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« A star is born » avec Lady Gaga et Bradley Cooper : un futur grand classique

La pop star absolue Lady Gaga marchant dans les pas de Judy Garland et de Barbara Streisand dans un remake du film musical le plus triste du monde, signé du sexy Bradley Cooper ? Trop beau pour être vrai... Réjouissez-vous, c’est encore mieux que vous ne l’espériez ! C'est la recommandation ciné de TÊTU pour cette semaine.

C’est un film pour vos futurs dimanches soir de déprime. C’est un film que l’on verra, re-verra, re-re-verra sans même y prendre garde. On écoutera la B.O discrètement, en boucle, et parfois, même on se surprendra à fredonner des airs dans le métro. Bien sûr, personne n’osera dire que c’est un chef d’œuvre et on en parlera avec un petit sourire en nous targuant d’aimer ça comme un « plaisir coupable ». Et bien déculpabilisons nous, tous ensemble d’un coup : « A Star is born » version Bradley Cooper est un grand film et vous allez pleurer, beaucoup !

Classique, vous avez dit classique ?

Au départ, il y a cette histoire sans âge. Le mythe de Pygmalion et de Galatée, les amours tragiques d’un artiste et sa muse. Un miroir pour qu’Hollywood se raconte. Plus elle monte, plus il descend. De quoi faire des mélodrames lyriques et cruels.

Iconisée par Judy Garland et James Mason dans une version grand luxe caractéristique du cinéma hollywoodien des années 1950 (« Une Etoile est née », Georges Cukor, 1954), modernisée par le duo Barbara Streisand et Kris Kristofferson sur fond de rock seventies (« Une Etoile est née », Franck Pierson, 1976), cette histoire d’amour va au-delà du remake. C’est un classique, intemporel, comme une fable, un conte qui réapparaît aujourd’hui sous sa forme la plus contemporaine.

La vie en rose

Aujourd’hui donc, Gaga et Cooper, un duo improbable sur le papier, qui forme un couple incandescent, immédiat. Elle, comme le veut la tradition, est une serveuse à la voix incroyable. Un soir dans un bar, lors d’un show de drag queen (avec un caméo très Hallelu !), elle croise le regard d’une rock star,  alcoolique (Bradley Cooper, folkeux au bout du rouleau). Soudain, sur les airs de « la Vie en rose », le coup de foudre. Le vrai.

Quelques minutes de film et voilà d’ores et déjà la beauté folle qui s’impose. Oser ainsi, en 2018, filmer sans ironie l’étreinte évidente, immédiate entre deux personnes est une gageure. Mettre le récit, la mise en scène, les acteurs au service d’une émotion plus grande que tout. Voilà un pari radical dans un monde (et un cinéma) qui préfère le cynisme des petits récits et la misère des sentiments timides. Ici les regards, les gestes, les gros plans sur les visages, tout prétend à la beauté magique du cinéma.

A la suite de « La la land » ou de « Moonlight », Bradley Cooper ose encore plus fort le lyrisme sans pudeur. Le mélodrame pur avec les larmes qui vont avec.

Bad Romance

Les esprits secs trouveront ça « pathos ». Ils n’auront rien compris à la force cathartique d’un mélo. Effet puissant des récits intemporels, l’amour d’Ally pour Jackson devient aujourd’hui l’écho des questionnements du #Metoo et des relations toxiques. Loin d’idéaliser ses personnages, Cooper filme la violence d’aimer quelqu’un qui se détruit et vous détruit.

Au travers des images somptueuses du chef opérateur Matthew Libatique, « A Star is born » raconte l’amour malgré tout, la colère, le dépit, les compromissions d’un homme et d’une femme. Difficile de ne pas s’y reconnaître et de s’interroger à son tour sur ses choix, ses histoires et ses sentiments.

Lady Gaga, une évidence

Et puis, il y a Lady Gaga. Une scène et c’est une évidence. Pour son premier grand rôle à l’écran, c’est peu dire que la chanteuse impressionne. Ok, dès qu’elle chante, on a des frissons. Mais ça, on s’en doutait. Non, le plus fort vient de sa justesse d’interprétation, de son charme maladroit, de ce visage mis à nu sur lequel semble s’imprimer toutes les nuances des émotions.

Physique, terrienne, Gaga a un charisme dingue. Quelque chose d’une actrice 70’s, à la fois star et proche de nous. Plus Stefani Germanotta que Gaga, elle imprime à l’écran un glamour brut, quelque chose de fragile et fort à la fois. Dans l’écrin clair-obscur que compose Bradley Cooper (tout aussi génial en chanteur maudit), la voir se battre et se débattre avec ce monde d’hommes file des frissons et des larmes. Beau à pleurer, on vous dit.

Crédit photo : WARNER BROS. ENTERTAINMENT INC./RATPAC-DUNE ENTERTAINMENT LLC.


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