, qui permet de travailler.

En septembre 2017, la requérante avait obtenu gain de cause auprès de la Cour d’appel, mais le gouvernement avait contesté le jugement. La plus haute juridiction hongkongaise, allant contre le gouvernement, a finalement décidé qu’une personne peut venir travailler dans la mégalopole car « il ou elle a le talent ou les compétences jugées nécessaires ou désirables. Cette personne peut être hétérosexuelle ou gay »

Des citoyens «  de seconde zone »

C’est la première fois que la plus haute juridiction rend une décision en faveur des droits des couples du même sexe, a souligné l’avocat de QT, Michael Vidler. « Nous espérons qu’elle ouvrira la voie au changement et à la reconnaissance du mariage gay » , a-t-il ajouté. Douze grandes institutions financières internationales dont Morgan Stanley, Goldman Sachs et Credit Suisse, avaient volé au secours de QT, arguant qu’une politique de recrutement « diversifiée » était vitale pour attirer les meilleurs talents.

Dans un communiqué publié par son avocat, QT a déclaré ressentir de « la joie » face à ce jugement. Elle a également ajouté être heureuse de savoir qu’elle a « un petit peu contribué à faire avancer les droits des gens LGBT à Hong Kong ». La requérante a accusé le gouvernement de l’avoir traitée « comme des milliers d’autres lesbiennes et gays comme une citoyenne de seconde zone du fait de mon orientation sexuelle ».

Bientôt le mariage entre personnes du même sexe ?

L’homosexualité n’a été dépénalisée à Hong Kong qu’en 1991. Ville ouverte et cosmopolite où une Gay Pride attire chaque année des milliers de personnes, la région semi-autonome est aussi un repaire de mouvements conservateurs qui dénoncent les avancées, pourtant timides, de la cause LGBT. Sous la pression des conservateurs, les bibliothèques publiques ont, par exemple, récemment mis les livres pour enfants à thème LGBT hors de la portée des regards, accessibles seulement sur demande.

En 2017, quand la Cour constitutionnelle de la Taïwan voisine avait rendu un arrêt favorable au mariage entre personnes du même sexe, des militants de la cause gay à Hong Kong avaient dénoncé le manque de progrès sur les questions d’égalité. Mais il y a quelques signes de changement. D’après une étude publiée mardi 3 juillet par le centre de droit public de l’Université de Hong Kong, 50,4% des Hongkongais se disaient favorables en 2017 au mariage entre personnes du même sexe, contre 38% en 2013.

L’étude souligne également qu’en 2017, 78% des hongkongais considéraient que les couples de personnes du même sexe devaient avoir « au moins les mêmes droits » que les couples hétérosexuels. Et près de 69% des habitants de la mégalopole déclaraient qu’une loi protégeant les citoyens contre toute discrimination basée sur leur orientation sexuelle devait être mise en place.

 

Crédit photo : Flickr / Herry Lawford.

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