Accès au traitement VIH : inquiétudes en Argentine après la suppression du ministère de la Santé

Le président argentin Mauricio Macri a décidé de supprimer 10 ministères, dont celui de la Santé, pour des « raisons budgétaires ». Une annonce inquiétante qui a entraîné la démission du directeur du programme national de lutte contre le sida.

C’est un coup dur pour l’Argentine. Le président de ce pays d’Amérique du Sud qui compte 44 millions d’habitants a annoncé, le 2 septembre dernier, la fermeture de 10 ministères, dont celui de la Santé. Pour justifier sa décision, Mauricio Macri évoque des difficultés économiques et des obligations financières à tenir auprès du Fonds monétaire international (FMI).

Selon L’Agencia de noticiais da Aids, qui relaie l’information, le ministère de la Santé devrait être « absorbé » par celui du Développement social.

Quelques jours après cette annonce, des centaines d’Argentins sont descendus dans les rues, le 5 septembre, pour faire part de leurs inquiétudes quant à l’accès aux médicaments dans l’avenir, notamment contre le VIH. Preuve du bien fondé de ces manifestations, le directeur national du programme de lutte contre le sida et les hépatites, le docteur Sergio Maulen, a présenté sa démission.

Inquiétudes des associations

Pour Lorena Di Giano, directrice exécutive de la Fundacion Grupo Efecto Positivo (FGEP), principale association de lutte contre le sida/VIH et les hépatites en Argentine, c’est une décision qui pourrait conduire in fine « au génocide de centaines de milliers de personnes atteintes de maladies chroniques ».

« Cela fait deux ans que l’accès aux médicaments, notamment contre le VIH, est devenu très difficile », témoigne-t-elle auprès de TÊTU. En cause : l’effondrement du peso argentin et des coupes budgétaires sans précédent. « La fermeture du ministère de la Santé ne va faire qu’aggraver une situation déjà catastrophique. »

Dans un communiqué publié le 3 septembre dernier, plusieurs associations de lutte contre le VIH/sida ont elles aussi exprimé leurs vives inquiétudes . « En prenant cette décision, le gouvernement argentin démontre qu’il préfère répondre aux demandes du Fonds monétaire international que de se préoccuper de la santé des Argentins », peut-on lire dans le texte.

Selon L’Agencia de noticiais da Aids, près de 122.000 personnes vivent avec le VIH dans le pays, parmi lesquelles 30% qui l’ignorent.

Crédit photo : Fundacion Grupo Efecto Positivo.

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