Culture

"Nu", la nouvelle série française qui met tout le monde à poil (vidéo)


CAPA a déjà produit les séries Braquo ou Versailles, mais c’est un tout autre budget costume qui a été alloué à Nu, à venir sur OCS. Une série policière, certes, mais aussi comique et politique. Et surtout une série d’anticipation (ou d’horreur selon votre degré de pudeur) qui imagine un monde post-attentats dans lequel tout le monde est obligé d’être nu.

Son créateur, Olivier Fox, réalisateur chevronné de séries policières « classiques », a proposé le projet à CAPA puis OCS, il y a un an. Le tournage s’est achevé en octobre 2017. Il a expliqué à TÊTU d’où lui était venue une telle envie :

J’ai eu une idée pendant la période des attentas en France et de l’ambiance « tout sécuritaire », je me suis dit que le seul moyen de vérifier ce que transportaient les gens serait que tout le monde soit nu !

Il a donc imaginé l’histoire d’un flic qui tombe dans le coma puis se réveille en 2026 et découvre stupéfait qu’afin de lutter contre le sentiment d’insécurité, les gouvernements européens (à l’exception des Anglais, Brexit oblige) ont pris une mesure drastique : la loi Nue. Elle oblige les citoyens à être nus en public, afin d’assurer une complète transparence : plus d’armes cachées, d’explosifs, de secrets, plus de barrières sociales. Depuis 4 ans, tout le monde vit plus léger, en théorie, sous la bannière « Liberté, Égalité, Nudité… ». Une disposition paranoïaque qui rend paradoxalement les gens très heureux.

Franck, le flic transporté dans le temps, va reprendre du service et devoir mener – nu –  une enquête autour de la mort d’un des artisans de cette loi de transparence, retrouvé habillé en forêt. Franck va alors découvrir que derrière le diktat de la vérité se cache encore bien des mensonges. On est dans une série policière classique, mais nue et drôle.

On pense tout de suite à la dystopie cinématographique de Ryad Satouf, Jacky au royaume des filles, dans lequel les hommes étaient assujettis au pouvoir matriarcal d’une société inverse à la nôtre. Un renversement de codes si ancrés en nous qu’on l’imagine mal.

« Ce sera plutôt comme un bon gros épisode de la série anglaise Black Mirror, en 10×26 minutes, précise Olivier Fox, d’inspiration libertaire comme dans les films des frères Larrieu, ou même L’Inconnu du Lac de Guiraudie ou encore le film More de Schroeder… »

Du nu, oui, tout le temps, mais pas du cul (au contraire de feu la série Porn dont le sexe est le sujet, par exemple) ! Le but était de « désexualiser totalement la nudité, la loi interdit les érections en public par exemple, comme les jugements sur les corps… Même dans la réalisation, je n’ai pas voulu amener d’érotisation du corps. Pas de voyeurisme. On est comme dans un camp naturiste, mais pas libertin comme au Cap D’agde ».

C’est ce qui a séduit et surtout pas échaudé Satya Dusaugey, le personnage principal (le flic) :

Oui c’est nu, sans ambiguïté, mais l’objectif n’est pas de montrer des sexes, ça ne tiendrait pas 5 minutes. Il y a un vrai scénario, une vraie histoire. Le réalisateur assume cette nudité, on ne cache rien avec des pots de fleurs, mais il a fait des plans serrés, des plans larges, comme dans un film normal, avec la même réalisation que pour un autre film !

Certaines scènes étaient-elles pour autant plus difficiles à tourner ?

Une fois qu’on a enlevé sa main, on passe à autre chose. Évidemment quand on voit arriver les collègues, on zyeute deux minutes et puis on bosse. À la fin, j’en avais marre de me montrer nu tout le temps, je me trouvais beau habillé. Un sexe en soit, en dehors du contexte, ce n’est pas très joli, ni homme ni femme. Ça perd de son mystère quand ça devient brut…

Pas de faux sexes donc, en silicones, tout les corps seront vrais dans Nu. Mais derrière cela, des mensonges, des non-dits : « c’est un délire qu’on a tous déjà eu, très motivant, de jouer un personnage hermétique à cet univers et qui va se retrouver là, critique de la société où on cherche tous la vérité, découvrir que derrière la nudité il y a toujours beaucoup de corruption »…

Banaliser la nudité, c’est le sujet au centre du film mais pas de l’histoire. C’est surtout une réflexion sur se mettre à nu, dire la vérité, sur le pouvoir et le sens qu’on donne au corps et à nos libertés. Et pour Satya Dusaugey, une analyse de notre présent :

On est soit disant libre avec certaines lois mais on peut dire beaucoup moins de choses qu’avant… parfois à juste titre, parfois les associations vous tombent dessus. Fait-on face à une certaines perte de liberté ? Avec les réseaux sociaux, les chaines d’infos, on est en quête de la polémique, pas de la réflexion.

Une série bien moins légère que ce qu’il n’y parait, donc….

 

Nu, réalisé et écrit par Olivier Fox, coécrit avec Olivier Duplat et Judith Godinot. Produit par Arnaud Figaret / CAPA Drama. Actuellement en post-production. Diffusion printemps 2018 sur OCS.

 

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  • jay

    Pas sexy du tout, ça. Rhabillons-nous, rhabillez-vous, ça n’intéresse vraiment personne la nudité banalisée. (Très perso comme point de vue, certes)

  • Lucien Dédé

    en tout cas ca ne donne pas envie de voir ce film

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