L'humoriste Marie s'infiltre au coeur d'une polémique après sa vidéo sur la marche des Fiertés
Buzz/People

La vidéo de "Marie s'infiltre" à la Marche des fiertés ne passe pas... du tout


L’humoriste « Marie s’infiltre » a créé le malaise après une vidéo à la Marche des fiertés, diffusée le 2 juillet, où elle se fait passer pour une militante de la Manif pour tous. Entre blagues homophobes et gestes déplacés, les internautes l’ont vivement critiquée sur les réseaux sociaux.

« Alors, vous aussi vous êtes des tantouzes ? » C’est ainsi que commence la vidéo spéciale Marche des fiertés de « Marie s’infiltre ». L’humoriste adepte des micro-trottoirs s’était déguisée, samedi 30 juin, en « seule rescapée de la Manif pour tous ». En polo rose « un papa, une maman », une pancarte « La Manif pour tous soutient la Gay Pride » dans la main, elle est allée interroger les participants de la marche. Et la plupart étaient stupéfaits.

Elle y enchaîne, avec un accent aristo à la Valérie Lemercier (qui n’arrive pas à la cheville de l’originale) les généralités, gênantes et éculées (« mais pourquoi tous les homos sont exubérants ? »), et les mains aux fesses sans consentement. A une personne se déclarant agenre, elle répond : « Mais pourtant t’es un homme, t’as une bite quoi ? ».

Puis, dans le jardin des Tuileries, elle demande à une jeune fille : « T’es quand même pas homo, c’est du gâchis ». « Non je suis bi », répond la jeune fille du tac au tac, avant d’apercevoir le drapeau Manif pour tous. « Oh non c’est une blague ? », lâche-t-elle, ne sachant vraisemblablement pas que choisir entre rire ou pleurer.

Des internautes effarés

Cette vidéo a particulièrement choqué les internautes, d’abord pour le manque de délicatesse de l’humoriste d’avoir choisi d’interpréter un personnage issu de la Manif pour tous. Un mouvement qui a « profondément heurté et blessé les personnes LGBT », comme le dit si bien ce twittos.

Les insultes homophobes répétées n’ont pas non plus fait rire tout le monde.

https://twitter.com/anarcoluthe/status/1014458254846562304

Mais les mains aux fesses se sont chargées de confirmer le malaise. Celles-ci semblent particulièrement assumées par l’humoriste, qui, sur Facebook, décrit la Marche des fiertés comme étant « une fête païenne où l’on peut toucher des petits culs en toute impunité ». Or pour plusieurs internautes, il s’agit bel et bien d’une agression sexuelle.

A l’heure du Mondial, où les journalistes sont agressées en direct par des supporters , une femme peut-elle « impunément » mettre des mains aux fesses à des gens qui n’ont rien demandé ?

L’humoriste également accusée d’outing

Cerise sur le gâteau, l’humoriste, qui n’en est pourtant pas à sa première vidéo, n’aurait demandé aucune autorisation aux gens qui apparaissent à l’image. Pire encore, la comédienne aurait bloqué une personne concernée, qui s’est reconnue dans le sketch et avait demandé à lui « parler de toute urgence », comme on peut le lire dans le thread Twitter ci-dessous.

L’étudiante au barreau de Paris raconte que samedi, une « dame avec le drapeau cape LMPT tous arrive très agressive (et on ne le voit pas dans la vidéo) se moque de nous pleine d’ironie en disant qu’elle veut défiler avec nous ». Elle n’a par ailleurs « jamais vu de caméra, qui devait être loin, en zoom » ni de micro cravate. « C’était en mode caméra cachée, quoiqu’elle en dise, pas en mode interview ». Elle accuse également l’humoriste d’outing : « On voit mon ami de face, avec ses lunettes de soleil. Et lui, contrairement à moi, ne dit pas à ses proches qu’il est gay / bi. Si ses proches le voient à une Marche des fiertés, ça pourrait être grave pour lui ».

 

Des excuses en demi-teinte

Pour répondre à la polémique, l’humoriste a tenté de s’expliquer dans un post Facebook hier soir. Elle y annonce la « mort très prochaine » de sa vidéo (même si a l’heure où nous écrivons l’article, elle est encore en ligne, générant des vues et des revenus) et tente de se justifier.

« La vidéo constitue à la fois une caricature grossière des comportements homophobes (et oui mes amis les tarlouzes) et traite avec humour l’exubérance inhérente à la Pride, sa liberté et son excentricité. »

 

 

L’humoriste joint toutefois à ses « excuses » quelques critiques contre la « communauté LGBTQI+ » qu’elle « aime tant », lui reprochant de ne pas « supporter sa propre satire ». Aussi, elle affirme ne pas vouloir  « renoncer à (…) traiter avec humour, dérision et autodérision de TOUS les sujets de société ou d’actualité » qui l’interpellent. Avant de conclure : « Salut les pédales, je vous aime ». Décidément, Marie s’infiltre partout, mais elle a manifestement oublié de s’infiltrer dans un dictionnaire pour vérifier la définition de l’homophobie.

 

Crédits photos : Capture Facebook.

ads