Finale de la Coupe du monde 2018 : j'ai suivi le match dans un bar gay 1/2
Société

Finale de la Coupe du monde 2018 : j'ai suivi le match dans un bar gay 1/2


Pour la finale de la Coupe du monde de football, dimanche 15 juillet 2018, TÊTU a décidé de se rendre dans deux bars du Marais, pour goûter à deux ambiances différentes : l’un gay, l’autre lesbien. Je me suis pour ma part rendu au Raidd bar, situé dans la rue du Temple, une institution plus connue des homosexuels pour ses « hommes en slip » sous la douche que pour ses retransmissions de matchs de football. Qui a dit que les gays et les lesbiennes n’aimaient pas le foot ? Retour sur une journée folle, qui a vu la France sortir victorieuse pour la seconde fois en vingt ans, d’une finale de la Coupe du monde.

« At first I was afraid, I was petrified / Kept thinking I could never live without you by my side. » Dimanche 15 juillet, c’est avec l’hymne LGBT et footballistique « I Will Survive » de Gloria Gaynor, dans les oreilles, que je me suis dirigé vers le Raidd bar, institution du milieu gay parisien. Si ma collègue Marion Chatelin s’est perdue dans les dédales du métro des Halles pour rejoindre le Bar’Ouf, j’ai préféré marcher au soleil pour rejoindre le Raidd bar, au 23 rue du Temple.

Quinze minutes avant le début du match, une centaine de personnes se pressent déjà à l’intérieur de la grande salle du bar, où deux écrans projettent la finale. Au moment de la demi-finale, deux écrans avaient été installés dehors, drainant plusieurs centaines de supporters rue du Temple. Au milieu, des maillots de foot et des visages peints en bleu-blanc-rouge. Jean-Claude Houssoy, le patron des lieux, m’explique ne pas être « fan de foot » mais s’y intéresse quand même lors de grand événements, « surtout lorsque la France est en finale ». « Les gays adorent le foot, ajoute-t-il. C’est un moment de célébration. Je trouve que nous avons une bonne équipe, pas prétentieuse. »

Les klaxons résonnent dans le bar

Pendant la première mi-temps, les nerfs des supporters sont mis à rude épreuve, notamment quand l’un des deux écrans bugue et devient tout noir. Les cris de bonheur fusent, ensuite, lorsque, sur un coup franc d’Antoine Griezmann, Mario Mandzukic marque contre son camp. Les klaxons résonnent alors dans le bar et tout le monde chante (ou plutôt crie) : « Allez les Bleus ! ». Après un but de la Croatie, il est temps de parler un peu aux supporters sortis prendre l’air pendant la mi-temps.

Entre deux bouffées de cigarette, David Lefebvre, 42 ans, affirme que le football « soude une nation » :

« C’est très rare. La France retrouve son identité dans ce genre d’événements. Je me rappelle, en 1998, j’étais dans l’armée. Avant de retourner à la caserne, j’avais vu le match place de l’Hôtel de Ville. C’était génial ! »

Nicolas Tête, 22 ans, n’avait lui que 2 ans lors de la finale de 1998. Mais il en entend « très souvent parler », ajoutant que vivre la finale de 2018 lui donne l’impression de vivre celle d’il y a 20 ans. Il trouve cependant que les Bleus ne sont pas assez offensifs lors de cette première mi-temps.

« Pogba on t’aime »

« The Final Countdown » se termine dans le bar juste avant le début de la deuxième mi-temps. Près de 150 personnes réagissent avec ferveur aux buts qui s’enchaînent. Pogba puis Mbappé : l’ambiance est électrique au milieu du Raidd. Des chants de victoires et des « Pogba on t’aime »  fusent de partout. 

Et si la Croatie arrive à marquer un deuxième but, les esprits semblent plus apaisés, comme si tout le monde connaissait déjà le verdict. Quand elle arrive, cette fameuse victoire, les gens sautent, se prennent dans les bras, des larmes de joie coulent sur les visages de certains supporters. Les notes du fameux « I Will Survive » se font alors entendre, rendant les gens encore plus fous.

Dehors, on entend des gens gueuler « On a gagné ! ». Le bar se vide rapidement, les supporters de dépêchant de rejoindre l’Hôtel de Ville ou la place de la République. Des confettis multicolores tombent depuis un appartement du Marais, drapant les nombreux badauds et footeux de mille couleurs. C’est beau, c’est festif. Merci le Marais !

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Crédit photos : Clément Boutin.

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