Costa Rica : la Cour suprême ordonne la levée de l'interdiction du mariage pour tous
International

Costa Rica : la Cour suprême ordonne la levée de l'interdiction du mariage pour tous


La Cour suprême du Costa Rica a déclaré inconstitutionnelle l’interdiction du mariage entre personnes de même sexe, mercredi 8 août 2018. Le Parlement, où siègent nombre de chrétiens évangéliques conservateurs, doit modifier la loi d’ici 18 mois.

« L’Assemblée législative est instamment priée, (…) dans un délai de 18 mois (…), de mettre en accord le cadre juridique national » avec les mariages de personnes du même sexe, selon le texte de la Cour suprême du Costa Rica. Sur les 57 députés du Parlement unicaméral, 14 d’entre eux sont membres du très conservateur parti évangélique.

L’annonce, faite mercredi 8 août au soir, est intervenue sept mois après une décision de justice qui affectait tout le continent. Le 9 janvier dernier, la Cour interaméricaine des droits de l’Homme (Cour IDH), institution émanant de l’Organisation des Etats américains (OEA), avait exhorté les pays de la région à modifier leur législation afin de reconnaître le mariage entre conjoints du même sexe, marquant une évolution majeure en Amérique latine.

Aberration juridique

Le juge Fernando Castillo, seul magistrat à avoir voté contre, a expliqué que l’interdiction des mariages entre personnes de même sexe était maintenue durant 18 mois, mais tomberait automatiquement au bout de ce délai, faute de nouvelle loi du Parlement.

Le président de gauche élu en avril, Carlos Alvarado, s’est félicité de cette décision sur son compte Twitter :

« Nous allons continuer à impulser des actions qui garantissent la non discrimination des personnes en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre, et la protection de l’Etat à toutes les familles dans des conditions d’égalité. »

Un grand pas vers l’ouverture du mariage pour tous, mais pour la militante LGBT Margarita Salas, l’interdiction devrait être levée dès maintenant : « Qu’une institution de l’Etat reconnaisse qu’il existe une discrimination et, en même temps, permette à cette discrimination de se poursuivre durant 18 mois, c’est une aberration juridique ».

(Avec AFP)

Crédit Photo : Ludovic Bertron / Flickr. 

ads