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La productrice de "Buffy" regrette d'avoir tué le personnage lesbien de Tara


Marti Noxon, productrice de Buffy contre les vampires, a confié à Vulture qu’elle avait peut-être été « trop loin » en tuant Tara Maclay, personnage lesbien de la série.

Mais pourquoi donc avoir fait mourir Tara ? Dans un entretien accordé au site américain Vulture, Marti Noxon s’est récemment confiée sur son travail d’écriture autour de la série à succès dont elle fut productrice déléguée : Buffy contre les vampires.  » Il y a eu des parties de la saison 6 où j’ai eu le sentiment qu’on était allés trop loin  » a-t-elle avoué.  » On a poussé la série dans des retranchements qui paraissaient presque sadiques, et dans lesquels Buffy s’engouffrait dans ce qui était bien plus que des ‘mauvais choix’, qui étaient presque irresponsables pour le personnage. Mais cela a peut être un lien avec ma propre histoire (rires). L’histoire personnelle, n’est-ce pas ? C’est personnel. Et je pense que tuer Tara a été… – rétrospectivement, de tous les personnages, devait-elle vraiment mourir ? « . Des propos qui n’ont pas manqué de faire réagir la grande communauté des fans de Buffy, pour qui la mort du personnage a eu un effet dévastateur sur la suite du scénario.

Féministe, la série est surtout l’une des premières où apparaît un couple homosexuel assumé : Willow Rosenberg et Tara Maclay. Les saisons quatre, cinq et six sont entre autre rythmées par un amour passionnel entre les deux personnages. C’est dans l’épisode 19 de cette dernière saison que tout bascule (attention spoiler, prévisible dans cet article), lorsqu’une balle tentant de tuer Buffy se loge dans le dos de Tara, qui meurt presque instantanément.

 

Les personnages LGBT+ manquent encore cruellement de visibilité

Or, cette mort n’en est malheureusement qu’un parmi tant d’autres. Comme ce fut le cas pour Marti Noxon, nombre de showrunners n’hésitent pas à tuer les personnages LGBT+, tant et si bien que cette pratique porte un nom :  » Bury your gays  » ( » Enterrez vos gays « ). En remontant dans l’histoire du petit écran, la première lesbienne à avoir été tuée dans une série remonterait à 1976, dans Executive Suite où Julie est renversée par une voiture alors qu’elle poursuit la femme qu’elle aime. D’après le site américain Autostraddle, 147 personnages féminins lesbiens ou bisexuels sont morts dans des séries depuis. Un chiffre important, qui ne fait que confirmer l’exclusion des minorités à l’écran.

Pour la communauté LGBT+, ces disparitions soudaines de personnages lesbiens sont perçues comme une véritable trahison. Cela a été le cas lorsque Jenji Kohan, créatrice d’Orange Is The New Black, a brutalement fait disparaître de la série Poussey Washington, jouée par Samira Wiley. Mais l’exemple le plus parlant reste la mort de Lexa, dans la série The 100. Sur Twitter, les fans déchus de leur héroïne se sont regroupés sous les mots-clefs  » LGBT Fans Deserve Better  » (Les fans LGBT méritent mieux). Un site internet a même été crée dans la foulée, pour donner une idée plus précise des personnages qui en étaient victimes. 24 heures après la diffusion de l’épisode en question de The 100,  » Thirteen « , Jason Rothenberg (le créateur de la série) a perdu plus de 10.000 followers sur  le réseau social. Quant aux audiences, celles-ci ont chuté de 1,39 million de téléspectateurs à 1,25 million pour l’épisode suivant la mort du personnage.

 » Je ne veux déranger personne, je veux simplement parler du pouvoir que nous avons entre nos mains; Si on s’unit et que l’on utilise ce pouvoir de la bonne manière, nous avons une chance d’y arriver. Nous voulons tous que Lexa revienne, nous avons tous été blessés. Nos vies comptent (…) La représentation positive compte et nous ne voulons certainement pas que Lexa devienne un exemple du trope ‘Enterez vos gay’. Le personnage a tant de potentiel, c’est une inspiration pour beaucoup d’entre nous; Il n’y y pas d’autre solution, Lexa doit être en vie (…).  »

Dans les séries télévisées, la communauté LGBT+ souffre depuis toujours d’un manque de représentation évident. Selon un rapport publié sur la saison 2017 par GLAAD, sur les 901 personnages apparaissant dans les séries diffusées aux heures de grande écoute, seuls 58 (6,4%) ont été identifiés comme gay, lesbiennes, bisexuels, transgenres et/ou queer. C’est le pourcentage le plus élevé que l’association américaine ait trouvé depuis la création de ce rapport. 

 

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Crédit photo : capture YouTube.

 

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