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"LGBTSTEM Day" : une première célébration mondiale pour les scientifiques LGBT+


En ce jeudi 5 juillet 2018, on célèbre, partout dans le monde, les scientifiques LGBT+. Une initiative organisée par un groupe d’associations pour les droits des scientifiques LGBT+, dans les domaines de la science, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STEM). Une belle façon de mettre en avant les scientifiques queer actuels, mais aussi de commémorer ceux qui ont marqué l’histoire (et il y en a eu !).

Les organisateurs du « LGBTSTEM Day » justifient le choix du 5 juillet, pour « 507 ». Cela ne nous éclaire pas vraiment. Mais si on vous dit qu’il faut penser en nanomètres ? Alors là, on est carrément perdu.e.s. Les scientifiques du collectif à l’origine de cette journée, Pride in STEM, précisent : « C’est la longueur d’ondes de la couleur verte dans le drapeau arc-en-ciel. Et la couleur verte représente la nature ». Alors soit, ce sera le 5 juillet !

L’enjeu de cette célébration est clairement exprimé dans le communiqué de presse. Il s’agit de visibiliser les scientifiques LGBT+ :

« Les personnes LGBT+ dans la science, la technologie, l’ingénierie et les maths (STEM), continuent de se battre pour être eux-mêmes et ça ne peut pas continuer. Cela doit changer au plus vite et c’est pour ça qu’on a décidé de faire du 5 juillet le #LGBTSTEMDay, la première journée internationale pour célébrer les personnes LGBT+ dans les sciences. »

Les scientifiques au placard

Plusieurs études ont été menées aux Etats-Unis sur ce sujet et viennent confirmer le manque de visibilité des LGBT+ dans la communauté scientifique. Selon la revue de recherche « Journal of homosexuality », 40% des scientifiques LGBT+ seraient toujours au placard. Quant aux physiciens transgenres et non binaires, la société de physique américaine « APS » rapporte que près de la moitié d’entre eux auraient déjà été harcelés au travail. Même constat du côté des étudiants LGBT+ en sciences, moins nombreux que les hétérosexuels à poursuivre leurs études. Des chiffres au retentissement bien trop faible, qui justifient le lancement de cette journée de célébration. Et pour l’astrophysicien Alfredo Carpineti, l’un des fondateurs du collectif Pride in STEM, la priorité est d’augmenter la diversité et l’inclusion dans le champs scientifique.

« Le LGBTSTEMDay ne va pas résoudre tous nos problèmes, mais permettra de leur donner un coup de projecteur. Nous sommes persuadés que ça permettra aux scientifiques d’engager des conversations sur le sujet. L’ignorance tue. Il est grands temps d’arrêter de prétendre que les disciplines scientifiques ne sont pas influencées par les changements politiques et sociaux. »

Un hashtag repris sur les réseaux sociaux.

Des scientifiques LGBT+ qui ont marqué l’histoire

Au-delà de célébrer les scientifiques actuels, cette journée est aussi faite pour commémorer les scientifiques queer qui ont marqué l’histoire. Petit tour d’horizon non exhaustif.

Léonard De Vinci, Alan Turing, Alan Hart ou Sally Ride… Ces quatre scientifiques ont comme point commun d’être LGBT+, alors on profite du LGBTSTEMDay pour, nous aussi, leur rendre hommage.

Léonard De Vinci, a contribué à de nombreuses avancées dans les sciences et les arts. Mais il a surtout vécu ouvertement son homosexualité (au XVe siècle !). Dans une biographie consacrée au peintre florentin, on peut lire qu’il était « attiré sentimentalement et sexuellement par des hommes ». L’inventeur aurait même eu plusieurs relations avec ses élèves.

Alan Turing a été rendu célèbre par le film Imitation Game qui retrace toute sa vie. Il est l’inventeur de la machine de Turing, la base de tous les ordinateurs modernes. Ouvertement gay dans une Angleterre qui considère l’homosexualité comme un crime, il est arrêté par la police britannique pour indécence en 1952 et subit une castration chimique. Il se suicide deux ans plus tard en mangeant une pomme au cyanure.

Sally Ride, astronaute, est la première femme américaine a avoir été dans l’espace. Peu après sa mort, en 2012, sa compagne rend publiques leurs 27 années de relation.

Alan Hart était une personnalité de premier plan dans la lutte contre la tuberculose, l’une des premières causes de mortalité aux Etats-Unis dans la première moitié du XXe siècle. En 1918, après une hystérectomie et une castration, il devient l’un des premiers hommes trans des Etats-Unis.

 

Crédit photo : capture LGBTSTEM Day.

 

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