Océanerosemarie et Stéphane Corbin sont
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Océanerosemarie et Stéphane Corbin sont "out and proud" et en seront bientôt récompensés


La première a fait rire les salles obscures de France, depuis ses one woman show (La Lesbienne invisible, Chatons violents) jusqu’à sa comédie romantique Embrasse-moi ! Le second a fait chanter plus de 400 artistes au nom de la lutte contre l’homophobie, dans une tournée qui a parcouru l’Hexagone : Les Funambules.

Océanerosemarie et Stéphane Corbin ont en commun l’art de la scène et l’ambition de briser les stéréotypes. Ils recevront, pour la France, le Prix européen de lutte contre l’homophobie ce vendredi 20 octobre à Varsovie, des mains des militant·e·s de SOS homophobie.

Dans le cadre des Tolerantia Awards, qui récompensent les projets et les personnes ici, en Allemagne, en Pologne, en Irlande du Nord et en Suisse, l’association avait désigné Amnesty International en 2016. Virage côté cour. L’édition 2017 consacre deux artistes bien connus des communautés LGBT, et qui sont rares à porter leurs voix loin.

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« Il y a plusieurs façons de militer, posait déjà Océanerosemarie dans le magazine TÊTU de l’été (n° 215, juillet/août 2017). De manière très frontale, comme Act Up a pu le faire. Au cinéma, on voit déjà beaucoup de drames sur le coming-out, sur l’horreur de l’homophobie. […] À un moment, il est important qu’on ait des images positives avec des héros gays où le sujet du film n’est pas l’homosexualité ! »

Dans son premier long-métrage – où elle campe son persona de one-woman-show, Océanerosemarie, devant la caméra -, elle prend garde en tant que co-réalisatrice avec Cyprien Vial de mêler une culture queer à un humour qu’elle qualifiait elle-même de lourdaud, et offre la représentation d’un « personnage physique, musclé, pour représenter un corps de femme différent. » Dans Embrasse-moi !, on la suit en riant à gorge déployée dans ses aventures amoureuses, au milieu de ses « copains pédés qui vont se marier, ses copains hétéros qui attendent un enfant, et même son petit frère qui s’installe avec sa meuf. »

SOS homophobie la remercie pour son oeuvre en général, qui « met en valeur et banalise un sujet peu traité au cinéma : l’amour entre femmes » et qui lutte contre l’invisibilisation des lesbiennes et pour leur inclusion.

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L’association de lutte contre l’homophobie reconnaît par la même occasion à Stéphane Corbin qu’il a rendu « les personnes plus ouvertes et plus inclusives vis-à-vis des LGBT » avec son projet des Funambules. Pourtant, quand nous l’interviewions en mars dernier, l’artiste se défendait d’être un quelconque « porte-parole », mais bien plutôt un « militant du romantisme » : « on n’est pas AIDES, on n’est pas au quotidien sur le terrain. On est un projet qui réunit ce qu’on sait faire et qui nous a permis de mettre notre métier au service de quelque chose. J’aime l’idée de partir de la colère pour arriver à la douceur… C’est l’histoire de transformer le plomb en or. »

Pendant deux ans, de 2014 à 2016, les Funambules se sont produits dans 23 concerts à guichets fermés, poussant les prolongations jusqu’en avril 2017. En dépit des prédictions défaitistes des producteurs, de la censure du clip des « Filles à pédé » à la télévision, et parfois les mauvaises réactions d’un public homophobe, Stéphane Corbin et sa troupe de bénévoles ont eu plusieurs bonnes surprises : le coming-out d’un des acteurs en pleine représentation, les remerciements chaleureux du public et l’accumulation de suffisamment de bénéfices pour en faire cadeau au Refuge.

Stéphane Corbin sortira son premier roman autobiographique, Nos Années parallèles (éd. LamaO), le 7 novembre prochain.

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Couverture : Océanerosemarie (©Nolita Cinema) et Stéphane Corbin (©Philippe Garo)

  • Eshen

    J’avais adoré La lesbienne invisible, j’ai moins aimé Chatons violent : plus politique que comique, le second est plus engagé, du coup on se retrouve avec un spectacle comparable à un long édito.
    Le premier s’adressait avant tout à un public LGBTQ, l’autre à un public de gauche. Le risque était de perdre des gens entre les deux, et je crois qu’elle m’a un peu perdu.

  • Davide

    Que l’on ait pu donner un prix contre l’homophobie à un soutien du PIR en dit long du naufrage de cette association. L’article d’ailleurs ne dis pas que le Beit Haverim a condamné ce prix. Bref un personnage qui divise la communauté LGBT plutôt que combattre l’homophobie

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