Finale de la Coupe du monde : comment les Pussy Riot ont provoqué Poutine
Société

Finale de la Coupe du monde : comment les Pussy Riot ont provoqué Poutine


Quatre membres des Pussy Riot, un groupe punk féministe contestataire russe, sont venu.e.s perturber la finale de la Coupe du monde de football opposant la France à la Croatie, ce dimanche 15 juillet.

L’image a fait le tour des réseaux sociaux : Killian Mbappé tapant dans les mains d’une femme habillée en policière à la 53e minute de la finale de la Coupe du monde de football. Cette femme, accompagnée de trois autres personnes, a fait irruption dimanche sur la pelouse du stade Louijniki où se jouait la rencontre entre la France et la Croatie. Les militant.e.s ont été rapidement interpellé.e.s et le match a pu reprendre normalement.

L’action a été immédiatement revendiquée par les Pussy Riot, un groupe de punk rock féministe russe, originaire de Moscou. Dans une vidéo postée sur YouTube, trois des membres expliquent les raisons de leur action et réclament pêle-mêle « la libération des prisonniers politiques, la fin des arrestations illégales pendant les manifestations, l’emprisonnement des gens pour des ‘likes’ ou encore la fabrication des accusations criminelles ».

Les membres des Pussy Riot interpellés ont passé la nuit du dimanche au lundi en prison « sans possibilité de se laver, de manger ou de dormir », précise le groupe sur Twitter. Ils ont été transportés lundi matin au tribunal de Khamovnichesky à Moscou et ont été condamnés mardi à la peine maximale de 15 jours de prison et une interdiction d’assister à des événements sportifs pour trois ans. Ils avaient été reconnus coupables d’avoir « gravement enfreint les règles du comportement des spectateurs ».

Un groupe féministe né en 2011

Le groupe, formé en 2011, s’est fait connaître l’année suivante quand plusieurs militantes ont été arrêtées après une « prière punk » au sein de la cathédrale du Christ-Saint-Sauveur de Moscou. Leur condamnation à deux ans de camp de travail avait provoqué une vague d’indignations dans les pays d’occidentaux. D’eux d’entre elles avaient effectué la quasi-totalité de leur peine avant d’être amnistiées fin 2013 par Vladimir Poutine.

Depuis, les Pussy Riot dénoncent régulièrement la censure en Russie, les violences faites aux femmes ou l’oppression politique, le plus souvent lors de performances artistiques non autorisées.

Lutte pour les droits LGBT+

Les Pussy Riot se sont illustré.e.s à plusieurs reprises pour leur soutien aux droits des personnes LGBT+. En 2011, deux militantes avaient été arrêtées après avoir participé à la Gay Pride interdite de Moscou et plus récemment, Nadya Tolokonnikova expliquait à Slate.fr l’engagement du groupe envers les personnes transgenres : « Nous croyons qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un vagin ou un clitoris pour être une femme et avoir un clitoris ou un vagin ne fait pas forcément de vous une femme (…). Nous disons toujours que n’importe qui peut être une Pussy Riot, et on le pense vraiment ».« 

Article mis à jour le 17 juillet 2018

Crédit photo : capture Facebook / Pussy Riot.

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